15/04/2009 16:18:47
Agenda secret: ce Que fait Paul Biya à Genève
Le voyage presque inattendu du chef de l’Etat pour la capitale helvétique continue d’intriguer au sein du gouvernement
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Le voyage presque inattendu du chef de l’Etat pour la capitale helvétique continue d’intriguer au sein du gouvernement. Tentative de décryptage.

Ces dernières semaines, le chef de l’Etat, fidèle à sa stratégie, a modifié l’agenda politique sur lequel beaucoup des observateurs avertis du sérail l’attendaient. D’abord, la session extraordinaire du conseil supérieur de la magistrature convoquée pour le 3 avril a été annulée à la dernière minute sans qu’aucune raison officielle n’ait été donnée à ce propos. Même si au sein du sérail, des sources généralement bien informées affirment en coulisses que le président de la République a voulu prendre du recul. Notamment dans le processus de nomination des magistrats qui devront conduire l’Opération Epervier III.

Sur le sujet du remaniement ministériel, que l’opinion publique, alimentée par des sources plus ou moins introduites au sein du sérail, met sans cesse dans l’actualité de l’agenda de Paul Biya, le document aurait déjà été bouclé. Pour certains, il devait être officialisé au début du mois d’avril 2009. Une fois de plus, Paul Biya a déjoué tous les pronostics. Préférant se retirer subitement à l’étranger, notamment à Genève (Suisse), où il a ses habitudes lors de ses « brefs séjour privés » en Europe.

Le chef de l’Etat a cette fois aussi réduit la délégation qui l’accompagne. En dehors de son épouse Chantal, de son chef de protocole Simon Pierre Bikelé, et de ses gardes du corps, Paul Biya a emmené avec lui, René Emmanuel Sadi. L’actuel secrétaire général adjoint N°II de la présidence de la République fait depuis toujours partie du cercle restreint des voyages privés du président de la République.

Mais depuis sa nomination comme secrétaire général du Rassemblement démocratique du peule camerounais (Rdpc), parti au pouvoir au Cameroun, sa présence permanente auprès du prince, à un moment où l’échéance électorale présidentielle de 2011 approche, et sur laquelle la position de l’actuel locataire du palais de l’Unité reste floue, semble de plus en plus préoccuper certains de ses « rivaux » au sein du gouvernement qui veulent « faire redescendre René Sadi au niveau de tout le monde », pour reprendre une expression d’un hiérarque du Rdpc.

Congrès du Rdpc

En Suisse, Paul Biya ne devrait pas chômer car les dossiers urgents ne manquent pas. Sur le plan politique, il y a d’abord le dossier du congrès ordinaire du Rdpc. On sait que les commissions mises en place par René Emmanuel Sadi, sur instructions de Paul Biya, pour préparer cet important évènement du parti au pouvoir, ont pour la plupart remis leurs copies à la date indiquée, le 15 mars 2009. C’est le cas notamment entre autres, de la commission de relecture des textes du parti, que présidait le conseiller du secrétaire général du comité central, Benoît Ndong Souhmet.

Tout comme celle du congrès proprement dit, piloté par Paul Célestin Ndembiyembé. Nul doute que le président national et le secrétaire général du comité central du Rdpc, au cours de leur présent séjour genevois, vont se pencher sur cette question. Peut être en arrêtant enfin la date définitive de ce congrès, mais aussi en scrutant les noms des militants et autres hauts cadres du Rdpc, pressentis pour constituer le bureau politique et le comité central.

Concernant le gouvernement, Paul Biya pourrait profiter du cadre discret de Génève pour mûrir et peaufiner le choix de ses nouveaux hommes. Et à ce propos, dans les chaumières, les spéculations, alimentées par la rumeur, vont bon train sur ceux des membres de l’actuel gouvernement qui seraient amenés à libérer leurs places au sein de cette haute administration...

Jean François CHANNON et Frédéric Boungou

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE