17/07/2009 14:44:47
Biens mal acquis : Les communicants de Paul Biya pris de court
Recrutés pour s’occuper de l’image internationale du couple présidentiel camerounais, les sorciers blancs Stéphane Fouks et Patricia Balme n’ont pu endiguer la diffusion du scandale.
La Nouvelle Expression
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Le   24 juin dernier, le Comité catholique contre la faim et le développement (Ccfd) publie un rapport intitulé : Biens mal acquis. A qui profite le crime ? »
 
Lequel document qui évoque, pour la première fois, la fortune indue du chef de l’Etat camerounais et  de son fils,  Franck Emmanuel Olivier Biya est abondamment relayé par les médias hexagonaux. Le tollé qu’il soulève auprès de la classe politique local proche du pouvoir n’est toujours pas retombé.
A première vue, Patricia Balme et Stéphane Fouks, les communicants de Paul Biya, ont été pris de court. Même si la phrase : « Interrogé par L’Express, l’entourage de ce dernier [ Franck Biya à propos de l’acquisition de la Villa Isis”, à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes Maritimes), en France, ndlr] répond qu’il n’y a là “rien d’anormal pour un homme qui dirige une importante société forestière” », est lourde de sens.

Cette démarche de l’hebdomadaire français, d’après des sources hexagonales, ratifiait la deuxième option préconisée par l’un des sorciers blancs esquisser une réaction. En rupture avec la posture initiale du silence. Signe des temps et aussi de... méthode.
Rupture
 
L’année 2007 marque une sorte de rupture dans la nature des rapports entre le « secret » Paul Biya et ses sorciers blancs. Depuis lors, les passages au Palais de l’unité font l’objet d’une publicité presque tapageuse. Dernière illustration, le 12 juin 2009. Le chef de l’Etat reçoit ostensiblement Stéphane Fouks, co-président exécutif d’Euro RSCG Worldwide, une agence de com. L’ancien sympathisant de la gauche française indique, à sa sortie, que l’entretien a porté sur l’amélioration de la communication internationale du Cameroun. Cet élève de Jacques Séguéla à qui on doit la trouvaille de « l’homme lion », en 1992, avait déjà un contrat de promotion avec le Port autonome de Douala. Sa proximité avec Alain Bauer, franc-maçon émérite et actuel  conseillé de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité reçu lui aussi le 12 Juin à Etoudi — amène quelque observateur à souligner qu’il jouera un rôle dans quelques jours, lors du prochain séjour de son client en Hexagone. Comme il tenta déjà de le faire savoir lors de la dernière entrevue Sarkozy — Biya, à l’Elysée, en octobre 2007.

Un sujet sur lequel sa consoeur, Patricia Balme, lui conteste un quelconque monopole. Habituée des lambris dorés du Palais de l’unité depuis une décennie, la patronne de PB Com International avouait, le 10 mars dernier, sur le perron d’Etoudi, avoir discuté avec son lucratif client de sa prochaine visite en France, des récents séjours de Benoît XVI et de François Fillon au Cameroun. Bien que l’entourage de Nicolas Sarkozy lui dénie une quelconque proximité avec le locataire de l’Elysée, le site Internet de la présidence camerounaise lui fit cette fleur; « En tant que promotrice d’image, Pat ricia Balme entend certainement jouer sa partition au cours de c,es importants événements.)

A la différence de son concurrent la « communicante officielle du pays », d’après la Lettre du Continent, peut tout de  se prévaloir de quelques trophées ces derniers temps au profit de Paul Biya. Une interview négociée auprès de la chaîne de télévision France 24, en marge de la première rencontre Sarkozy — Biya, en octobre 2007 la mise en service d’un autre site Internet officiel du Cameroun le rapprochement entre Chantal Biya et les professeurs Luc Montagnier et Robert Gallo, codécouvreurs du virus du sida, aux fins de crédibiliser l’action de celle-là contre la pandémie le recrutement de deux journalistes français — Béatrix Verhoeven et François Mattei - pour polir l’image, à coups d’ouvrages hagiographiques - du couple
présidentiel.

Le 30 août 2007, à Etoudi, la sorcière blanche, à qui l’on crédite des accointances avec René Emmanuel Sadi, signait un contrat de conseil en stratégie « pour améliorer davantage “l’image du Cameroun à l’étranger ». En attendant la potion magique qu’elle réserve pour 2011, la sortie du rapport qui épingle son client et sa famille lui donne du grain à moudre. Un autre champ de bataille en perspective dans la guerre que les deux communicants se livrent et dont les médias sont si friands.

Omer Mbadi Otabela

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