22/07/2011 03:29:30
Liquidation: Les ex-employés de la Biao broient du noir
21 ans après l’arrêt définitif des activités de cet établissement bancaire, plus de 500 personnes prises dans l’étau de la confusion et du marchandage...
Le Messager
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21 ans après l’arrêt définitif des activités de cet établissement bancaire, plus de 500 personnes prises dans l’étau de la confusion et du marchandage...

Quand est-ce que les droits sociaux des anciens employés de la Biao Cameroun , banque liquidée depuis 1990, seront payés ? 21 ans après l’arrêt définitif des activités de cet établissement bancaire, plus de 500 personnes prises dans l’étau de la confusion et du marchandage... Mais quand  est-ce que les droits sociaux des anciens employés de la Biao Cameroun , seront-ils payés exactement? 21 ans après, la question reste toujours d’actualité.

Il n’est pas du tout gai de voir ces hommes et femmes, diminués par le poids de l’âge et les affres d’un problème toujours sans suite. Difficile encore de comprendre les motivations réelles des responsables au sommet de l’Etat, qui, vingt et une années après, se livrent à un grand jeu de complicité et d’intérêts personnels face à la nécessité extrême de sauver des vies et des familles entières. Les autres Etats d’Afrique comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire concernés également par la faillite de la Bnp Paris , ont réglé la question du paiement des droits des employés. Pourtant ce n’est pas l’argent qui manque !

En 1990, suite à la faillite de la Bnp Paris , la maison mère de la Biao Cameroun , la banque française décidait de se retirer du capital social de sa filière camerounaise. La Bnp Paris faisait alors parvenir un chèque de 11 milliards de Fcfa à la Biao , qui représentait son " ticket de sortie ". Cet argent devait servir, entre autres, à la liquidation des droits sociaux de l’ensemble des travailleurs de la Biao , calculés depuis Paris, et consignés dans un bordereau. L’ensemble de ces droits sociaux étaient évalués à près de 3,6 milliards Fcfa.  A la réception de l’argent, le gouvernement camerounais décide de procéder autrement. Un compte fut ouvert dans les livres de la Bicec , sous le nom "Biao-Etat", dans lequel sont déposés les 11 milliards de Fcfa venus de Paris en maintenant fictivement en vie  la banque (Biao), avant donc de décider de sa liquidation.

Le 17 avril 1991, une autre banque est créée sur les détritus de la Biao et de la Méridien Cameroun , une autre banque liquidée. Une partie du personnel de Biao est repris au sein de la Méridien Biao. Quelques uns, désormais sans emploi, reçurent leurs droits, d’autres attendent toujours jusqu’à ce jour. Or tout était précisé dans le bordereau du passif de la Biao en liquidation déchargé le 29 juillet 1992 par la Société de recouvrement des créances (Src). La liste des employés de l’ex-Biao y figurait et le montant à percevoir pour chacun.

Blocages

L’Etat du Cameroun, à travers la Société de recouvrement des créances (Src), qui a chargé du dossier de liquidation de cette banque, indiquait que le personnel de la banque liquidée ne pouvait prétendre à aucun dédommagement. Arguments soutenus mordicus par Etoundi Oyono, patron de la Src , dans une correspondance envoyée le 18 septembre 2002 au Premier ministre, Peter Mafany Musonge « La Société de recouvrement des créances n’avait jamais eu pour mission de régler les droits sociaux des ex-employés de la défunte Biao en 1991 », écrivait-il. Chemin suivi, selon certaines sources par  l’ex-ministre des Finances, Polycarpe Abah Abah, qui, au moment de distribuer l’argent tel que repartit par la Banque nationale de Paris qui avait à l’époque, calculé tous les droits depuis Paris, et consignés dans un bordereau, a plutôt jugé utile de reprendre le calcul desdits droits, commettant, en 2004 le Cabinet Cgm qui a prélevé 100 millions Fcfa sur les 11 milliards pour tout son travail.

Le vent des mandataires

A ce jour, on assiste à un véritable cafouillage avec près de 4 groupes, chacun parlant au nom du collectif. Dans nos investigations, Yaoundé a un groupe, piloté par Sadrack Ngaleu, ex-chef contrôleur d’agence Biao-Cameroun qui est d’ailleurs déjà rentré dans ses droits, à cela s’ajoute le groupe de Bafoussam conduit par l’ex-chef comptable, Isidore Nakmanou,  Douala n’est pas du tout en reste avec Elias Yakan, l’ex-chauffeur à la Biao qui se bat en lieu et place d’un mandataire officiel désigné par un collectif d’ex-employés Partnership, Management and support programme, une Ong basée à Douala.

Le grand mérite de ce qu’il convient d’appeler «stratégies d’arnaque», revient au très remuant Apoua Simon, qui, depuis quelques jours encore, a entrepris un périple avec dans son sac en main, une « confirmation de mandat ». Il s’agit en fait d’un papier dont devrait impérativement signer ces ex-employés de la Biao Cameroun qui autorise le ministère des Finances à effectuer le prélèvement de 10% sur les droits réclamés en faveur du mandataire. Un document qui selon Apoua Simon et Zé Ngono Martin, fait suite à la correspondance réf 00001410cf/Minfi/Cab du 09 mai 2011 de monsieur le ministre des Finances. Des informations recueillies sur le terrain font même état des cartes nationales d’identité des décédés recensées par des commissionnaires sans scrupules qui demandent aux ayant droits de signer la fameuse fiche en lieu et place des parents déjà sous la tombe. Sacrée trouvaille !

Ils sont donc plus de 500 sur les 1032 ex-employés, qui, poussant leurs revendications, ont interpellé le président de la République Paul Biya , son épouse, le Premier ministre, des gouverneurs de provinces, des ministres... à plusieurs reprises pour régler le problème sans suite.  Mais l’on ne sait toujours pas où se trouve l’argent venu de la Bnp Paris et déchargé officiellement par les autorités camerounaises.

Marlyse SIBATCHEU

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