09/08/2011 04:17:40
Pour qui roule John Fru Ndi ?
Virage à 180° du Sdf.Fru Ndi prépare le chemin des « entristes ». Danse bafia ou realpolitik ?
Le Messager
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Virage à 180° du Sdf.Fru Ndi prépare le chemin des « entristes ». Danse bafia ou realpolitik ?

Avec l’annonce par des canaux informels de  l’effectivité de la tenue de l’élection présidentielle ; le décret d’application de la loi sur le vote de la diaspora ;  la conférence de presse du Mincom sur la question ; le Cameroun va connaître dans les prochains jours une brusque accélération des préparatifs de l’échéance électorale.

Plusieurs indices tendent à conforter cette thèse. Il y a le virage à 180 degrés du Sdf qui, de sa position radicale est revenu sur des bonnes dispositions en demandant à ses militants de s’inscrire sur les listes électorales. Selon certaines indiscrétions, la communauté internationale s’est fortement impliquée dans ce changement de cap, amorcé avec la fameuse rencontre Biya-Fru Ndi de décembre dernier.

La lecture faite de ce rapprochement est que, compte tenu du contexte international, le Cameroun doit négocier une transition pacifique. Elle s’expliquerait alors par une élection présidentielle où Fru Ndi, faute de mieux,  serait le sparring-partner de Biya. Dans le cadre de ce deal, d’autres leaders dont Jean Jacques Ekindi, auraient  été approchés -ce qui expliquerait sa présence à Bamenda, invité-surprise du chairman- pour s’entendre sur une victoire du Rdpc, qui se poursuivrait par la mise en place d’un gouvernement  dit d’union. Le Manidem a du reste lancé une sonde en parlant de transition politique.

Celle-ci  comprendrait une cohabitation avec des partis modérés, dont aujourd’hui le Sdf qui, depuis Bamenda 2010, a changé de ton. Nos informations signalent ainsi que le Sdf s’est fortement impliqué dans la nomination des six derniers membres de la « société civile »,  dans Elecam. Le parti n’a du reste pas officiellement protesté.

De même que pour la rencontre controversée Biya-Fru Ndi, au sein même du parti de Bamenda, les cadres sont divisés sur la dernière prise de position du Nec.  Ainsi, la décision adoptée par le Nec a fait l’objet de débats houleux. Certains membres de cette instance n’ont pas apprécié ni accepté ce discours de rupture invitant les militants à s’inscrire. D’autres parmi lesquels le cercle rapproché du chairman, ont applaudi avec enthousiasme cette approche qui va permettra au Sdf, dans la mouvance présidentielle, de marcher à visage découvert dans les prochains mois, après l’élection d’octobre.

Déjà, le mot entriste a été entendu mezzo voce à Bamenda, dans les commentaires de l’après-Nec. Selon un membre qui a demandé l’anonymat, « ce sont les mêmes qui ont accompagné Fru Ndi dans  l’escarcelle de Biya qui l’appuient dans sa volonté de suivre le leader du Rdpc à l’élection présidentielle qu’il sait qu’il ne gagnera pas ». Un autre membre ajoute : « Et parce que Fru Ndi sait que le Sdf ne gagnera pas l’élection dont la cause est entendue, il va susciter une autre candidature en ses lieux et places pour aller au casse-pipe. Le prochain congrès réserve bien de surprises. »

Mais quels sont ces ‘entristes’ qui s’apprêtent à porter le manteau de la cohabitation au sein du prochain gouvernement « de large ouverture nationale » ? Vous n’avez qu’à voir la délégation du Sdf dans la rencontre de décembre à Bamenda, nous a-t-on susurré. Renseignements pris, face au refus de certains cadres, accompagné de son fils dont il voulait mettre le pied à l’étrier, 14 personnes, John Fru Ndi en tête, avaient été reçus en audience par le président Biya. 

Dans les rangs, il y avait -John Fru Ndi ; Banadzem Joseph Lukong (président du groupe parlementaire Sdf) ; Awudu Mbaya Cyprian ; Joseph Mbah Ndam (un des vice-présidents à l’Assemblée nationale) ; Simon Fobi Nchanji (député) ; Benjamin Ngodja ; P.C. Fonso ; Elisabeth Tamanjong (secrétaire général du Sdf) ; Mathias Ofon (membre de la commission communication) ; Banega Simon Tchigam ; Sama Francis (avocat du Sdf) ; Benjamin Fru (fils du Chairman) plus une délégation constituée de membres du Sdf résidant dans le Nord-Ouest.

Quelle que soit la nouvelle configuration politique à intervenir après cette élection, l’essentiel est que les parties prenantes de cet inquiétant jeu de l’ombre soient suffisamment nationalistes et patriotiques pour ne pas conduire le Cameroun dans une aventure sans lendemain. Le Mali a bien expérimenté cette politique de consensus et tout baigne dans l’huile dans ce pays frère sans ressources minières, mais aux dirigeants pleins de bon sens. Pourquoi pas le Cameroun ?

Pour qui roule Fru-Ndi ?

21 après les 6 morts de Bamenda et la création du Sdf ; 19 ans après la victoire  non homologuée du Sdf à l’élection présidentielle de 1992,  à la suite de quoi Ni John Fru Ndi avait été placé en résidence surveillé ; 8 mois après la rencontre entre le président Paul Biya et le leader du Sdf, le 10 décembre à Bamenda, l’histoire politique vient de connaître une brusque accélération avec la décision du Nec d’inviter ses militants à s’inscrire sur les listes électorales.

Danse bafia ou realpolitik ? C’est une décision qui ne va pas sans conséquences sur l’image du Sdf sérieusement écornée depuis les incohérences affichées de ce parti.

A qui profite la marche arrière du Nec ? Le principal parti de l’opposition avait posé des exigences préalables à sa participation à l’élection présidentielle par un communiqué  rendu public à l’époque  par le 2e vice-président du Social democratic Front (Sdf). « Dans une ultime démarche républicaine, le Sdf tient à préciser à l’opinion nationale et internationale, que sa participation  aux élections futures et  au sein des différentes antennes locales d’Elecam est subordonnée par le respect par le régime de Yaoundé des conditionnalités suivantes... ».

Outre le dernier point du vote de la diaspora aujourd’hui adopté, qui constitue encore une nébuleuse, malgré le décret d’application signé hier,  le Sdf avait clairement signifié qu’aucune élection au Cameroun ne se fera avec Elecam  et qu’il « ne désignera par conséquent pas de représentants au sein des différents démembrements d’Elecam tant que la parodie actuelle perdure ».

A trois semaines de la date limite des inscriptions sur les listes électorales, le Sdf reprend donc sa parole en adoptant un profil bas préjudiciable à sa politique ( ?) Mais la décision du Nec implique la prochaine tenue du 8è congrès du Sdf plusieurs fois reporté. Le dernier report devant, entre autres, procéder à l’élection du président national dudit parti pour les quatre prochaines années a eu lieu en avril dernier, après le report de février dernier.

Le congrès se tiendra t-il dans les prochains jours ? Personne n’en parle. Mais l’on s’attend à ce que des candidatures autres que celle du chairman pour la participation du Sdf à l’élection se fasse jour. Entre autres, celle de Fobi Chinda qui ne s’en cache du reste pas. Il n’est pas exclu que le député de Bamenda soit coiffé au poteau par quelqu’un qui aurait les faveurs du chairman, maintenant que des bruits courent que Fru Ndi pourrait passer la main, ne serait-ce que pour la prochaine élection présidentielle.

Focal: Les 11 préalables du Sdf

1-La refonte des listes électorales

2- le respect scrupuleux de la loi portant création et organisation d’Elecam, notamment les dispositions des articles 8 et 13 relatives à l’indépendance et à l’impartialité des membres du conseil électoral  et de la direction générale d’Elecam.

3-La nomination dans les meilleurs délais de ces nouveaux  membres du conseil électoral et de la Direction générale d’Elecam ainsi que de l’application des mêmes dispositions aux représentations régionales, départementales et communales d’Elecam.

4-l’introduction des données biométriques dans l’établissement des listes électorales et des cartes d’électeurs

5-L’exclusion totale et sans ambiguïté  du Minatd du processus électoral

6-L’implication des partis politiques à tous les niveaux de prise de décisions notamment au sein de toutes les commissions chargées de l’organisation  et de la conduite des élections

7-l’utilisation d’un bulletin de vote unique

8- l’institution d’une élection présidentielle à deux tours

9-la dotation d’Elecam d’une autonomie financière effective

10- La mise en place  des dispositions précises pour interdire l’engagement des fonctionnaires, des responsables publics et parapublics dans les campagnes électorales

11-la participation effective de la diaspora camerounaise aux échéances électorales.

 

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