25/07/2011 05:16:07
Présidentielle 2011: Les prescriptions des évêques
Dans une déclaration présentée vendredi 22 juillet 2011 au cours de la conférence de presse du président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, les évêques du Cameroun déroulent leurs solutions-miracles.
Le Messager
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Présidentielle 2011: Les prescriptions des évêques pour une élection juste et transparente

Dans une déclaration présentée vendredi 22 juillet 2011 au cours de la conférence de presse du président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, les évêques du Cameroun déroulent leurs solutions-miracles.

C’est une tradition ! Chaque fois que le pays se trouve à un tournant décisif de son histoire, les évêques s’adressent à ses hommes et femmes. Cela s’est encore vérifié en 2011. Car, le Cameroun écrira une nouvelle page de son histoire en organisant en octobre prochain ( ?) pour la quatrième fois, une élection présidentielle après celles de 1992, 1997 et 2004. Suffisant pour justifier la sortie des évêques du Cameroun de leurs évêchés. Lesquels, respectant la coutume relative à leur mission pastorale, « ...nous parlent » à travers une « lettre pastorale ». De l’élection présidentielle de 2011. Ecrite et signée lundi 30 mai 2011 à Bamenda par Monseigneur Joseph Atanga, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc), la lettre des évêques a été présentée au public vendredi 22 juillet dernier à la faveur d’une conférence de presse dudit président par ailleurs Archevêque de Bertoua.

Se réjouissant du fait que celle-ci s’intègre dans le contexte du double cinquantenaire de l’indépendance  et de la réunification du Cameroun, les évêques du Cameroun remarquent que : « la prochaine élection s’inscrit dans la tradition de démocratie où le Cameroun s’est engagé depuis deux décennies ». Elle interpelle davantage la maturité civique de tous les Camerounais et la conscience nationale de chacun dans la mesure où dans la perspective suscitée, la volonté commune est la construction d’une grande nation. La lettre contient également des suggestions des évêques pour une élection bien menée. Les Hommes de Dieu à ce sujet affirment que nous devons tous savoir et admettre que « l’avenir du Cameroun est entre nos mains. Le Cameroun sera ce que nous en aurons fait, si nous ne cédons pas à l’effet de mode en l’exposant aux ingérences extérieures ».

Pour éviter ce qui se passe autour de nous, les évêques invitent au respect des valeurs fondamentales qui font la grandeur d’une nation. Ce sont selon eux: le respect de la dignité de chaque être humain ; de ses droits ; du caractère sacré de la vie humaine ; le respect du bien commun ; une juste répartition des subsides publics ; une économie solidaire ; le respect des biens publics ; la création des emplois ; la lutte contre la pauvreté ; la sécurité sociale et les soins de santé à coût accessibles à tous les citoyens ; la préservation de l’unité nationale dans la diversité ; l’harmonisation culturelle des richesses de la tradition et de la modernité ; une liberté religieuse authentique ; la préservation des acquis démocratique.

En campagne avec Elecam

Au sujet du vote, ils rappellent que celui-ci est un droit et un devoir pour tout citoyen. Et de lancer un vibrant appel à toutes les personnes en âge de voter pour qu’elles s’inscrivent sur les listes électorales. Ils interdisent de penser que les « jeux sont faits » et qu’il ne sert à rien de s’inscrire sur les listes électorales pour le vote. Les évêques qui semblent avoir fait leur, l’une des missions d’Election Cameroon, appellent les Camerounais en âge de voter à faire preuve de maturité citoyenne ; à repousser la violence, les provocations inutiles ; les fraudes massives et toutes tentatives de déstabilisation et de désordre. Ils semblent également convaincus que le bulletin unique pourrait mieux protéger la validité du scrutin. Les autorités politiques, administratives, civiles et traditionnelles sont pour leur part invitées à œuvrer pour le maintien de la paix et le déroulement des élections justes et transparentes. Pour ce qui est des partis politiques et des candidats, il leur est prescrit : le respect du processus électoral. En outre, ils doivent se considérer mutuellement, non pas comme des ennemis, mais comme des concurrents. L’Etat est ici appelé à leur donner les mêmes moyens pour battre campagne.

Les forces de l’ordre et les militaires ne sont pas oubliés. Les évêques leur demandent de sauvegarder l’honneur et la fidélité à la République et à ses institutions ; veiller à la protection des biens et des populations et à la neutralité politique qui est inhérente à leurs fonctions. Les évêques recommandent en outre : que soit appliqué l’article 66 de la Constitution relative à la déclaration des biens et avoirs au début et à la fin de mandats de certains responsables des pouvoirs publics ; que la moitié des membres d’Elecam soit issue de la société civile. Les croyants chrétiens et autres devront pour leur part, organiser des prières pour la paix et le dialogue social ; tandis que les médias publics et privés devront éviter de manipuler l’opinion. Pour un rapport objectif et neutre des élections, les observateurs nationaux et internationaux sont appelés à couvrir l’ensemble du territoire national. En ce qui concerne la communauté internationale, elle est invitée à respecter la souveraineté de l’Etat du Cameroun et une neutralité dans son processus électoral. Ainsi ont parlé les évêques du Cameroun. A bon entendeur...

Focal. Opération épervier: L’Eglise catholique plaide pour le remboursement de l’argent volé

Dans la lettre pastorale des évêques du Cameroun à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011, les hommes de Dieu ouvrent une parenthèse pour s’intéresser à l’opération épervier. C’est le nom donné par les médias à une vaste opération judiciaire dans le cadre de la lutte anti-corruption au Cameroun. Cette opération a été lancée à l'initiative du Premier ministre Ephraïm Inoni en 2004 sous la pression des bailleurs de fonds internationaux et placé sous la responsabilité de la police judiciaire. D'anciens ministres et dirigeants d'entreprises publiques ont été arrêtés. Si certains ont déjà été condamnés dans le cadre de cette opération, d’autres sont en attente de jugement dans les prisons.

Montrant bien qu’ils sont contre les détournements des deniers publics, les évêques pensent que leur respect devrait se concrétiser chez nous par le remboursement des fonds publics par ceux qui ont été reconnus coupables de détournements. Dans ce cas suggèrent-ils, « une amnistie pourrait leur être accordée ; une justice diligente est donc vivement recommandée ». À ce sujet, ils recommandaient déjà dans la Déclaration des évêques à Rome le 20 mars 2006 : « Nous invitons les autorités nationales à assurer la sécurité des biens publics et à recouvrer les fonds détournés pour les réinvestir dans les projets de développement et dans la lutte contre la pauvreté en cours dans notre pays ».


Nadège Christelle BOWA

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