28/07/2011 04:24:34
L'auteur de «Mignoncité » traîne son producteur au tribunal
Le producteur balaie les accusations de l’artiste signataire d’un contrat non lu. Raymond Tchengang confond Guy Watson...
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Le promoteur culturel, administrateur de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) est monté au créneau mercredi 27 juillet 2011 à Douala, pour dire sa part de vérité au sujet des accusations que le père de «Mignoncité» a distillées dans nombre de radios.

Les plaintes du chanteur camerounais Guy Watson, auteur compositeur de «Mignoncité», un des titres ayant cartonné en 2010 au Cameroun, au sujet de ses rapports devenus houleux avec son producteur, Raymond Tchengang, étaient relayées quasiment en boucle dans nombre de chaînes de radios et de télévisions. L’artiste aux portes de la gloire, accusait l’homme qui l’a fait sortir de l’ombre de s’accaparer tous les dividendes issus du succès de son premier album musical et les retombées pécuniaires des spectacles et autres prestations conclues ça et là.

L’accusé y répondait jusque là par un silence assourdissant jusqu’à ce qu’une goutte d’eau vienne déborder le vase et susciter un déclic. Une assignation en nullité du contrat requise par sieur Nzeuga Watat Guy Paulin alias Guy Watson en date du 26 juillet 2011 a provoqué l’ire de son producteur, Raymond Tchengang, l’obligeant à organiser une rencontre avec les Hommes de médias, mercredi 27 juillet 2011. Selon les termes de cette assignation, dont Le Messager a pu avoir copie, la société Rt et Star l’an 2000 Sarl, représentée par son gérant Tchengang Raymond doit comparaître le 24 août 2011 au tribunal de 1ere instance de Douala-Bonanjo statuant en matière civile et commerciale. Réagissant à cet acte de l’huissier de justice, Raymond Tchengang n’a pas usé de gants.

«Je ne sais pas pourquoi Guy Watson fait tout ce qu’il fait là. Les termes du contrat qui le lie à notre structure Rt et Star l’an 2000 sont clairs. Ce contrat est conclu pour une durée de 5 ans à compter de la date de la sortie commerciale du premier Cd. Ce contrat est renouvelable par tacite reconduction sauf dénonciation par l’une ou l’autre partie faite par lettre recommandée, acte extrajudiciaire, six mois au moins avant l’expiration de la période en cours. De même, le producteur que je suis a reçu la lettre de cession d’édition que Guy Watson à adresser à la Socam dans laquelle il reconnaît avoir cédé ses droits d’édition concernant les 6 titres de son album au président de l’association Rt et Star l’an 2000 qui en devient le propriétaire» explique Raymond Tchengang. Il croit savoir par ailleurs, qu’il y a des gens tapis dans l’ombre, «incapables d’accepter la reconduction d’Odile Ngaska à la tête de la Socam et l’entrée de Raymond Tchengang comme administrateur au sein de cette société de gestion du droit d’auteur, qui sont chargés de le déstabiliser en passant par Guy Watson».

Signature sans lecture

Le producteur qui a brandi des copies de décharges de l’argent frais que Guy Watson a plusieurs fois empochés notamment  un million deux cents mille Fcfa concernant le droit d’enregistrement au studio et de la promotion, quatre millions Fcfa (en deux versements) pour des prestations de l’artiste via Sodifis Sarl, est encore retourné par les déclarations mensongères de l’artiste. Raymond Tchengang soutient avoir remis une somme d’un million Fcfa en présence de Chop Chop pour que Guy Watson refasse sa garde-robe avant d’œuvrer pour sa venue en France à l’occasion des festivités organisées dans le cadre du mariage de son producteur sur qui est jeté l’anathème de nos jours. Plus grave, « Guy Watson multiplie des spectacles de gauche à droite sans mon aval, ce qui est contraire aux clauses du contrat. Malgré cela, je ne lève pas le petit doigt et n’attend rien des fruits de ses diverses prestations pourtant rémunérées» condamne le patron de Rt et Star l’an 2000.

Joint au téléphone par le reporter de Le Messager mercredi 27 juillet 2011, vers la fin de la matinée, Guy Watson qui séjournerait à Yaoundé au moment de l’appel téléphonique, reconnaît avoir signé le contrat avec son producteur «sans l’avoir lu». Seulement, il se plaint de ce qu’il ne perçoit aucun kopeck issu de la vente de ses Cd qui lui ont donné le prix de la meilleure vente Cd en 2010 selon la Socam lors de la dernière édition des «Canal 2 Or » organisée par la chaîne de télévision à capitaux privés Canal 2 International. «J’ai reçu 1 million deux cents mille Fcfa pour l’enregistrement. Ce qui est en deçà des trois millions sept cents mille Fcfa que j’avais mis dans la production. Mon producteur m’avait promis d’organiser quatre soirées de dédicace, avec plusieurs passages dans les médias. Les passages dans les médias ont été faits sauf les soirées de dédicace.»

Turpitudes et candeur

A la vérité, peut-on se prévaloir de ses propres turpitudes ? Guy Watson ne paye-t-il pas le prix d’une certaine candeur? En tout cas le succès de l’artiste et de son produit sont certainement à l’origine des ailes qu’il se voit pousser d’où la revendication d’une amélioration de son traitement. Sur la base de l’assignation de l’huissier de justice, Guy Watson sollicite, d’ailleurs, avoir un revenu moyen  mensuel de  2 millions Fcfa en rapport avec l’ensemble de ses prestations scéniques. Réagissant sur la question de la promotion de «Mignoncité», Raymond Tchengang déclare que «ce n’est pas à l’artiste de penser les cérémonies de dédicace. J’ai injecté des millions Fcfa pour la promotion de son album et de son image. Quand il y a eu des informations au sujet d’un braquage pour lequel Guy  Watson était accusé, j’ai tout fait pour que sa carrière ne prenne pas des coups et qu’il soit blanchi dans cette affaire.»   En tout cas, en attendant le verdict de l’affaire désormais portée devant les juridictions, rien ne va vraiment plus entre l’artiste et son promoteur.

Alain NJIPOU

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