01/08/2011 04:24:41
Cameroun: Elecam en flagrant délit de fraude
Il mettrait à contribution les centres d’état-civil pour gonfler clandestinement les inscriptions. Elecam soupçonné de puiser dans les fichiers d’état civil
Le Messager
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L’organe chargé d’organiser les élections au Cameroun, Elections Cameroon (Elecam), sûrement dépassé par les évènements, aurait mis à contribution nombre de structures étatiques aux rangs desquelles, les mairies, pour gonfler artificiellement le nombre des inscrits sur les listes électorales.

A quelques semaines de la fin des inscriptions sur les listes électorales, légalement fixée au 31 août 2011, Elections Cameroon (Elecam), organe en charge de l’organisation matérielle des élections au Cameroun, n’hésite plus à faire recours aux moyens jugés illégaux à l’effet d’accroître artificiellement, le nombre d’inscrits sur les listes électorales. Le conseil électoral, tenu la semaine dernière, sous la présidence de Samuel Fonkam Azu’u, président dudit conseil, a révélé, à la stupéfaction générale, un chiffre de sept millions d’inscrits sur toute l’étendue du territoire. Chiffre d’autant plus surprenant au regard des 20 millions de Camerounais qui peuplent le triangle national, d’après les résultats du 3eme et dernier recensement général de la population et de l’habitat.

La raison de cette performance spectaculaire, serait à rechercher non pas dans l’efficacité de la stratégie mise en place par Elecam pour attirer les électeurs vers les bureaux d’enregistrement, mais plutôt dans un tour de passe-passe. Selon des sources concordantes et généralement bien informées, Elecam aurait en effet disséminé des fiches dans plusieurs mairies, notamment auprès des officiers d’état civil afin qu’ils inscrivent tous les citoyens camerounais en âge de voter sur les listes électorales en exploitant leur banque de données, notamment le fichier d’état civil.

Contacté, Jean Robert Waffo, conseiller municipal du Social democratic front (Sdf) de la commune de Douala II, grand conseiller à la communauté urbaine et responsable de la communication du Sdf pour le Littoral, va plus loin. «Je vais vous surprendre en annonçant que dans certains commissariats de sécurité publique, les fiches d’inscription sur les listes électorales existent. Ce n’est pas devant les mairies qu’Elecam va reculer. Nous disons que les inscriptions sur les listes électorales sont libres. Nul n’a le droit de contraindre l’autre à s’inscrire. Les Camerounais ne croient pas en leur système électoral et aux structures chargées d’organiser des élections transparentes et crédibles d’où la désaffection. Maintenant on use de tous les subterfuges pour inscrire les citoyens camerounais en âge de voter. Il me semble que c’est fondamentalement frauduleux».

Hilaire Nzipan, un militant du Mouvement progressiste du député Jean Jacques Ekindi lui aussi grand conseiller à la communauté urbaine de Douala, et conseiller municipal de la commune de Douala Ier évoque plutôt un dysfonctionnement. «Ce qui se passe avec les fiches d’Elecam dans les mairies, on peut appeler cela enregistrement. En réalité, c’est la commission communale  mixte au sein de laquelle siègent les représentants des partis politiques… qui, in fine, inscrit les noms sur les fiches électorales. En réalité, elle devrait  valider  un travail d’enregistrement fait par Elecam». Une source introduite auprès d’une municipalité du département du Noun joint également par Le Messager affirme ne pas être au courant d’une telle démarche.

Autant dire que les avis sur la question sont partagés. Nous y reviendrons.

Alain NJIPOU

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