12/08/2011 20:25:04
Affrontement entre les hommes de Wattao et Zakaria
Les éléments du Cdt Wattao et ceux du Cdt Koné Zakaria se sont affrontés mercredi dernier à Marcory, créant une peur-panique chez les populations de cette zone. 48 heures après, les Ivoiriens attendent toujours les sanctions du chef suprême des armées, Alassane Ouattara, contre ces deux «gradés» des Frci.
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Les éléments du Cdt Wattao et ceux du Cdt Koné Zakaria(photo) se sont affrontés mercredi dernier à Marcory, créant une peur-panique chez les populations de cette zone. 48 heures après, les Ivoiriens attendent toujours les sanctions du chef suprême des armées, Alassane Ouattara, contre ces deux «gradés» des Frci.

Des éléments du commandant Wattao, emmenés par le commandant Sansan et ceux du commandant Koné Zakaria, dirigés par un certain Robot se sont affrontés mercredi dernier à Marcory Zone 4.

Créant la psychose et la peur chez les riverains. Après ce grave incident, jusqu’à hier encore, aucune sanction n’avait été prise, aucune interpellation n’avait été effectuée, par le chef d’état-major général des Frci Soumaïla Bakayoko, à l’encontre des premiers responsables des unités qui se sont adonnées à un véritable film western dans les rues de Marcory zone 4.

Il y a une semaine, avec la nomination des commandants à la tête des différentes unités de l’armée, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, avait déclaré que cela permettrait de situer les responsabilités si d’aventure des fautes étaient commises par des éléments d’une quelconque unité des Frci. Mercredi dernier, des éléments du Cdt Wattao, Commandant adjoint de la Garde républicaine, et ceux du Cdt Koné Zakaria, de l’unité des Forces spéciales, se sont tirés dessus en pleine ville. Et jusque là, ni le Cema général ni Alassane Ouattara, chef suprême des armées n’ont levé le petit doigt, pour infliger une sanction exemplaire, qui pourrait faire redescendre sur terre les Frci qui par leurs agissements au quotidien, se croient au dessus des lois et tout permis.

Des actes qui ne sont pas de nature à encourager le retour des investisseurs et à garantir un environnement favorable des affaires, au moment où le pays en a le plus besoin. Ouattara, pour une fois, se doit de frapper fort et rassurer les potentiels investisseurs. Hier encore, Mamadou Koulibaly dénonçait cet état d’insécurité et de laisser-aller, où des hommes en armes se permettent de se tirer dessus en plein jour. «La situation est en ce moment peu rassurante. Parce que lorsque deux chefs de guerre se tirent les uns sur les autres à Marcory, j’aurais bien voulu voir ces deux chefs de guerre arrêtés et jetés en prison», a déploré le président de Lider.

Parce que selon lui, ils (les éléments Frci, ndlr) mettent en péril la vie des citoyens, troublent l’ordre public, portent atteinte à la sécurité du pays. «Or, depuis que cela s’est passé, je n’ai pas entendu qu’ils ont été mis aux arrêts. Nul n’est au dessus de la loi, c’est cela l’état de droit », a fait savoir Koulibaly. Au mois de mai dernier, selon les rapports des Ong internationales, c’est sous les ordres du Cdt Chérif Ousmane que des exactions ont été commises dans la commune de Yopougon. Et ces mêmes organisations ont dénoncé la promotion des commandants impliqués dans des exactions contre les populations civiles. Si pour un dysfonctionnement à la Rti, Ouattara a viré Brou Aka Pascal, le Dg d’alors, comment comprendre son mutisme devant ces affrontements entre éléments Frci ? A moins de se faire une raison, et d’admettre que la fameuse « rigueur » que chantent les griots officiels du régime, s’arrête à la porte des FRCI. Qui se révèlent intouchables.

Wattao – Zakaria : aux origines de la haine

Ce qui est le plus inquiétant dans le « western » auquel se sont livrés à Abidjan les éléments de Wattao et de Koné Zakaria est le fait qu’ils ne font que transposer à Abidjan leurs mauvaises habitudes et leurs rivalités meurtrières. En effet, les troupes de ces deux chefs de guerre se sont déjà affrontées, dans un carnaval de sang en mai 2008 à Séguéla et à Kani. Beaucoup de sang a coulé. Et Koné Zakaria, indésirable pour des raisons à la fois économiques – le contrôle de la zone de Vavoua et de la contrebande de cacao – et politiques – il était en rébellion contre le choix de Soro de négocier avec le président Gbagbo –, avait pris la fuite vers le Burkina Faso. Pays où il a vécu en semi-liberté pour être, finalement, « relâché » au nom de l’alliance contre «le grand méchant Gbagbo», à l’occasion de la crise post-électorale.

Aujourd’hui, Ouattara est au pouvoir, la rébellion a «payé». Mais les haines intestines ne sont pas mortes. Et menacent la paix sociale et les paisibles populations qui risquent de payer pour des considérations qui les dépassent totalement.

Focal. Exécution sommaire, viol, racket...: L’Onuci cloue les Frci au pilori

Il ne se passe pas de jour sans qu’on ne signale des manquements – le mot est faible – des Forces républicaines de Côte d’Ivoire sur les populations, qu’elles sont pourtant censées protéger. Après les organisations internationales de défense des droits de l’homme qui dénoncent, à longueur de rapports, les exactions de la nouvelle armée de Côte d’Ivoire, c’est au tour de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire de tirer la sonnette d’alarme. La Division des droits de l’homme de l’Onuci a en effet, au cours de sa conférence de presse hebdomadaire, dressé un tableau sombre des comportements et actes graves commis par les Frci, selon des enquêtes de terrain menées par ses 13 bureaux régionaux. Il en ressort que les éléments sous les ordres du général Soumaila Bakayoko, chef d’état- major des Frci, se sont rendu coupables d’exécutions extrajudiciaires, de viols, d’arrestations et de détentions illégales...

«Les violations commises incluent des cas avérés d’exécutions sommaires, extrajudiciaires, des arrestations et détentions illégales, des cas de libération des personnes moyennant des sommes d’argent, des cas d’extorsion et des cas de rackets dont sont victimes de nombreux transporteurs», a précisé M. Ngefa. Ces crimes odieux commis entre le 11 juillet et le 10 août ne se limitent pas seulement à Abidjan, mais dans l’ensemble du pays, à en croire le responsable onusien.

«Pendant la période en revue, 26 personnes, dont un enfant de 17 mois, ont été sommairement exécutées à Biéby (40 km d’Azopé), Daobly/Ponan (120 km au sud est de Duekoué), Doba (90 km au nord de San-Pedro), Guetuezon (42 km de Daloa), Guitrozon (5 km de Duekoué) et à Yopougon. Par ailleurs, huit fosses communes ont été découvertes aux alentours de trois établissements scolaires dans la commune de Yopougon à Abidjan. Le nombre exact de corps enterrés dans ces fosses communes n’a pu être déterminé», dénonce le fonctionnaire international préposé aux droits de l’Homme. La liste n’est pas exhaustive et le chapelet long à égrener. Cette énième interpellation des autorités ivoiriennes sur les crimes de leur bras armé tombera-t-elle dans des oreilles de sourds comme ce fut le cas pour les rapports des Ong de défense des droits de l’Homme ? Gageons que non.

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