02/08/2011 03:42:25
La guerre multiforme de la France en Côte d'Ivoire
Leçons d'une guerre.
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Selon le dictionnaire LAROUSSE, « la guerre est  le recours à la force armée pour dénouer une situation conflictuelle entre deux et plusieurs collectivités, clans, factions ou états. Elle consiste pour chacun des adversaires à contraindre l’autre à se soumettre à sa volonté ».

La France a donc fait la guerre à la Côte d’Ivoire sans la déclarer, hypocritement, en utilisant l’argument de la protection des civils et en faisant passer GBAGBO pour un dictateur. Ce qui est faux, faux, archifaux ; car elle n’a tué quasiment que des civils et en grand nombre. De plus le Président est un véritable démocrate. La France a mené une guerre à la Côte d’Ivoire pour obliger GBAGBO, le vainqueur de l’élection présidentielle, à céder le fauteuil au candidat de la France, des USA et de la fameuse Communauté Internationale.

Bombes de tout genre, missiles, avions et hélicoptères de guerre ont été utilisés. Licorne, ONUCI, mercenaires Sénégalais, Nigérians, Burkinabés, rebelles Ivoiriens ont été organisés, convoyés, armés, par la France sur tous les fronts pour atteindre son but : débarquer le patriote, le nationaliste, celui qui proclamait qu’il n’est le sous-préfet de personne. L’objectif de la France a toujours été d’installer son poulain, le Franc-maçon, l’illuminati, le « Préfet » selon Mme Diabaté, Secrétaire Générale du RDR, Grande Chancelière de l’Ordre National, lors de son allocution, à l’investiture du Président imposé par la France aux Ivoiriens pour piller les richesses ivoiriennes et mettre au pas le « récalcitrant ».

Dès 2002, la France a opéré masquée laissant à ses sofas, ses tirailleurs criminels, le soin d’exécuter le sale boulot. S’apercevant que les choses n’allaient pas comme elle le voulait, elle a décidé de prendre, depuis les dernières élections présidentielles, cette fois, à visage découvert et de façon frontale, la tête de cette sale guerre. La France fait la guerre à la Côte d’Ivoire car, pour elle, l’amour de la patrie manifesté par GBAGBO est un crime contre les français. C’est pourquoi elle a mené contre ce pays de paix, depuis 2002, une guerre anachronique et multiforme.

I/ Une guerre médiatique

Après l’accession au pouvoir du Président GBAGBO en 2000, il a effectué, en France, une visite d’état à l’invitation du Président français. Au cours de cette visite, le Président français, s’est rendu compte qu’il était face à un chef d’état africain d’une autre dimension, c’est à dire patriote, nationaliste, ayant une haute idée de la gestion d’un pays indépendant.Alors commence une guerre médiatique pour salir l’image de ce Président qui se veut digne, au contraire de beaucoup d’autres chefs d’état prêts à courber l’échine devant l’ex puissance colonisatrice.

La France a alors, à l’aide de ses médias, commencé sa campagne de désinformation. Il s’agissait de présenter GBAGBO comme un dictateur, un assassin (exemple du faux charnier de Yopougon en 2000), auteur d’exécutions sommaires, créateur du concept de l’ivoirité. Ces grossières accusations ne sont qu’une utilisation diabolique du mensonge. On en veut pour preuve l’introduction dans la politique ivoirienne du concept de l’ivoirité par L’ex-Président Bédié, avant 2000, année où GBAGBO n’était qu’un opposant. D’ailleurs, le Président Bédié l’a toujours revendiqué dans son livre intitulé les chemins de ma vie.

Cette campagne de désinformation s‘est encore intensifiée lorsque les médias français ont présenté en 2002 cette irruption des rebelles venus du Burkina Faso comme une affaire ivoiro-ivoirienne. Pour ces médias, c’était une guéguerre entre LIDA Kouassi (Ministre de la Défense) et BOGA Doudou (Ministre de l’Intérieur). Rappelons que le Ministre BOGA Doudou a été cruellement assassiné par les rebelles à son domicile. L’auteur présumé de ce crime, pour la France, n’était autre que le Ministre de la Défense de GBAGBO. Et pourtant, la France savait bel et bien que ce crime avait été perpétré par les rebelles qu’elle avait formés au Burkina Faso. Ces médias présentaient ces grands criminels comme de petits anges et GBAGBO comme le diable.Ils ont démontré, à plusieurs reprises, leur dextérité machiavélique à travestir la vérité, et transformer ainsi la victime en bourreau.

