27/07/2011 03:27:39
Empire Fotso Victor: Les enfants se crępent le chignon
Un malentendu entre Eliane et Roger Fotso vire en une vive altercation qui a failli s'achever par un mélodrame, n'eut été l'intervention de l'ex-ministre Philippe Mbarga Mboa appelé à la rescousse.
Le Messager
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Un malentendu entre Eliane et Roger Fotso vire en une vive altercation qui a failli s'achever par un mélodrame, n'eut été l'intervention de l'ex-ministre Philippe Mbarga Mboa appelé à la rescousse.

Quartier Elig-Essono. Il est 8 heures du matin samedi, 23 juillet 2011. A l'entrée de l'une des multiples résidences de l'industriel et homme d'affaires, maire de Bandjoun Fotso Victor, une file de voitures encombrent l'entrée. Quelques curieux de passage sur les lieux trouvent l'ambiance assez suspecte. Mais tous les mouvements sont contrôlés par les vigiles qui, comme de véritables cerbères, tiennent en respect tous ceux qui s'approchent des lieux. Il faut user de beaucoup de malices et de tacts, pour se rendre compte qu’à l'intérieur, de fortes tractations de coulisse se font sentir, dans la perspective de ramener à la raison deux des enfants du maire de Bandjoun à savoir: Roger Fotso et Eliane Fotso.

Vendredi la veille, les deux belligérants en colère, se sont empoignés au cours d'une bataille de corps à corps. Des sources dignes de foi affirment que tout a commencé par une dispute vendredi 22 juillet 2011, dans les environs de 20 heures. Roger Fotso qui jusque là était maître des lieux, n'a pas supporté les écarts de langages et surtout le fait que sa sœur a pris trop de liberté dans l'affaire concernant la déchirure entre leur père et le frère Yves Michel Fotso, en détention provisoire depuis l’année dernière, dans la maison d'arrêt de Kodengui à Yaoundé. Autre pomme de discorde, la controverse née entre père et Yves Michel Fotso, sur la tentative de confiscation des biens de la famille par Yves Michel, d'après certaines langues, se serait identifié comme le seul héritier.

"Eliane Fotso a voulu hausser la tête en prenant le contre-pied de son frère, qui à son tour s'en est offusqué, au point de sermonner sa sœur. Celle-ci, à qui on fait croire depuis quelques temps qu'elle sera propriétaire de la résidence de son père sis au quartier Elig-Essono, s'est emportée et a décidé d'en découdre avec son frère", explique un des vigiles sous anonymat. A l'en croire, la fille Fotso a voulu faire des vigiles ses alliés, en les retournant contre son frère, qu'elle a voulu expulser manu militari du domicile familial. Devant le refus des vigiles d'adhérer à sa volonté, elle aurait pris l'engagement d'aller en ville, procéder au recrutement de "gros bras" pour réaliser la "basse" besogne. "Nous avons vu arriver une dizaine de "mercenaires", musclés, visiblement en colère et prêts à en découdre avec nous. Nous avons fait volte face, mais tout semblait indiquer qu'ils n'avaient pas de problèmes contre nous, mais qu'ils étaient en mission de règlement de compte" explique un des vigiles.

L'arbitrage de Mbarga Mboa

Alors que l'ambiance vire à la chamaille, mais surtout à une bagarre, au moment où les «gros bras» veulent passer à l'accomplissement de leur "contrat", plusieurs parents, amis et sympathisants des deux fils et mêmes de la famille, avaient investi les lieux et se démenaient comme des "Hercules" pour sauver la famille du maire de Bandjoun, d'une tuerie ou d'un spectaculaire et macabre drame. A en croire certains habitants du quartier Elig-Essono, croisés sur les lieux, les deux enfants de Fotso Victor étaient obstinés à se mesurer par tous les moyens. "Un témoin bien intentionné a saisi au téléphone l'ex-ministre Philippe Mbarga, qui, se rendant compte à son tour de l'ampleur de l'altercation a d'urgence fait appel aux forces de l'ordre". C'est grâce aux nombreuses négociations animées par la police, que les deux "bagarreurs" sont revenus à de meilleurs sentiments. Même si contrairement aux journées de vendredi et samedi où les choses ont failli chavirer, les choses semblent revenir à la normale, l'ambiance reste lourde et peu conviviale.

La déchéance au sein de la famille Fotso Victor est davantage liée à l'incarcération d’Yves Michel Fotso qui jusqu'à un moment était pressenti comme "unique" maître à bord et successeur. Sa mise en détention à Kodengui l'a seulement éloigné des commandes. Pire ses frères et sœurs qui avaient jusque là croisé les bras,  tentent de retourner les affaires en leur faveur, conscient que le moment est venu pour chacun de grignoter sa parcelle de pouvoir et d'héritage. Le chat parti, les souris dansent nous a averti l'adage. Faut-il penser que les batailles de succession, par ce genre de disputes, ont démarré dans l'empire Fotso Victor alors qu'il est encore en vie.

Qu'en serait-il si ce dernier venait à être arraché à la vie? Les batailles de succession actuelles, courantes dans les "grosses" fortunes et hommes d'affaires du Cameroun, ne sont-elles pas en train de pénétrer la progéniture du maire de Bandjoun? Il y a quelques semaines, on avait pensé que le vent de la crise et des incompréhensions entre père Fotso Victor et Yves Michel, avaient définitivement disparu de la scène et que les séquelles remuées à l'occasion avaient pris les vacances. Mais à mieux juger par l'exemple de ce qu'on voit, il apparaît que les rancœurs ne sont pas apurées. La conciliation et la réconciliation tant proclamées, et  à grand renfort de publicité, qu'on espérait qu'elle ramènerait la sérénité au sein de la famille, s'étiole comme peau de chagrin. Des bagarres et batailles au corps à corps observées, à l'instar de cette déchirure vécue entre Roger et Eliane Fotso, montrent à suffisance que tout est à refaire; que de nombreux efforts sont encore à fournir. Un arbre à palabre ne serait pas à écarter pour rendre l'ambiance vivable.

Souley ONOHIOLO

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