25/07/2011 05:39:12
France-Afrique : Coquins et associés
La tentative de coup d’Etat (ou de meurtre, c’est selon) avortée du mardi 19 juillet en Guinée remet en cause le difficile échafaudage mis en place depuis quelque temps par Paris en Afrique pour remodeler à sa guise la carte démocratique du continent.
Walf Fadjri
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La tentative de coup d’Etat (ou de meurtre, c’est selon) avortée du mardi 19 juillet en Guinée remet en cause le difficile échafaudage mis en place depuis quelque temps par Paris en Afrique pour remodeler à sa guise la carte démocratique du continent. Alors que le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, louait sur Rfi, mardi, les nouveaux Etats génocidaires (Guinée et Côte d’Ivoire) et voyous (Mauritanie du coup d'Etat légalisé d'Aziz et Niger où tous les hommes politiques de premier plan sont en liberté surveillée dans leur grande majorité), des rumeurs inquiétantes de guerre civile circulent depuis lundi sur la Côte d'Ivoire, à l'intérieur comme au niveau des Nations unies.

Les rapports du bord du Lac Ebrié se suivent et se ressemblent et le vingt-huitième rapport du Secrétaire général sur l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) présenté le 18 juillet dernier au Conseil de sécurité à New York par Young-Jin Choi insiste sur ‘le risque d’une reprise du conflit armé toujours aiguë’. En effet, selon cette mission dirigée par Young-Jin Choi, ‘la situation qui règne dans le pays sur le plan de la sécurité, en particulier à Abidjan et dans l’ouest, demeure extrêmement précaire. Le risque d’une reprise du conflit armé est toujours aigu et les attaques contre les populations civiles continuent’.

La déstructuration du tissu social ivoirien est un danger connu pour l’Afrique de l’Ouest qu’Abidjan entretient sur le plan économique ; les risques d’embrasement sont en conséquence une menace pour la stabilité de cette partie du continent quand on a cherché coûte que coûte à imposer un président de l’étranger.

Le pied de nez infligé au Sénégal de Wade par Alain Juppé en ‘tournée africaine’ jusqu'en Mauritanie et par le Premier ministre François Fillon à Abidjan le 14 juillet ferait alors rire pour celui qui avait été ajourné dans le dossier des emplois fictifs du Rpr et dans un rejet électoral post-2009 qui lui avait valu un exil d'honneur au Québec : le massacre en Guinée pour imposer Alpha Condé, l'épuration ethnique en Côte d'Ivoire avec les bombardements remarquables sur des palais d'Etats souverains (Abidjan et Tripoli) par des croisés jettent une nouvelle compréhension de la nouvelle démocratie occidentale qui veut déterminer et profiler la nature et la durée des régimes du continent noir. Elle s'est sans doute désolée de la longévité d'une Marguerite Thatcher au Royaume uni ou d'un François Mitterrand en France.

La dernière campagne anti-sénégalaise initiée depuis les bords de la Seine par le Nègre de service spécialiste des coups bas et désireux d’écourter la vie de la famille Wade est à comprendre en fonction de pratiques d’un gouvernement qui n’est pas d’une première vertu avec pas moins de 36 scandales, dont une tentative de dévolution de type monarchique. Heureusement que Paris a pris sa propre Défense.

Les présidents de l'étranger mis en place par la France en Guinée et en Côte d’Ivoire, avec la lâche complicité de l’Afrique, ne doivent pas s’étonner de devoir régner avec à l’esprit le coup fatal qui leur serait appliqué. En Guinée, la question n’est pas : ‘Pourquoi ?’ mais : ‘Quand ?’. A Abidjan, le risque est permanent.

Pathé MBODJE Journaliste, sociologue

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