01/08/2011 05:38:18
Libération de l'Afrique: Permettez nous d'en découdre!
Chers pépés, ce que nous essayons de vous dire, c’est que notre Continent est agressé de nouveau et nous voulons nous battre pour éloigner l’agresseur. Et pour gagner ce combat sans merci que nous voulons livrer, nous avons besoin de bras valides. Or ce critère vous fait défaut.
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Cet Article 45ème de la Révolution Permanente s’est senti interpellé par les vieillards qui ne se gênent pas d’être candidats aux élections présidentielles en Afrique. Il amorce donc l’ouverture du Front panafricaniste de notre engagement révolutionnaire commun. Pour la libération de la Côte d’Ivoire, vous le comprendrez sous peu, « Tout est accompli ».

Engageons-nous donc sur les autres fronts tenus par nos vaillants combattants du Cameroun, du Sénégal, du Togo, de la République Démocratique du Congo, pour ne citer que ceux-là. Chacun de ces fronts a sa réalité locale. Mais aujourd’hui, je m’adresse aux "pépés" candidats, ces arrières grands-pères qui ne comprennent pas les enjeux qui se déroulent sous leurs yeux.

Alors, mes chers pépés, qu’avez-vous oublié de faire pour votre pays depuis toutes ces années au pouvoir et qui vous oblige à vous présenter de nouveau ? Ou bien pensez-vous qu’il n’y a plus de bras valides dans le pays au point de vous sentir obligé de continuer à présider aux destinées de votre beau pays ?

Votre attitude me surprend. Elle me déconcerte même. Parce que je ne vous comprends pas. Et personne ne peut vous comprendre. C’est vous qui nous l’avez appris : avec l’âge, l’homme perd la plupart de ses capacités. Les femmes cessent d’être fécondes. Les hommes perdent leur virilité. La prostate tombe irrémédiablement en panne et finit à la fourrière, je dirai au cimetière. La mémoire reste parfois intacte. Mais la capacité d’appréhender les choses du quotidien, le monde moderne et les efforts d’adaptation qu’il implique peuvent faire grandement défaut avec le poids de l’âge. On dit même que vieillard, on redevient enfant. Or vous savez que les enfants ont besoin d’assistance. C’est pourquoi on ne confie aucune responsabilité importante à aucun enfant. On ne prend même pas le risque de laisser un enfant traverser seul la route. Parce qu’il n’a pas les bons réflexes. Vous savez tout ça. Et pourtant, vous décidez de représenter les intérêts du pays en vous portant candidat. Qu’est-ce qui ne va pas pépés ?

Croyez-vous que vos petits fils et enfants que nous sommes, n’avons pas encore atteint la maturité nécessaire ? Ou bien quand une amie me dit que les pépés sont têtus, c’est la vérité qu’elle dit ? Eh oui, je m’en rends bien compte. Comme des enfants "déséduqués", certains pépés sont très têtus. Ils n’en font qu’à leur tête. Mais vous rendez-vous compte que cette forme de délinquance gérontocratique pause problème à l’Afrique ? Des défis nouveaux s’imposent à notre beau Continent. Berceau des richesses du monde, l’homme blanc qui lui avait imposé le trafic d’êtres humains, l’esclavage, les travaux forcés, la colonisation, les coups d’Etat, veut de nouveau le recoloniser. Cette fois-ci, il y va avec des gros moyens parce que la pauvreté qui le menace lui a fait perdre tout son bon sens. Il est devenu fou. Et il tue sans état d’âme les bébés, femmes enceintes, enfants, jeunes, adultes, pour pouvoir prendre le contrôle des richesses du sous-sol. Mais pépés, ce genre de défis, il faut des bras valides pour les relever !

Je sais que vous avez été de la lutte pour les indépendances. Mais à cette époque, vous étiez dans la fleur de l’âge, je veux dire vous étiez des jeunes gens forts à l’esprit fort et à l’engagement sans limite. Et à cette époque, l’homme blanc utilisait des carabines pour rudoyer l’Africain colonisé. Mais aujourd’hui, il utilise des missiles sol-sol, sol-air, des avions de guerre, des bateaux de guerre ; il bombarde tout : les hôpitaux, les marchés, les résidences, ... Je vous dis qu’il est devenu fou !

S’il vous plaît pépés, si vous vous retirez maintenant, vos petits fils et enfants que nous sommes auront le temps de réagir à temps. Sinon, il sera trop tard après. Nous reconnaissons tout ce que vous avez fait pour nous, pour nos pays. C’est vrai, vous avez confondu parfois vos comptes bancaires familiaux avec les caisses de l’Etat. Ce n’est pas bien grave ! Houphouët Boigny, le premier Président de la Côte d’Ivoire, a dit qu’on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille les arachides. Alors sérénité pépés ! Personne ne vous inquiètera.

Ce que nous essayons de vous dire, c’est que notre Continent est agressé de nouveau et nous voulons nous battre pour éloigner l’agresseur. Et pour gagner ce combat sans merci que nous voulons livrer, nous avons besoin de bras valides. Or ce critère vous fait défaut. Le blanc est manipulateur. Il divise pour régner. Il vous fait croire que vous êtes le garant de stabilité du pays et que si vous vous retirez, les appétits affichés par les opposants à votre régime ainsi que l’arrivisme de ceux qui vous entourent pour faire le sale boulot, provoqueront une conflagration sociale. C’est faux ! Le pays ne tombera pas dans la guerre civile si vous partez vivant du pouvoir et encadrez en toute objectivité, l’ardeur des jeunes que nous sommes. Mais je vous supplie à genou : ne vous obstinez pas à rester au pouvoir, à être de nouveau candidat, fragilisant ainsi notre capacité de faire front et de faire face.

Aujourd’hui, je vous parle avec circonspection. Je vous dorlote comme un enfant récalcitrant que je veux dompter. Et pourtant je sais que vous avez perdu votre fougue. Mais à l’impossible, nul n’est tenu. Si vous ne voulez pas entendre raison, sachez que nous ne vous laisserons pas sacrifier notre liberté à vos prestiges de vieillards assoiffés d’honneur et égoïstes. Qu’est-ce que vous croyez !? Que vous allez mourir tranquillement au pouvoir pendant que l’Afrique se fait recoloniser ?


Votre posture méchante et égoïste nous oblige à adopter une posture révolutionnaire contre votre comportement d’empêcheurs de Révolution. Pour vous, ce combat n’a aucun intérêt. Cela fait quelques décennies déjà, que vous avez dépassé l’espérance de vie. Et vous êtes convaincus qu’avec la tension artérielle instable, la prostate en panne, les problèmes cardiaques, le diabète incurable, vos chances sont grandes de ne pas vivre la recolonisation de l’Afrique. Mais pépés, ce n’est bien de penser ainsi ! Ce n’est pas bien de nous laisser dans l’humiliation de la domination de l’homme blanc avant de vous en aller !

Je pense, mes chers pépés, que l’heure est venue pour vous de rendre un ultime service à vos petits fils et enfants que nous sommes. Vous n’avez rien oublié depuis que vous êtes au pouvoir. Je dirai que vous avez tout fait en mal comme en bien. Cependant, l’héritage que nous attendons de vous, celui-là qui nous permettra de connaître le vrai bonheur : c’est votre décision de vous retirer afin de nous laisser nous battre contre l’envahisseur et le pillard blanc. Si vous ne le faites pas pour nous, nous allons vous l’imposer. Et advienne que pourra. Parce que l’Afrique libre, c’est notre défi, c’est le sens de notre combat, c’est l’aboutissement attendu de notre Révolution !
 
A très bientôt.

Hassane Magued

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