12/08/2011 04:34:23
Les Etats n'ont pas d'amis...
De Néron à Hosni Moubarak, en passant par Hitler, Amin Dada, Mobutu Sese Seko, etc. les dictateurs ont toujours été parmi nous. Il n’y a pas que l’Afrique, ce berceau de l’humanité où les peuples refusent de quitter la crèche pour affronter un monde en perpétuel mouvement.
Le Messager
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De Néron à Hosni Moubarak, en passant par Hitler, Amin Dada, Mobutu Sese Seko, etc. les dictateurs ont toujours été parmi nous. Il n’y a pas que l’Afrique, ce berceau de l’humanité où les peuples refusent de quitter la crèche pour affronter un monde en perpétuel mouvement.

On connaissait l’ex-douanier Adolf Hitler, célèbre dictateur allemand qui,  dans son rêve de puissance, fit de l’épuration raciale un véritable cheval de bataille. Il disparaîtra dans le secret d’un bunker. Benito Mussolini dirige  l'Italie de 1922 à 1943. Mussolini qui installa l'appareil fasciste sur le pays, élimina toute opposition en étant à l'origine et en laissant se développer une violence généralisée qu'il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins (quand on ne les force pas à boire de l'huile de ricin).

Ceau escu était un cordonnier roumain, devenu président de la Roumanie par la force et le hasard des choses. En 1967, il consolida sa position en se faisant élire, en supplément, président du Conseil d'État. En 1974, Ceau escu ajouta à sa moisson de titres officiels celui de président de la République. Comme Kim Il-Sung, Ceauşescu institua en sa faveur un culte de la personnalité omniprésent, se faisant désigner sous les titres de « Conducator » (chef) et même de (Génie des Carpates), son épouse Elena était régulièrement promue  à des fonctions ministérielles. Puis un jour une tomate pourrie lancée  par une main inconnue percuta sa tête et précipita la chute du dictateur.

N’empêche, l’histoire immédiate met en exergue la folie des dirigeants africains, plus enclin à la chicotte qu’au bâton, et qui finissent par être victime de leur soif inextinguible du pouvoir. Le tunisien Zine Abidine  Ben Ali (photo) en sait quelque chose. Certes, il n’a pas démérité sur le plan du développement. La Tunisie qu’abandonne Ben Ali la queue entre les jambes est le pays le plus développé après l’Afrique du sud, en matière d’infrastructures routières, alors que son sous- sol ne regorge d’aucune matière première. Son erreur ou mieux sa faute a été de verrouiller la liberté d’expression tout en favorisant l’enrichissement de ses proches.

Mais grâce à la Tunisie , ils sont légion les chefs d'Etats africains qui regardent avec beaucoup d'attention et même d’anxiété les mouvements sociaux en cours dans le monde arabe. Les images de Hosni Moubarak, enfermé dans une cage comme un fauve dangereux donnent à réfléchir. Le Raïs respirait la puissance et la sérénité de mourir au pouvoir ou de passer le témoin à son fils. Liés par le même destin, père et fils sont aujourd’hui face au tribunal de l’histoire.

En Afrique, démocratie  rime avec autocratie. Ce qui pousse le continent à se vider de ses forces vives, poussant sur la route de l’exil des centaines de milliers de gens, qui ne peuvent soit s’exprimer, soit s’épanouir professionnellement. Les dictateurs perdurent souvent grâce à l’onction occidentale, obligeant les hommes et les femmes valides à fuir une détresse économique et sociale générée par la main mise de l’Occident sur les richesses de leurs pays. Dans d’autres cas, les populations fuient la guerre et ses  ravages

Mouammar Kadhafi arrivera peut-être à sauver sa peau, lui qui est admiré par beaucoup d’Africains pour avoir fait de son pays un eldorado, alors que d’autres, avec le même potentiel énergétique, dépérissent de jour en jour, à cause d’une mauvaise gouvernance adossée sur le pillage systématique des ressources nationales par des dirigeants incapables, parfois des tyrans qui sont prêts à tout pour conserver leur « pouvoir ». Un pouvoir qui leur fait vivre parce que constituant leur liquide vital. Leur sang.

C’est pourquoi certains despotes passent souvent de vie à trépas, lorsqu’ils sont chassés de leur « pouvoir » par le peuple ou encore, si  leur « pouvoir » est partagé sous la pression de la communauté internationale. C’est le cas de Ben Ali le Tunisien qui, après sa fuite, est entré dit-on, dans le coma.  Un coma provoqué par la perte du pouvoir ? Si on voit aussi l’état de santé de son compère égyptien, on peut penser qu’ils vivaient de « pouvoir ». Le pouvoir de « sucer » le sang de leur peuple.

Souvenons-nous de  Mobutu Sesse Seko Kuku Ngbendu Waza Banga (photo) chassé par les hommes de Laurent Désiré Kabila,  alors que quelques semaines auparavant, il continuait à pontifier sur les écrans de télévision, après plus de trente ans  de pouvoir sans partage. Moins de quatre mois après son exil au Maroc, Mobutu sera interné et rendra l’âme dans un hôpital marocain.

Mobutu et Moubarak étaient notoirement des hommes à la solde américaine, managé par la Cia. Les Etats-Unis ont nourri Mobutu de pétro dollars et se sont servis abondamment dans les mines zaïroises. Pour la sécurité d’Israël, ils se sont servis de Moubarack comme gendarme du monde arabe, pour contenir l’islamisme et les débordements palestiniens. Zine Abidine Ben Ali était manifestement l’homme des Français. La presse le couvrait d’éloges et minimisait ses dérives dictatoriales. On a vu, après la fuite inattendue du président tunisien, la France perd pied après des révélations fracassantes sur la collusion entre le gouvernement français et tunisien, au plus fort de la contestation de la rue.

Le plus admirable dans tout cela, c’est que ni les Etats-Unis, ni la France , n’ont levé le pied pour soutenir leurs amis égyptiens et tunisiens en plein désarrois. Ils ont tout de suite pris langue avec les nouveaux maîtres des lieux, selon la bonne vieille formule du général de Gaulle : les Etats n’ont pas d’amis, mais des intérêts.

Le Français Giscard d’Estaing et le Centrafricain Jean Bedel Bokassa se tutoyaient. Giscard d’Estaing l’a même accompagné dans sa folie de devenir Bokassa premier de Berengo de Bobangui, empereur de Centrafrique, un petit pays aussi pauvre que la souris d’une église, mais qui avait la malchance d’avoir quelques  diamants qui intéressaient, ou la France , ou son président.

Puis un jour, lorsque le pauvre Bokassa devint politiquement infréquentable,   la France le renversa de son empire de pacotille, installant son cousin à sa place, sous le prétexte qu’il était un dictateur amoureux de la chair humaine, que l’on dit fort opportunément avoir trouvé dans son congélateur.

Avis aux dictateurs en poste...

Bon vendredi et à vendredi

Edking

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