10/08/2011 05:41:59
Vu des Usa... Paul Biya veut passer en force
Nombre de Camerounais vivant aux Etats-Unis estiment que Paul Biya et ses "fidèles" n'ont pas la volonté d'avoir des élections transparentes et justes au Cameroun. Ils préconisent une période de transition d'un an sans l'actuel locataire d'Etoudi.
Le Messager
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Nombre de Camerounais vivant aux Etats-Unis estiment que Paul Biya et ses "fidèles" n'ont pas la volonté d'avoir des élections transparentes et justes au Cameroun. Ils préconisent une période de transition d'un an sans l'actuel locataire d'Etoudi.

"Le quotidien Le Messager avait vu juste en publiant récemment un texte dans lequel il révélait, grâce à ses sources, que le report de la prochaine élection présisidentielle n'est pas à l'ordre du jour chez Biya et ses affidés. Le décret d'application de la loi portant sur le vote des Camerounais de la diaspora signé lundi, 8 août dernier est une preuve que Biya veut à tout prix organiser l'élection présidentielle en octobre prochain. Il veut prendre les Camerounais de court et passer en force. D'ailleurs, par ce texte, Paul Biya confie l'organisation du processus au ministère des Relations extérieures et à ses démembrements (ambassades, consulats) de l'étranger; donc au pouvoir exécutif dont il est le chef ." Jules Etoundi, qui se présente comme sympathisant du Manidem, est amer.

Pour lui, l'appel au report de la prochaine élection présidentielle, lancé par le parti de Pierre Abanda Kpama, a sa raison d'être. Car, "l'impréparation est criarde. Et, ce n'est pas en moins de trois semaines que les fonctionnaires et autres employés de l'ambassade du Cameroun aux Etats-Unis ou alors du consulat, reconnus pour leur laxisme et du mépris qu'ils ont vis-à-vis des Camerounais vivant ici au pays de l'Oncle Sam - surtout ceux qui ne sont pas de leur bord - deviendront subitement diligents et coopératifs au point de bien mener les opérations de recensement et d'inscription sur les listes électorales", poursuit Jules Etoundi.

Aux Etats-Unis, la position de ce sympathisant du Manidem rejoint celle de nombre de Camerounais dont le président de l'Organisation non gouvernementale Conscience du Cameroun. " En ce qui concerne le droit de vote des Camerounais résidant a l’étranger, tout a été faussé dès le début. Je n'ai souvenance d'aucune loi qui interdisait aux Camerounais résidants a l'étranger de ne pas voter; les régimes successifs n'ont tout simplement pas mis sur pied les structures adéquates pour permettre à tous les Camerounais, y compris ceux résidant à l'étranger, de jouir de leurs droits de vote. Et puis même l'implémentation de cette loi trompe-l'œil, à quelques mois de l'élection présidentielle, est quasi-impossible, dans la mesure où on a même pas encore recensé normalement les Camerounais de la diaspora; enregistré les Camerounais de la diaspora sur des listes électorales; établi les différent bureaux de votes. Qui plus est, le président de la République a publié le texte qui réglemente le droit de vote des Camerounais résidant hors du triangle national, au détriment d'Elecam qui est suppose être la structure organisatrice de toutes les élections au Cameroun. Pour le vote des Camerounais de l'étranger, Elecam est hors jeu; l'Exécutif dont le chef est Paul Biya s'empare de tout. Il est donc juge et partie", dénonce Corantin Talla, président de l'ong Conscience du Cameroun.

Par ailleurs, révèle t-il, " Près de 80% des Camerounais de la Diaspora , du moins ceux des Usa où nous sommes basés, ont la double nationalité; et de ce fait, promulguer une loi sur le vote des Camerounais résidant à l'étranger qui ne tienne pas compte de ces données est une demi-mesure qui ne résoud pas globalement le problème du droit de votes des Camerounais de la diaspora."

Transition d'un an avec Paul Biya à l'écart

Bien qu'ils réagissent au décret du chef de l'Etat concernant le vote des Camerounais de l'étranger, nombre de ces derniers, basés aux Etats-Unis, soutiennent que ce n'est même pas avec Paul Biya que tout ceci devrait être à l'ordre du jour. Pour eux, l'on ne devrait pas parler de candidature quelconque de Biya, voire d'élection présidentielle dans les conditions d'impréparation actuelles. "Si en 29 ans paul Biya n'a pas réalisé un projet fiable pour le Cameroun et permis au pays d'avancer, ce n'est pas en prenant sept années supplémentaires qu'il pourrait faire quoi que ce soit. A son âge, près de la quatrevingtaine, il devrait aspirer à une bonne retraite. D'ailleurs, la constitution ne lui permet plus de se présenter. Nous attendons toujours de voir par quelle alchimie il va contourner la constitution en vigueur pour se présenter. Evidemment, ses conseillers et lui pourraient trouver des astuces; mais alors, ce serait une autre preuve palpable qu'il veut s'éterniser au pouvoir comme s'il n'y avait pas d'autres Camerounais", lance Guy Emmanuel Kamdem de l'organisation non gouvernementale Actions africaines. Puis, déterminé, il poursuit, dans la même lancée que le président de l'ong Conscience du Cameroun, qu'ils vont néanmoins continuer à se battre "pour obtenir une loi garantissant le droit de vote de tous les Camerounais de la diaspora, y compris ceux ou celles qui ont, pour des raisons professionnelles, académiques ou autres, acquis une autre nationalité tout en restant patriotiquement attachés au Cameroun."

En général, nombre de Camerounais interrogés par Le Messager aux Etats-Unis soutiennent que, pour la prochaine élection présidentielle qui doit se tenir, constitutionnellement, avant le 14 octobre prochain, l'impréparation est criarde. Pour eux, il faudrait que toute la classe politique se réunisse pour déterminer les mesures à prendre, pour ne pas être en porte à faux avec la constitution, en tirant la conclusion qui s'impose. Et, celle-ci devrait être que, dans les conditions actuelles, aller à l'élection présidentielle serait simplement aller valider le passage en force que Paul Biya et ses affidés se préparent à faire. Tout en reconnaissant aux candidats déclarés ou potentiels qui sont Kah Walla, Jean Jacques Ekindi, Mboua Massok, Bernard Muna, Jean De Dieu Momo, Christopher Fomunyoh, Paul Abine Ayah, Dakolé Daissala... qu'ils ont raison d'exiger le respect de la constitution par l'organisation de l'élection présidentielle avant le 14 octobre prochain, nombre de Camerounais rencontrés par Le Messager aux Etats-Unis, soutiennent qu'ils faudrait, comme l'ont préconisé Anicet Ekane du Manidem et Louis Tobie Mbida du Pdc, reporter cette présidentielle.

Cependant, soutiennent-ils, il ne devrait pas être question de reporter l'élection présidentielle et de laisser Paul Biya au pouvoir. Ces Camerounais interrogés au pays de l'Oncle Sam par Le Messager pensent à une période de transition d'au moins deux ans, sans Paul Biya. "Nous pensons par exemple à un Conseil national de la transition et des réformes démocratiques (Cnt/Rd) qui devra diriger le pays pendant un (01) an. Si Paul Biya peut prendre une loi sur le vote des Camerounais de la diaspora et promulguer les textes en moins d'un mois, cela voudrait dire que l'on peut créer un arsenal de réformes pré-électorales au Cameroun en un an", soutient Corantin Talla. Ce Cnt/Rd devra, à en croire ses initiateurs, comprendre des membres determinés à l’intérieur comme à l’exterieur du Cameroun et, devra être d'une diversité ethnique et socio-professionelle. Avec entre autres objectifs, surtout l’emergence d’un Etat de droit et d'une paix durable au Cameroun. Cette vision est partagée par nombre de Camerounais interrogés à Washington, Boston, Martinsburg (West Virginia) et autres villes des Etats-Unis.

Honoré FOIMOUKOM

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