Sur le territoire ivoirien, les nombreuses chaînes françaises du bouquet de Canal Horizons ont toujours relayé fidèlement ces messages destructeurs et mensongers. Ces mêmes médias ont délibérément gardé le silence sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les rebelles de Ouattara, l’armée française et les forces onusiennes en Côte d’Ivoire. Pire, après les tueries massives de l’armée française en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004, l’Assemblée Nationale Française a adopté un texte pour interdire la condamnation de l’action des soldats français en Côte d’Ivoire. Il s’agit là, pour la France, de façon officielle, de couvrir ou de masquer la vérité pour promouvoir une fois de plus le mensonge.

C’est ainsi donc que la France a toujours cherché à travestir tous les actes posés par le Président GBAGBO au bénéfice des ivoiriens. Cette campagne de désinformation a été exploitée aussi par l’utilisation de la radio ONUCI-FM qui véhiculait des messages haineux, indignes de l’ONU. En France-même, pour traiter des questions ivoiriennes, les plateaux de télé et de radio ne recevaient que des invités favorables à la vision de la France et de la rébellion  ivoirienne. A ces émissions, les crimes de guerre et contre les crimes contre l’humanité commis par les rebelles pro-Ouattara et l’armée française n’étaient guère mentionnés.

Non satisfaite des actions de cette guerre des ondes, la France a mis à la disposition de sa rébellion une télévision pirate nommée TCI (Télévision de Côte d’Ivoire qui n’est en réalité que la Télévision de la Communauté Internationale) pour concurrencer la RTI (organe officiel de communication) et relayer les mensonges de cette télévision pirate.

S’apercevant que cette télévision n’avait qu’une très faible audience auprès des ivoiriens et pour parfaire cette guerre médiatique, la France n’a pas trouvé mieux que de détruire les émetteurs des médias nationaux, empêchant ainsi GBAGBO de communiquer avec le peuple de Côte d’Ivoire.

Pour mieux mener sa guerre médiatique, la France a accepté la nomination par OUATTARA d’un professionnel de médias à l’Ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris. La preuve en a été faite par la tentative de corruption, au bénéfice du camp Ouattara, de journalistes français dénoncée récemment par la presse de l’Hexagone
En Afrique et particulièrement au Cameroun où les médias étaient sensibles à la cause patriotique ivoirienne, les autorités camerounaises, sous pression de la France, ont été contraintes d’ouvrir les plateaux de télé et radio et même la presse à des pro-OUATTARA pour tenter, sans succès, de ternir l’image du Président GBAGBO.
Notons que, malgré la modicité de leurs moyens, les agents de la RTI en dignes patriotes, ont su relever, à ces heures chaudes, ce défi médiatique français.

La France, bien qu’elle ait utilisé tous ses médias et même le bouquet africain de Canal Horizons soumis au droit ivoirien, a perdu, de l’avis général des ivoiriens, cette guerre médiatique. Il suffit simplement de remarquer le refus des ivoiriens de suivre les émissions de la Télévision pirate (TCI) imposée par la France au peuple de Côte d’Ivoire.

II/ Guerre politique et diplomatique.

La France a su joindre à cette guerre des ondes une guerre politico-diplomatique pour défendre partout et particulièrement à l’ONU, l’UE, l’UA, l’UEMOA, la CEDEAO, ses intérêts. Elle a su imposer ses points de vue aux grandes puissances de ce monde, pire, aux pays africains, qui n’ont point tenté de faire preuve de solidarité, contrairement aux pays européens dont le soutien n’a jamais manqué à la France. Elle a utilisé le Burkina Faso comme tête avancée de son projet funeste en Côte d’Ivoire. Mais que peut un pauvre pays (Burkina Faso) où des groupements de pays pauvres (CEDEAO, UA) face à une des plus grandes puissances du monde ?

De plus, la France était l’initiatrice de toutes les résolutions concernant le conflit ivoirien. Son ambition était de  chasser le Président GBAGBO du pouvoir. Elle a toujours imposé ses points de vue au conseil de sécurité de l’ONU, ce « machin » comme le disait le Général de Gaulle, ancien président français. Il apparait aujourd’hui, encore plus qu’hier, et pour tous, que l’ONU est un instrument d’asservissement des pays pauvres, en vérité des pays appauvris par les puissances occidentales.

A l’ONU, la France a obtenu un embargo sur les armes en Côte d’Ivoire, la création du groupe de travail international (GTI), la dotation en hélicoptères de guerre des forces onusiennes. Toutes ses résolutions ne visaient qu’à affaiblir la partie sud du pays, gouvernée par le Président GBAGBO ; il s’agissait d’anéantir les institutions ivoiriennes et particulièrement l’Assemblée Nationale. Alors que les rapports de l’ONU faisaient état des violations de l’embargo et des droits de l’Homme par la rébellion, aucune résolution n’a été proposée par le pouvoir français contre ces meurtriers, ses poulains.

Pour donner l’impression que c’étaient les africains qui décidaient et non elle, la France a avancé, masquée, en demandant toujours la caution de la CEDEAO puis de l’UA. Toutes ces organisations sont dirigées par des africains indignes, à la solde de la France et décident dans le sens du diktat français.

Il est évident que pour la plupart des Présidents des ex-colonies françaises qui ont accédé au pouvoir et s’y maintiennent par des coups de force fomentés par la France, s’opposer à cette puissance, c’est se faire hara-kiri.
Quand il ne s’agit pas des ex-colonies, la France utilise le harcèlement auprès de certains chefs d’état africains et d’organisations internationales. En effet, il nous est revenu que pendant cette crise ivoirienne, c’est plus de dix fois par jour que Sarkozy appelait certains chefs d’état africains pour obtenir leur concours, leur secours. Pauvre Afrique, qui, depuis la traite négrière et la colonisation, continue de tuer ses propres enfants ! De plus, Sarkozy pour réussir son coup, lors de la rencontre des chefs d’Etat de l’UA à Addis-Abeba, qui devait traiter de la question ivoirienne, s’est fait inviter, comme si la France était un pays africain. De plus, à notre connaissance, aucun chef d’Etat africain n’a assisté une seule fois à un sommet de l’UE.

Pourquoi la France fait-elle donc du lobbying, lors des rencontres inter africaines, contre l’intérêt des pays africains ? C’est de plus en plus une obsession pour la France d’assujettir, de recoloniser les pays africains qui veulent compter sur eux-mêmes pour se développer et qui préfèrent la « pauvreté dans la dignité à l’opulence dans l’esclavage ».

Pour promouvoir l’impérialisme français, la France, avec la complicité de certains Présidents Ouest-Africains a fait échouer les accords de Lomé (TOGO) et a imposé ceux de Marcoussis et de Kleber qui faisaient de GBAGBO un Président sans pouvoir. Là encore, elle prend soin de se faire accompagner par l’ONU, les organisations régionales ou continentales (CEDEAO, UA) pour accomplir cette basse besogne. A Kleber c’est précisément l’africain Secrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan qui apporta sa caution. Honte à la France hypocrite et à l’africain indigne !

C’est en France, et sous les ordres des autorités françaises qu’a été conçu le RHDP, une union pour faire front contre GBAGBO et pour servir les intérêts de la France, une grave ingérence dans les affaires internes Ivoiriennes.
De plus, à la veille des élections présidentielles, la France a demandé, par écrit, à sa représentation diplomatique et au Chef de l’armée française en Côte d’Ivoire de prendre parti pour Ouattara. Et pourtant, publiquement, l’envoyé de Sarkozy auprès de GBAGBO déclarait que la France n’avait aucun candidat en Côte d’ivoire. On comprend alors aisément que l’ambassadeur de France, avec l’aide de celui des USA et du Représentant du Secrétaire Général de l’ONU, ait fait pression sur le Président de la CEI pour livrer des résultats falsifiés, imposés par la France et sans aucun rapport avec la réalité du scrutin.

On observe à cette étape, le succès français de cette guerre politico-diplomatique, succès qui peut s’expliquer par l’embrigadement des pays africains sous l’impérialisme français et aussi par les intérêts croisés parfois complémentaires des pays occidentaux. Cet activisme diplomatique français n’ayant pas eu l’effet escompté, la France va s’engager dans une guerre économique et monétaire contre la faible mais riche Côte d’Ivoire.

III/ Une guerre économique et monétaire

Au plan économique, dès le début de la rébellion en Septembre 2002, la France a sollicité et obtenu la délocalisation de la BAD à Tunis, privant ainsi la Côte d’Ivoire des bénéfices économiques liés à la présence des agents de cette banque sur son territoire. Et pourtant, ironie du sort, Tunis qui a connu un mouvement de soulèvement populaire contre le régime du Président Ben ALI abrite toujours le siège de ladite banque. Si ce mouvement de Tunis s’est déroulé dans la ville-siège de la BAD, entrainant la démission du Président Tunisien, en Côte d’Ivoire la ville-siège ABIDJAN, n’a point fait l’objet de désordre et les institutions ivoiriennes sont toujours demeurées opérationnelles. De plus, certains pays, qui ont connu des situations sécuritaires plus dangereuses, n’ont pas fait l’objet de délocalisation de sièges d’organisations internationales. Manifestement, il s’agissait pour la France, chef de file des partisans de la délocalisation, de sevrer la Côte d’Ivoire du Président GBAGBO des retombées économiques du siège de la BAD à Abidjan.

En outre, la France a organisé une économie parallèle dans la partie du pays aux mains des rebelles. Elle y a installé un système d’exportation frauduleux des produits ivoiriens par les pays sahéliens (Burkina Faso, Mali). Les entreprises françaises importatrices habituelles de produits ivoiriens (café, cacao, bois, coton, or, diamant, etc.) ont établi un réseau mafieux d’importation de ces produits, privant ainsi le Trésor Ivoirien de recettes et renflouant par la même occasion, la caisse noire et le trésor de guerre des rebelles. Ces fonds ont servi à l’achat d’armement français par ces criminels de guerre, porteurs de gris-gris.

En même temps que les entreprises françaises importaient frauduleusement des produits ivoiriens par le Burkina Faso et le Mali, la France profitait des opérations de relais de ses troupes pour exporter frauduleusement, par conteneurs entiers, des produits agricoles et miniers ivoiriens, réduisant ainsi les ressources du Trésor Ivoirien.
Dans son plan de mettre en péril l’économie ivoirienne, elle a fait fermer certaines entreprises françaises installées en Côte d’Ivoire, mettant ainsi au chômage plusieurs milliers de travailleurs ; le but était de créer le mécontentement généralisé des travailleurs ivoiriens pour qu’ils chassent GBAGBO du pouvoir.

Se rendant compte de l’inefficacité de ses mesures, la France va étaler sa haine viscérale contre le régime GBAGBO, en instaurant avec le concours de ses partenaires européens et américains un embargo économique, pire pharmaceutique et un blocus des ports et aéroports ivoiriens. Les résultats ont été immédiats : nombreux morts dans les hôpitaux, renchérissement considérable des prix des produits de grande consommation, diminution drastique du pouvoir d’achat, pénurie de gaz butane et autres produits pétroliers, etc.

Au plan monétaire, les rebelles, à l’instigation de la France, ont opéré les casses des agences de la BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man. Ce sont ainsi des centaines de milliards de nos francs qui ont été volés pour enrichir et financer la rébellion et ses parrains. Notons que des soldats français ont participé à ces opérations dignes de films hollywoodiens. De surcroit, la Côte d’Ivoire de GBAGBO a été sommée par cette même France, l’UEMOA et la BCEAO de rembourser cet argent volé et blanchi avec la complicité de certains chefs d’état de la sous-région.
Ces organisations, après la réélection du Président GBAGBO ont refusé de reconnaître les signatures des personnalités nommées par le Président constitutionnellement élu. L’objectif était de bloquer les circuits monétaires et bancaires pour priver l’économie ivoirienne de moyens de paiements.

A la vérité, ces mesures se sont avérées royalement inefficaces. C’est pourquoi, la France et les autres pays de l’UEMOA ont démis le gouverneur Ivoirien de la BCEAO, isolé la Côte d’ivoire du circuit monétaire Ouest-Africain et même fermé les banques à capitaux majoritairement français, sans respecter les délais de préavis requis par la profession. L’objectif de la France, avec la complicité des autres pays de l’UEMOA, était d’asphyxier l’économie ivoirienne et de la mettre en faillite.

C’est pourquoi, le Président GBAGBO s’est vu obligé de prendre des mesures légales de réquisition et de nationalisation des filiales de banques françaises installées en Côte d’Ivoire. Ces mesures ont été salutaires pour l’économie ivoirienne et ont fait échouer le plan diabolique de la France qui, ayant perdu cette guerre économique et monétaire s’engagea dans une étape plus meurtrière.

IV/ Une Guerre militaire

La France, lors de ses interventions à l’ONU et partout dans le Monde, à l’occasion des visites de personnalités françaises, justifiait sa présence en Côte d’Ivoire par le besoin de protéger les civils et les ressortissants français, d’empêcher l’utilisation d’armes lourdes et une guerre civile. Et pourtant, ces actes font penser qu’elle souhaitait secrètement une guerre civile semblable à celle du Rwanda. Les faits démontrent qu’au lieu de chercher à sauver des êtres humains, elle est venue défendre ses propres intérêts au prix de la vie de milliers d’ivoiriens.

En Septembre 2002, lorsque la Côte d’Ivoire a été attaquée par une horde de rebelles formés au Burkina Faso, le Président GBAGBO a sollicité, conformément aux accords de défense, l’aide de l’armée française. La France de Chirac a refusé catégoriquement d’intervenir. L’Armée Ivoirienne s’est alors engagée pour mater la rébellion. Devant cette détermination, les dirigeants français ont demandé au Président GBAGBO de leur accorder une trêve pour évacuer leurs ressortissants des zones envahies par les assaillants. Cette trêve a plutôt permis à l’armée française de réorganiser et armer davantage ces hors la loi. Il s’en est suivi l’occupation des zones Centre, Nord et Ouest par ses rebelles avec le concours indiscutable de la France.

Aujourd’hui, elle sollicite la révision de ces mêmes accords qu’elle avait refusé d’appliquer en 2002. Elle a montré ainsi qu’elle n’applique ses accords que dans son seul intérêt. C’est ainsi qu’elle a armé, entretenu, formé les rebelles, qu’elle a fait convoyer du Burkina Faso en Côte d’Ivoire. C’est l’armée française qui a livré aux rebelles des caisses de munitions portant la mention « Ambassade de France au Burkina Faso ». Ces caisses ont été retrouvées sur le territoire ivoirien. Dans le but de livrer la Côte d’Ivoire aux rebelles, les soldats et mercenaires français étaient à la tête des cortèges de rebelles pour l’annexion des différentes villes ivoiriennes.

En 2004, la France, face au désir ardent du Président GBAGBO de mettre fin à la rébellion, a prétexté le bombardement d’un camp militaire Français (opération jusque là non prouvée) pour détruire au sol tous les avions de l’armée ivoirienne. Elle a ainsi supprimé l’avantage de l’armement militaire aérien ivoirien sur les rebelles et même sur l’ONUCI.

Pour renverser le pouvoir du Président GBAGBO et mettre fin à l’opération Dignité, entreprise pour reconquérir la totalité du territoire ivoirien, la Licorne a fait descendre précipitamment la quasi-totalité de ses chars de combat sur Abidjan, tuant, sans hésiter, sur son chemin, de nombreuses personnes aux mains nues. La situation sera encore plus dramatique lorsque la France, devant l’Hôtel Ivoire et sur les deux ponts d’Abidjan, va tuer délibérément, à l’aide d’hélicoptères de guerre, de chars, de snipers, plus de 70 manifestants aux mains nues et blessé plus d’un millier. N’est-ce pas là une raison suffisante pour conduire les responsables politiques et militaires français à la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?Responsables des Organisations Internationales de défense des Droits Humains, toujours promptes à vilipender les dirigeants patriotiques africains, continuerez-vous de vous taire devant les crimes odieux commis par les français sur le sol ivoirien ?Ne doivent-ils pas être traduits devant le TPI et la CPI ?

En 2011, la France a repris la guerre sous le prétexte du refus par le Président GBAGBO, proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel, de reconnaître les résultats livrés, sous pression de la France par le Président de la CEI, à l’insu des autres membres de cette commission, clandestinement, hors délai, au QG du candidat de la France Alassane Ouattara.

La France, pour parachever sa guerre, a demandé et obtenu de l’ONU après les élections, une augmentation de l’effectif des soldats de l’ONUCI et la dotation en hélicoptères de guerre pour le compte de cette armée. Elle a fait venir urgemment de nouvelles forces spéciales et de l’armement supplémentaire sur le territoire ivoirien.

Au début du mois d’Avril 2011, prétextant l’utilisation d’armes lourdes contre des populations dites civiles (en fait des rebelles), la France a fait adopter une résolution du conseil de sécurité de l’ONU lui accordant l’autorisation de faire décoller officiellement les avions et hélicoptères de guerre contre le Président GBAGBO. Ces engins de guerre ont permis aux forces coalisées de faire exagérément usage d’armes lourdes, de missiles, d’obus, de bombes sur des objectifs beaucoup plus civils que militaires. Des milliers de nos compatriotes (excusez du peu) ont été massacrés à la résidence du Président GBAGBO voisine de la résidence de l’Ambassadeur de France, témoin de ces crimes.

Ces nombreuses tueries ont favorisé la prise de la ville d’Abidjan une semaine après de rudes combats qui ont opposé d’un côté, Licorne de France, ONUCI, mercenaires de la sous région, rebelles de OUATTARA et de l’autre les soldats FDS restés fidèles à leur mission.

La France ne connaît que ses intérêts. Elle peut tuer, sans aucun souci, des milliers d’africains, des « sous-hommes » pour atteindre ses buts. Au total, la France a usé de sa suprématie militaire pour tuer des civils aux mains nues, renverser un président constitutionnellement élu. Elle avait au préalable prit soin d’affaiblir notre armée en détruisant lâchement au sol, nos avions et hélicoptères de combats.

Pour conclure, la France au terme d’une guerre, multiforme a réussi son coup d’état avec des collabos ivoiriens et d’autres suppôts de la sous région. La Côte d’Ivoire, pour paraphraser le Général de Gaulle, « n’a perdu qu’une bataille ». Cette guerre qu’a déclenchée la France contre ce pays de paix se poursuivra avec des moyens pacifiques et nous en sortirons certainement vainqueurs.

Les leçons de cette guerre nous font comprendre aisément que:

* l’usage abusif et continu du mensonge par les responsables politiques français et leurs médias, impose à nos dirigeants de contrôler, voire interdire certains médias étrangers sur le territoire ivoirien ;

* la France, au réseau diplomatique dense et varié, utilise tous les moyens à sa disposition pour contraindre, bien des états de ce monde et non des moindres, à épouser ses prises de position contraires aux respects des Droits de l’Homme. Elle n’a que faire de ces droits pour les autres, surtout pour les africains. Il est seulement regrettable que nombre de pays africains n’aient encore, à ce jour, pas compris les enjeux de la lutte du peuple ivoirien ;

* la guerre économique et monétaire menée par la France a été sans pitié pour les ivoiriens. Il est alors plus qu’urgent de sortir de la zone franc pour créer une monnaie propre et encourager une reprise en mains de l’économie de ce pays par les ivoiriens ;

* Notre défaite est le résultat de notre isolement diplomatique et militaire face à la coalition (France-ONU-mercenaires-rebelles) depuis 2002. Certains pays comme l’Algérie ont su remporter une victoire face à cette même France. Il est alors grand temps d’accorder plus d’importance à l’armement, à l’armée, à la formation militaire, civique et patriotique des ivoiriens.

C’est pour des besoins de compréhension que les différents aspects de cette guerre multiforme ont été traités successivement. En réalité, la France a livré à la Côte d’Ivoire une guerre totale en exploitant de façon simultanée et violente toutes les formes ci-dessus mentionnées.

Pour tout dire, la France a mené cette guerre à la Côte d’Ivoire pour ses propres intérêts, confirmant ainsi la pensée de l’Homme d’Etat Français Charles de Gaulle « Les pays n’ont pas d’ami ; ils n’ont que des intérêts. » C’est pourquoi, pour la France et les pays occidentaux en général, est « dictateur », tout homme politique nationaliste, libre, non membre d’une loge maçonnique qui fait la promotion des valeurs universelles et du bien-être des populations de son pays.

Toujours pour ces pays occidentaux, est « démocrate»  tout politicien, qui privilégie les intérêts étrangers au détriment des populations nationales, corrompu, foulant au pied les Droits de l’Homme et la constitution de son pays, ayant des comptes bancaires et des résidences dans les pays occidentaux.

Evidemment, la France a ses raisons pour choisir ces dictateurs africains comme elle avait désigné le guyanais Félix EBOUE pour gouverner l’Afrique Equatoriale Française, elle a imposé aujourd’hui, Ouattara, le voltaïque, comme nouveau gouverneur colonial pour diriger ces indigènes ivoiriens.

Il nous appartient donc de continuer la lutte pour élire dans nos états de vrais démocrates à l’image du Président GBAGBO. Nous le méritons.

Une contribution de patriotes seniors

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