09/08/2011 16:50:13
L'audace est une vertu !
« Dieu, aux heures des sueurs froides soit avec nous »
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J’ai lu un poème de Dom Helder Camara dans lequel il exhorte les uns et les autres à « l’imprudence » c’est dans ce poème qu’il dit aussi que l’audace est plus qu’une vertu c’est un don de l’esprit de Dieu.

Dr Sosthène Fouda Essomba

En regardant ce qui se déroule au Cameroun au quotidien je ne peux qu’exhumer ce poème du 29 février 1974. Hier dans un marché de la ville de Yaoundé j’ai échangé avec un groupe de jeunes, moyenne d’âge, 22 ans, aux idées bien arrêtées dans le temps et l’espace ! Ils souhaitent avoir de quoi s’acheter de la bière ou de la cigarette. Un m’a dit « Président, tu dois marcher avec les choses » !

C’est une expression courante au Cameroun ! Les choses ! « Donnez-moi les choses » comme chante un parolier de la place artistique du Cameroun.  Est-ce à dire que tout se conjugue en terme de « choses » dans l’ensemble du triangle national ? L’offre politique est une offrande invisible face à l’alcool, à la nourriture, eux plus visibles. C’est du concret ! Du lourd ! Le discours constructeur et constructif que nous tenons peut-il briser la grande digue solidement construite depuis trente ans par le régime en place et par les hommes et les femmes qui le servent au point d’en être devenus des « créatures » ?

Le regard du peuple camerounais

Il est sans cesse en quête de beauté dans l’immensité de souffrance dans lequel sont plongées plusieurs générations d’hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes, ceux et celles-là qui ont longtemps marché à la périphérie de leur propre destin. Mais de quel bonheur s’agit-il ? Le bonheur immédiat, celui du manger et du boire !

A l’hôpital il faut payer pour se faire recevoir par une infirmière qui elle-même n’a pas de numéro matricule depuis son embauche à la fonction publique depuis trois ans ! Le médecin joue aux abonnés absents parce qu’il est en consultation dans un établissement privé où sont orientés les patients les plus nantis ! Ils sont cependant une infime minorité dans cet océan de misère. A l’école primaire, depuis des années l’on a proclamé la gratuité de l’école mais les parents sont conscients de débourser en moyenne dix mil francs par enfant quand ce n’est pas plus dans les écoles de ville. Il faut soutenir les Ape, ces associations qui gèrent les écoles aujourd’hui et donnent un salaire aux enseignants. Comme il y a vingt ans quand on ferma les écoles de formation des maîtres dans notre pays, en cette année 2011, c’est autour des écoles d’agriculture de connaître la même fin, dix huit au total et les raisons données ? La réforme et la restructuration ! L’âme amnésiée, les camerounais ne sentent plus le grand froid les traverser !

 

La fleur est belle, elle est rouge de sang, le sang versé des camerounais d’hier. Il nous revient de savoir contempler cette fleur pour l’aider à germer et à devenir le fruit que nous espérons.

Sosthène Fouda Essomba

Aucune saine révolte n’est possible ! « Dieu, aux heures des sueurs froides soit avec nous » ! Peut-on entendre dire ! N’est-ce pas étrange ce pluriel ? En vérité non ! Au Cameroun du Renouveau, on ne meurt pas une seule fois ! L’agonie est longue et lente, elle connait des suspensions, des interruptions ! On meurt un peu de faim, on meurt un peu de froid, on meurt un peu de viol, on meurt un peu de honte, on meurt un peu d’accident de circulation, oui, maladie, peur, attente, hallucination et désillusion. L’aridité du pouvoir a blessé pour toujours la Vie !

Une germination...

Depuis trente ans un seul régime tisse autour de nous, à coups de nœuds, de tours de vis, un univers carcéral. Mais notre âme, notre liberté sont-elles pour autant prisonnières ? Il me semble que non car il nait sans cesse en nous un être de résistance, sinon dans la manière de vivre, du moins dans la façon de regarder les êtres et les choses. Le nouvel homme, la nouvelle femme du Cameroun d’aujourd’hui et de demain jaillit avec une évidence fulgurante, comme le bouton de nos caféier.

La fleur est belle, elle est rouge de sang, le sang versé des camerounais d’hier. Il nous revient de savoir contempler cette fleur pour l’aider à germer et à devenir le fruit que nous espérons. La force du BIR est un tigre en papier face à la liberté ! Elle est une caricature de la force parce qu’elle est dépouillée de toute justice, elle est dépouillée de toute dignité celle de l’homme humilié. Des égouts de la république, celle qui dérobe et enlève le pain  de la bouche de ses enfants. Les bien-pensants nous somment de faire des propositions enfermés dans les réservoirs de ce grand de prison qu’est le Cameroun. Un Cameroun dans lequel nous menons notre existence en compagnie des punaises, des rats, dans cancrelats. La plus que minorité, celle qui préfère « gouvernancer » selon le mot Pierre-André Taguieff : Les privilèges des fonctions sans les responsabilités ! Au Cameroun l’article 2 du décret est plus important que tout le reste ! Oui cette minorité qui consomme, mâche, triture, digère et se refuse même à rejeter ce qu’elle consomme ! De son explosion doit naître la plus belle plante de notre pays ; cette plante c’est vous !

L’audace est un don

Nous devons pourtant nous secouer, nous laisser submerger par notre volonté de voir les choses autrement, par notre force intérieure et notre détermination à nous impliquer dans la réalisation de notre propre destin. Il repose sur nous. Nous sommes à l’image du fils prodigue que la confiance en soi a sauvé.

Le Cameroun est un héritage commun et personne ne devrait nous en exclure. Chacun de nous face à tout ce que je décris ici devrait éprouver la nostalgie de la maison paternelle. Cette nostalgie est au dessus de tous les intérêts partisans. C’est groupé que nous nous tiendrons chaud, c’est en partageant ensemble notre pain que nous aurons moins faim, c’est en se tenant la main que nous aurons moins peur. Cette volonté et cette détermination communes sont le ferment du Cameroun que nous voulons au terme du processus électoral à venir. J’ai toujours pensé qu’il ne devrait pas avoir ici au Cameroun de la chasse aux sorcières, la volonté du vivre ensemble panse toutes les blessures et fait coaguler le sang. Oui il n’y a d’hémorragie que là où il y a la haine, la rancœur.

Le Cameroun peut mieux pour cette génération et pour celles qui viennent. Voila notre route, elle est celle de la liberté, « elle fait des détours mais ne nous ramène pas en arrière ». Dans cette grande prison dans laquelle s’entassent de nombreux prisonniers gardés par un groupuscule de gardiens de prison, creusons ensemble les songes, les idéaux,les espérances parce que le jaillissement des eaux cristallines et pures de l’Océan est proche !


Vincent-Sosthène FOUDA-ESSOMBA

www.generationcameroun2011.com

 


(1) Le recteur de Yaoundé II, monsieur Jean-Tabi Manga est accusé d’avoir gonflé les listes des bénéficiaires de la « bourse spéciale du Chef de l’Etat » ! 50 000 F CFA. Au total une liste de 5.225 noms, combien sont-ils réellement étudiants à SOA ? Le gouvernement camerounais en communiquant la liste des premiers 1000 présélectionnés sur un total de 25 000 initialement annoncés, la presse révèle qu’on y retrouve plus de 60 fonctionnaires et autres agents de l’Etat déjà en fonction. Les listes corrigées ne surprennent plus personne !

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