05/08/2011 04:29:29
Autopsie: Election, la course vers l'inconnu
Les partis politiques s’interrogent, la société civile s’inquiète, le pouvoir se tait.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Drôle d’époque autour de l’interminable fin de règne que vit le Cameroun. Parce que le parti au pouvoir et l’Etat camerounais partagent le même président, le Cameroun retient son souffle en ce qui concerne l’échéance électorale capitale, redoutée par les uns, attendue avec impatience par d’autres. 

Sept ans sont vite passés, depuis le dernier mandat présidentiel. Rattrapé par le temps, le Cameroun est  aujourd’hui aux portes de l’inconnu. En dehors de Jean Jacques Ekindi (photo), leader de Mp et candidat déclaré à la prochaine élection,  qui continue à faire sa campagne comme si de rien n’était, comme si la présidentielle attendue pour octobre est acquise, mettant en exergue la force de proposition sur la gestion du pouvoir et les perspectives de développement du Cameroun et du continent noir, il n’y a que le Manidem, avec Ekanè Anicet, lui aussi candidat déclaré qui a interpellé directement le pouvoir pour...demander le report de la présidentielle, au profit d’une transition, que les Camerounais vivent déjà de toutes les façons, qu’on le veuille ou non, dans les esprits.

Le Sdf n’est pas en reste, qui exige de son côté la mise en place d’un code électoral plus juste, avec des instruments consensuels dont l’indépendance ne souffrirait d’aucune contestation. En dehors de cela, le Sdf estime qu’il n’y aura pas d’élection au Cameroun cette année, ni les années suivantes. Même les partis de la majorité présidentielle, au nombre desquels l’entriste Upc, l’Undp et dans une moindre mesure l’Andp vivent le stress d’un silence assourdissant sur l’échéance électorale.  Ils savent que leur soutien, mais surtout la qualité de leur engagement et  la capacité de mobilisation dont ils feront preuve en faveur du candidat naturel du Rdpc leur seront comptés dans la redistribution des fruits de la victoire. Quant aux activistes politiques hors de nos frontières, les intellectuels du virtuel et des tabloïds, les leaders cathodiques qui brassent beaucoup de vent, ils donnent l’impression de crier dans le désert autour d’un questionnement sur les intentions non affichés de Paul Biya dont la non-candidature pour le moment est du pain béni, pour les dissertations de salon et les grands effets de manche.

En attendant, préoccupé par la survie au quotidien, le peuple, prêt à s’exciter et s’enflammer pour des exutoires comme les conflits politiques ivoirien ou libyen, se calfeutre dans une indifférence désabusée, convaincu qu’il n’y a rien à attendre ni des urnes, ni de la communauté internationale qui est interpellée et donne son avis à tort ou à raison, sans trop de conviction. Le malaise est donc là. Epiés, soupesés, testés,  piégés par les non-dits, partis politiques de tous bords, activistes intérieurs comme extérieurs, débatteurs médiatiques,  tous donnent l’impression de se battre contre des moulins à vents, car en face, personne ne répond au débat. Le pouvoir a choisi la politique du canard : calme en surface, pédalant ferme en dessous, voguant allégrement vers l’inconnu, à la merci d’un grain de sable...

Edouard KINGUE

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE