20/07/2009 12:29:38
Gabon : L'ex PM Eyéghé Ndong devenu justicier?
Premier démissionnaire du gouvernement depuis le début de l'annonce des candidatures à l'élection présidentielle, Jean Ey éghé Ndong, l'ancien premier ministre, a motivé son départ du Parti démocratique gabonais (PDG) en dénonçant une désignation irrégulière du «candidat du consensus». En mettant en avant le rétablissement de l'ordre démocratique, Jean Eyéghé Ndong s'est positionné en «justicier» pour ce scrutin crucial de l'histoire politique du pays.
Gaboneco
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Le départ le 17 juillet de Jean Eyéghé Ndong du Parti démocratique gabonais (PDG), dont il était le 2e vice-président, a confirmé la dislocation du parti, dont l'ancien premier ministre attribue la faute aux manipulations internes.

Intervenant à la télévision nationale après sa double démission de ses fonctions de premier ministre et de membre du PDG, pour présenter sa candidature en indépendant à l'élection présidentielle, Jean Ey éghé Ndong a fustigé l'attitude des cadres du parti.

«Si je persiste à être candidat, si je démissionne de mes fonctions de premier ministre, chef du gouvernement, c'est parce que j'ai observé qu'au lendemain de l'annonce de la mort du président Bongo, certains compatriotes, membres éminents du PDG et détenteurs de grandes fonctions au sein de l'État, se sont mis dans une logique de désunion du parti et de déstabilisation de l'État. Je voudrais donc combattre ce genre de comportement», a expliqué Jean Eyéghé Ndong.

«Mes camarades qui ont été écartés, je n'ai jamais su sur quelle base ils ont été éliminés. A quel moment avons-nous pris part à une séance de recherche du consensus ? C'est la même chose pour les quatre qui sont restés en lice. Il n'y a pas eu de consensus, mon positionnement en tant que candidat indépendant ne vise pas le camarade qui a été désigné. Je m’insurge contre la non application du consensus», a affirmé le 2e vice-président démissionnaire du PDG.

Un autre hiérarque du PDG a claqué la porte du parti le 17 juillet dernier, André Mba Obame, le dernier ministre de l'Intérieur de Bongo Ondimba, qui a également annoncé, depuis Barcelone, en Espagne, sa candidature à l'élection présidentielle.

«Au niveau de notre parti, il se pose un vrai problème de respect des statuts. Est-ce que la démarche qui a consisté à regrouper le comité permanent et le comité de concertation pour agir en lieu et place du président fondateur disparu, est-ce cette démarche juridique était légitime ?», a questionné le premier ministre démissionnaire.

«La démarche juridique aurait voulu que l'on se retrouve en congrès pour respecter le parallélisme des formes, mais tel n'a pas été le cas, c'est aussi un problème grave», ajoute monsieur Eyéghé Ndong.

«je maintiens ma candidature, (...) je tire toutes les conséquences liées à cette décision», a conclu le premier ministre, précisant que sa candidature s’inscrit dans le cadre de «la justice véritable».

«Nous sommes dans une compétition en principes, en principes, démocratique», a-t-il insisté de manière sceptique.

Insistant sur l'importance du principe de justice sociale, le candidat à l'élection a enfin esquissé son projet politique en expliquant que les défis des autorités qui seront placées à la tête du pays seront de «récolter des richesses ainsi que des ressources financières et mettre en place des mécanismes qui permettent de les redistribuer de manière équitable à travers une offre de santé performante, via la mise à disposition d’un habitat décent à l’ensemble de la population et une formation permettant aux enfants des familles défavorisées d’avoir les mêmes chances que les autres enfants afin d’être des ingénieurs, des professeurs, pilotes de ligne demain. C’est ça la justice sociale».

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE