12/08/2011 20:08:55
Côte d'ivoire: La reconciliation traquenard en marche
Konan Boniface, Sama et autres vers la prison
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L’enquête sur les violences post-électorales qui relèvent du domaine militaire suit son cours. Le procureur militaire a annoncé hier l’inculpation d’une soixantaine de militaires, gendarmes et policiers issus des rangs des ex-Fds dont les officiers rentrés récemment d’exil.

Le commissaire du gouvernement Ange Kessi Kouamé a annoncé hier, à son bureau sis au 17ème étage de la Tour A, cité administrative, l’inculpation de 61 militaires (officiers, militaires du rang, gendarmes et policiers, qui faisaient partie des effectifs des ex-Fds) dans le cadre des procédures judiciaires ouvertes au sujet des violences qui ont marqué la période postélectorale.

Une quarantaine d’entre eux a été placé sous mandat de dépôt au nombre desquels le général Dogbo Blé, ex-commandant de la garde républicaine et le contre-amiral Vagba Faussignaux. La liste pourrait être portée dans les prochains jours à 63, avec les poursuites en vue contre le général Allah Kassi et le colonel major Assoumou Sama pour constitution de bandes armées. En violation, selon Ange Kessi, de l’article 77 du code militaire.

Surprise ! Outre le colonel major Jean-Noël Ahéhi, ancien commandant de l’escadron blindé du camp de gendarmerie d’Agban, aujourd’hui en exil, les colonels major Konan Boniface et Sama Henri César Damalan rentrés fraîchement d’exil figurent sur la liste.


Contrairement à la déclaration faite par le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, à l’occasion de leur retour du Ghana, ces deux officiers devront donc répondre devant le tribunal militaire de divers chefs d’accusation retenus contre eux par le tribunal militaire. «Détournement de biens publics, arrestation illégales et séquestration, détention illicite d’armes à feu, recel de cadavres, violation de consignes (contre les officiers et sous-officiers qui ont obéi à des ordres illégaux émanant de leurs supérieurs hiérarchiques), etc.», énumère le commissaire du gouvernement. A l’entendre, l’officier Konan Boniface qu’il a reçu à son retour d’exil n’a émis aucune réticence à l’idée de se soumettre aux questions du juge d’instruction dans le cadre de différentes affaires dans lesquelles il est nommément cité.

L’officier supérieur des Fanci lui aurait même confié qu’il allait s’attacher les services d’un avocat qui l’assisterait lors de son audition. «Le juge d’instruction a inculpé le colonel major Konan Boniface mais l’a laissé en liberté. On le poursuit à partir du moment où il a commis des infractions. On peut toujours le reprendre s’il y a des indices qu’il va s’enfuir pour échapper à la justice. S’il n’y a pas de garanties sérieuses, on le reprendra», a prévenu le procureur militaire. Interrogé sur le sens de sa décision en porte-à-faux avec la déclaration du ministre Paul Koffi Koffi, qui a assuré que les militaires exilés qu’il a rencontrés au Ghana ne devraient pas être inquiétés à leur retour, Ange Kessi a indiqué que sa juridiction doit faire son travail.

Quitte à l’Etat, à travers le ministre de la Défense à qui le procureur militaire rend compte, de décider de ne pas engager de poursuites contre Konan Boniface, Sama Henri César et autres officiers qui ont cru en la «bonne foi» du régime Ouattara. Vu la nature des faits qui leur sont reprochés et la volonté du pouvoir en place de punir tous ceux qui sont accusés d’avoir soutenu le régime Gbagbo, on peut dire déjà que la porte de la prison s’ouvre pour ces officiers.
 

Ils sont désormais tenus à la barbichette par le Premier ministre Guillaume Soro, ministre de la Défense, qui peut décider à tout moment du sort à leur réserver. Selon le procureur militaire, l’instruction est déjà terminée pour ce qui concerne les affaires relatives à l’assassinat du colonel major Dosso Adama, du soldat nigérien de l’Onuci et de monsieur Cissé Amara, l’oncle de l’actuel chef de l’Etat. Le juge d’instruction continue cependant de travailler sur des dossiers comme l’affaire des 7 femmes tuées par un obus à Abobo ou l’affaire Adou Donga et Zoh Loua, du nom d’officiers accusés d’atteinte à la sûreté nationale. Dans le  cadre de cette dernière affaire, Ange Kessi souligne que l’instruction est terminée et le dossier est sur la table du ministre de la Défense dont il attend les consignes pour la suite du dossier.
 

Pour l’heure, ils sont toujours en garde à vue prolongée qui n’a pas encore excédé le délai légal de 10 jours. D’ici deux à trois mois au plus tard, a-t-il précisé, les premiers procès auront lieu.

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