02/08/2011 18:28:34
Transition démocratique: L'impossible consensus de la classe politique ?
Au moment où des partis politiques et des Organisations de la société civile appellent à une transition consensuelle en vue de l’organisation d’une élection présidentielle crédible, le chef de l’Etat sortant semble faire la sourde oreille.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Au moment où des partis politiques et des Organisations de la société civile appellent à une transition consensuelle en vue de l’organisation d’une élection présidentielle crédible, le chef de l’Etat sortant semble faire la sourde oreille.

La météo politique au Cameroun aurait-elle conduit le chef de l’Etat sortant à un point de non retour ? En l’absence de certitude tant sur le calendrier électoral que sur la volonté du patron des institutions à donner des gages à une échéance contestée par l’essentiel des acteurs du processus électoral, les partis politiques et de nombreuses organisations de la société civile semblent offrir l’ultime alternative au locataire du palais de l’Unité. Le ton a été donné par le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Dans une déclaration rendue publique, à l’issue d’une réunion du bureau politique du 27 juillet dernier, le parti dirigé par Abanda Kpama demande au chef de l’Etat «d’engager rapidement une concertation nationale en vue de trouver une solution consensuelle pour l’organisation de la prochaine élection et la gestion de la période de transition jusqu’au scrutin.»

Pour motiver sa proposition, le Manidem met en relief les insuffisances techniques d’Elecam, les récriminations de l’opposition et les pressions extérieures. C’est fort de ces constats que ce parti estime que «ce n’est point l’organisation hâtive d’une élection dans un pays où les risques de dérapage se profilent à l’horizon qui est la solution à nos problèmes.» Abanda Kpama reprend ainsi une idée développée peu avant par le président du Mouvement populaire républicain (Mpr) qui estime que  l’ouverture de ce dialogue est «vital pour la construction effective de la paix dans notre pays». Alain Fogue Tedom pose ainsi comme préalable l’organisation d’une sorte de Tripartite regroupant le pouvoir, l’opposition et la société civile pour mettre en place le cadre d’une transition démocratique. Le Mpr évoque alors l’éventualité d’une contestation populaire «si le président Biya n’écoute pas enfin le peuple, et s’entête à se faire adouber par ceux dont nous contestons fermement la légitimité.»

Transition politique

C’est dans la même logique que la Dynamique citoyenne embraye. Selon le comité de pilotage de cette plate forme de la société civile, «la modification constitutionnelle de 2008 a consacré l’inéligibilité de l’actuel président de la République , mais des motions allant dans le sens contraire aujourd’hui compilées dans cinq tomes dits « appels du peuple» fleurissent de toutes parts. Selon la Dynamique citoyenne, «cette résistance, passive en apparence jusqu'à ce jour, pourrait se transformer en poudrière si le système s’entête à fermer les yeux et les oreilles sur le désenchantement de l’immense majorité des Camerounaises et Camerounais, et sur leur désaveu d’une politique anti démocratique et inapte à propulser le développement du pays.»

En clair, la majorité des partis politiques et des organisations de la société civile conviennent de la mobilisation des acteurs issues des partis politiques, du secteur privé, les universitaires et instituts de recherche, les syndicats ainsi que les organisations de la société civile, la diaspora et les associations confessionnelles «en vue d’un gouvernement de deux (2) ans assortie d’une feuille de route claire et précise.» Ce qui, selon nombre de partis politiques et organisations de la société civile, devra avoir pour mission de mettre en place les conditions d’une élection transparente.

La riposte des « contre le report »

En face, se développe un discours, certes encore timide, contre un report de la présidentielle. Le Mouvement des écologistes du Cameroun (Mec) a déjà donné de la voix sur le sujet pour récuser la démarche sollicitant l’ajournement de la prochaine présidentielle. Selon Fritz Ngo, il n’est pas question de donner plus de temps au Rdpc, manifestement, pas prêt à l’en croire, pour mieux affûter ses armes. Par ailleurs, selon des infos exclusives, le Mp de Jean Jacques Ekindi serait également contre l’initiative de ces partis et organisations de la société civile et s’apprête à faire valoir officiellement son désaccord. Certaines organisations de la société civile tel le syndicat national des journalistes du Cameroun, Snjc, semble avoir épousé cette vision qui demande la publication officielle de la date de la prochaine présidentielle. Cette mouvance saura (pourra)-telle faire foule ?

Pour le moment, le pouvoir en place ne semble pas entendre le plaidoyer du report. Outre les multiples dénonciations à la «déstabilisation» engagées depuis quelques mois, la campagne du régime Rdpc tient à démontrer les avancées du système électoral, notamment celles liées à «l’engouement» des Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales. C’est sur cette lancée que la loi sur le vote de la diaspora tient du souci pour le gouvernement de présenter des gages à un scrutin querellé d’avance. Des raisons pour le politologue Manassé Aboya Endong de préciser que «ce qui est proposé par ces acteurs politiques correspond manifestement au schéma classique transposable à une situation post-conflictuelle, en l’occurrence celle adaptée au sortir d’une guerre civile, comme c’était dans la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo.» Des  faits qui ne semblent pas émouvoir le candidat sortant du Rdpc. A moins qu’il ne s’agisse d’un jeu politicien savamment organisé par le régime Rdpc, afin de conditionner l’opinion publique à accepter, le moment venu, le report de cette échéance…

Joseph OLINGA

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE