15/04/2009 16:27:00
Universités d'État : la grève se poursuit
Illustration à l'université de Yaoundé I, la  Faculté des sciences  paralysée à 75%, au  2ème jour du mouvement lancée par le Synes.
Le Jour
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Il faut être honnête. La grève des enseignants est effective au sein de mon établissement. 75% des cours ne sont pas dispensés». L’aveu est du doyen de la faculté des sciences de l’université de Yaoundé I, Bitjong Ndombol.
Hier, 14 avril 2009, l’on était au 2ème jour de la grève lancée par le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes). Le doyen avoue aussi que la veille, la faculté était paralysée à 87%.

De nombreux enseignants étaient présents dans le campus de Ngoa-Ekelle, contrairement au premier jour de leur mouvement où ils étaient rares. Pourtant, très peu sont allés dans les salles de cours. Certains étaient plutôt au service financier sis  à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines. Vers 15h, cinq enseignants se sont retrouvés devant la porte de ce service.  «Nous sommes là pour percevoir de l’argent», lance un d’eux, sans autre  précision.  En attendant d’être reçus, les collègues discutent de la grève.  Mais personne ne souhaite se prononcer à visage découvert.  Ils se contentent juste de se plaindre de leur sort. «Devions-nous arriver jusqu’à la grève ?», s’interroge un membre du groupe avant de renchérir que «le corps des enseignants devrait être le plus respecté. Or, c’est le contraire au Cameroun. La preuve, nous voici en train de faire le pied de grue devant un bureau pour percevoir notre argent».  Même attitude d’un autre enseignant, membre du Synes, rencontré plus tard, qui évite aussi de s’exprimer sur la grève: «Je suis un simple adhérent. Seuls les membres du bureau peuvent s’exprimer sans crainte de s’attirer  des foudres »,  explique-t-il.

Les étudiants, pour leur part, sont moins nombreux dans le campus  que le premier jour de grève. Ils y sont éparpillés, réunis par petits groupes qui discutent de trivialités. Il y en a même qui chantent,  dansent et rient aux éclats dans une salle en Faculté des sciences. Beaucoup ne sont toujours pas au courant de la grève des leurs enseignants. «J’ignore les raisons de ce mouvement. Mais je suis déçue de constater que personne ne prend les étudiants  en considération. Nous n’avons pas été informés de la grève. On s’en fout que nous venions nous promener dans le campus», déplore Sandrine de 5ème année chimie. «Les enseignants sont fondés à réclamer l’amélioration de leur niveau de salaires et leurs conditions de travail. Je suis de tout cœur avec eux, même si ça me pénalise», déclare une autre étudiante de 3ème année sociologie.  Plusieurs étudiants mettent aussi à profit ce temps d’arrêt des cours pour étudier davantage. Ils sont nombreux dans les salles de cours.  «Depuis la rentrée du second semestre (le 23 mars 2009, ndlr), j’ai suffisamment de matière à lire», relève Maurice de1ère de Chimie.

Assongmo Necdem

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