01/08/2011 05:12:35
Présidentielle 2011: Le MEC contre un report
Alors que certains leaders de l’opposition et observateurs de la scène politique pressentent un report de l’élection présidentielle, le président du Mouvement des écologistes camerounais (Mec) exige de Paul Biya, la tenue de cette élection conformément au mandat en cours.
Le Messager
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Alors que certains leaders de l’opposition et observateurs de la scène politique pressentent un report de l’élection présidentielle, le président du Mouvement des écologistes camerounais (Mec) exige de Paul Biya, la tenue de cette élection conformément au mandat en cours.

La position officielle du Mec par rapport à la présidentielle 2011 a été rendue publique samedi 30 juillet 2011, au siège de cette formation politique à Douala. S‘il émet des réserves sur la capacité d’Elecam à jouer son rôle jusqu’au bout malgré la logistique présente, il pense qu’un vote massif pourra inverser la balance du côté d’une opposition désorganisée, limiter les fraudes et neutraliser les irrégularités. En tançant Fru Ndi qu’il accuse de responsable de la léthargie de l’opposition et de faire le jeu du parti au pouvoir, le président du Mec, candidat déclaré demande également à Paul Biya de clarifier le jeu politique. Et invite ses militants à poursuivre les inscriptions sur les listes électorales. Entretien avec Fritz Ngo...

Une certaine classe politique prône pour un report de la présidentielle...

Le report de la présidentielle n’est pas à l’ordre du jour. Cette élection aura bel et bien lieu en octobre et il faut que les partis politiques s’apprêtent. Parler de report revient à décourager ceux qui veulent encore s’inscrire sur les listes électorales. Le matériel est là, tout comme les financements. Ceux qui veulent le report ne sont pas républicains, mais des apprentis sorciers.

Pourtant le Rdpc n’a pas encore tenu son congrès...

Ce n’est pas le congrès du Rdpc qui légifère la vie au Cameroun. Nous avons une constitution qui fixe la voie à suivre. Le Rdpc a encore tout son temps pour choisir son candidat, que ce soit Paul Biya ou une autre personne. L’opposition doit s’organiser individuellement ou collectivement en choisissant des personnes crédibles. Il faut faire confiance à Elecam qui a été retouchée avec l’entrée des prélats et société civile dans son sein.

Ce report ne serait-il pas lié au vote de la diaspora décidé par l’Assemblée nationale ?

Je ne voudrais pas que nos compatriotes qui vivent hors de nos frontières soient exclus du vote. Ils peuvent voter dans les ambassades si tout est bien organisé.  Pour avoir vécu en Europe, je sais de quoi il est question. Ils peuvent voter sans qu’il se pose un problème.

Mais ils ne sont pas encore inscrits...

L’important c’est qu’ils puissent justifier qu’ils sont Camerounais avec une carte d’identité ou un passeport. Il n’y a pas de millions de Camerounais en France et ils peuvent être contrôlés si tout est bien fait.

Elecam est-il crédible pour conduire le processus ?

On n’a plus le choix actuellement, il faut faire avec. Il faut voter en masse pour que la balance soit du côté de l’opposition. Tant mieux si l’opposition gagne, mais il faut que tout soit organisé sans problème.

Etes-vous pour un gouvernement de transition ?

Nous ne sommes pas en guerre pour instaurer un gouvernement de transition. Le Rdpc a eu tout son temps pour occuper la scène. Où est le Sdf ? Pourquoi n’est-il pas présent sur la scène politique ?

Ils disent être interdits de manifestations publiques...

C’est faux. Pourquoi quand j’organise des meetings la police ne vient pas l’arrêter ? Le Sdf a sa manière de réagir qui n’est pas républicaine. Il ne respecte pas les lois qui sont applicables à tous. Pourquoi ce parti n’a-t-il pas encore désigné son candidat ?

Même le Rdpc est dans cette ambiance...

C’est de bonne guerre car les deux s’observent et se contrôlent. Ils savent ce qu’ils font. Le Sdf doit réagir en tant que leader de l’opposition en occupant le terrain politique confisqué par le Rdpc, en organisant des meetings, des conférences et des sessions de formation des cadres du parti. Le gouvernement consensuel est voué à l’échec. On va choisir qui et laisser qui et sur quelles bases avec plus de 250 partis politiques? Le gouvernement consensuel est démodé.

Et si on parlait de candidature unique de l’opposition ?

C’est autre chose. Si l’opposition se regroupe. Je peux y apporter ma contribution. Nous avons une élection en octobre et je ne vois pas pourquoi on parlerait de consensus.

Quelle appréciation faites-vous de la classe politique actuelle ?

Notre paysage politique doit être comme une équipe de football qui doit se renouveler constamment par de nouvelles idées. Celles-ci sont pourtant combattues par le pouvoir. Le Mec peut bien apporter sa contribution dans le secteur de l’environnement. Mais ceux qui nous dirigent sont des égoïstes qui ne pensent qu’à sauvegarder leur pouvoir. Il faut qu’ils sachent qu’ils ont déjà assez fait et qu’il est temps de céder la place aux autres. Ce n’est pas une mauvaise chose lorsque des gens veulent diriger le Rdpc. C’est l’expression de la démocratie, un peu comme dans d’autres pays où il y a des primaires. Il faut l’émergence de nouvelles idées. Il y a des ministres qui ont 80 ans qui refusent de se reposer.

C’est dire que vous êtes contre la nomination du général Semengué à la tête de la ligue professionnelle de football ?

C’est un exemple patent. J’ai entendu parler de lui à l’âge de 15 ans. J’en ai 59 aujourd’hui. C’est un grand républicain qui a eu une grande carrière et par conséquent ne devrait pas se salir les mains dans ce truc. En se reposant ou en créant un cabinet conseil, il sera plus utile à la nation que d’aller s’encombrer dans un machin où il n’y a même pas de stade.

Comme vous semblez être dans le secret des dieux, quel indice pour dire que la présidentielle aura bel et bien lieu en octobre ?

Je ne suis pas dans le secret des dieux. Même si on ne connaît pas la date exacte de la présidentielle, on sait que le dernier scrutin s’est tenu le 11 octobre 2004. Ce qui suppose que octobre est le mois de la présidentielle 2011. Je demande au président de la République de fixer le calendrier électoral, de respecter les délais et de clarifier le jeu politique. S’il n’y avait pas élection cette année, le risque de troubles sociaux est grand. On dira que le gouvernement est incapable d’organiser des élections. La communauté internationale va se mêler et critiquer le Cameroun, ce qui prêterait le flanc aux apprentis sorciers pour embraser le pays comme en Afrique du Nord et en Asie. Paul Biya a intérêt à tout faire pour que la présidentielle se tienne en octobre prochain.

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