20/07/2009 12:20:22
Gabon : Ali Ben Bongo Ondimba, un fils du sérail qui s'est fait un prénom
LIBREVILLE — Ali Ben Bongo Ondimba, investi dimanche candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle du 30 août au Gabon, est un enfant du sérail, réputé ambitieux, ayant réussi à se faire un prénom à côté de son père, Omar Bongo Ondimba, et au sein d'une nombreuse fratrie.
AFP
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Physique de lutteur, calvitie naissante dans des cheveux frisés sans être crépus ("curly") et tempes grisonnantes, "Ali B." ou "le fils B." -certains de ses surnoms- a passé la moitié de ses 50 ans dans les arcanes du pouvoir.
Né Alain Bernard Bongo le 9 février 1959 à Brazzaville (Congo), où son père effectuait son service militaire dans l'armée française, il prend le prénom d'Ali en se convertissant plus tard à l'islam.

Il fait ses études primaires à Libreville avant de se rendre en France, où il obtient le baccalauréat puis un doctorat en droit, en tentant parallèlement une carrière dans la musique où exerce déjà sa mère, Joséphine Kama alias Patience Dabany. Il a au moins un album à son actif, "A Brand New Man" (1977), produit par l'ex-manageur de James Brown, Charles Bobitt.

De retour au Gabon, il est nommé en avril 1984 représentant personnel du chef de l'Etat, président-fondateur du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir). En 1987, il est promu haut représentant personnel du chef de l'Etat, poste qu'il occupe jusqu'en août 1989.

Pour ses fonctions, il participe souvent aux missions à l'étranger, se constituant un important carnet d'adresses et, dit-on, des relations étroites dans le monde arabe et en Amérique. Il parlerait d'ailleurs couramment l'arabe, en plus de l'anglais.

En août 1989, il entre comme ministre des Affaires étrangères au gouvernement, qu'il est cependant obligé de quitter en mars 1991 aux termes d'une nouvelle Constitution: il faut désormais avoir 35 ans minimum pour être ministre, il en a 32.

Retour au gouvernement en 1999 et, depuis, il détient le même portefeuille: celui, stratégique, de la Défense. Entre-temps, il fait du chemin au sein du PDG, bousculant la vieille garde avec ses amis partisans du renouveau.
Dans la fratrie réputée nombreuse mais dont personne ne se hasarde à donner le chiffre, cet homme peu loquace dans les médias s'est aussi fait un prénom, avec sa soeur aînée Pascaline, 53 ans, les deux enfants Bongo les plus en vue.

Pascaline Mferri Bongo a été directrice de cabinet de leur père de 1994 jusqu'à son décès, officiellement le 8 juin.

Omar Bongo a régulièrement dit d'eux qu'ils devaient leur poste à leur mérite et non à leur filiation. "Ce n'est pas parce qu'ils sont fils ou filles de président qu'ils ne doivent pas pouvoir occuper d'importantes fonctions", justifiait-il dans un livre d'entretiens avec Christian Casteran paru en 1994.

Avec les ambitions prêtées à Ali Bongo, grandissent les rumeurs lui attribuant des origines nigérianes et un passé d'orphelin de guerre du Biafra (sud-est du Nigeria).

Faux, répond-il finalement le 25 avril, après plusieurs années de silence.
"Quand je suis né, le Nigeria n'était même pas indépendant. Il (l')est devenu un an après et cette guerre du Biafra a commencé" en 1967, alors que "j'ai déjà 8 ans", déclare-t-il. "Mais je n'ai rien à prouver."

Dans les milieux politiques et la société civile, on assure qu'Ali Bongo avait vue sur le fauteuil présidentiel depuis longtemps et qu'il s'est au fil du temps donné les moyens d'y arriver.

Son investiture comme candidat à la présidentielle semble avoir cristallisé des mécontentements au PDG. Deux "barons" du parti, André Mba Obame, son ami de longue date et témoin de mariage, ainsi que l'ex-Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, ont défié son choix et se sont déclarés en course, sans étiquette.

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