30/08/2011 03:20:58
Agboville : Les Frci s'invitent dans des funérailles et font un mort
Tout est parti du décès de Kotchi N’Gbesso. Une mort jugée « non naturelle » par les villageois. Les « fétiches » sont appelés à la rescousse pour trouver le responsable de la mort. Par des procédés mystiques ancrés dans la tradition de ce village, les fétiches désignent Kouamé Marcel qui serait passé aux aveux, selon les témoins sur place...
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Grand-Morié, sous-préfecture d’Agboville, a connu des heures chaudes samedi  dernier. Résultat des courses, un mort et de nombreux blessés au nombre desquels des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci).

Tout est parti du décès de Kotchi N’Gbesso. Une mort jugée ‘‘non naturelle’’ par les villageois. Les ‘‘fétiches’’ sont appelés à la rescousse pour trouver le responsable de la mort. Par des procédés mystiques ancrés dans la tradition de ce village, les fétiches désignent Kouamé Marcel qui serait passé aux aveux, selon les témoins sur place. Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire des villageois qui se précipitent au domicile du mis en cause pour mettre sa maison à sac.

Informé de la situation par un proche de la famille de M. Kouamé, un élément des Frci basé dans le village vient s’interposer en tirant en l’air pour disperser la foule. S’ensuit alors une bagarre indescriptible au cours de laquelle le soldat est passé à tabac. D’autres Frci viennent en renfort. Tous les jeunes du village sont pris pour cible. Le jeune N’Dré n’aura pas de chance. Poignardé par un soldat Frci, il décédera quelques heures plus tard. Grand-Morié était encore en émoi ce dimanche à la suite de ce drame.

Focal. Grogne contre les Frci : Les Gbaka de Bingerville débrayent

Les éléments des forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) continuent de faire parler d’eux, en dépit des mises en garde des ministres de l’Intérieur Hamed Bakayoko et délégué à la Défense Paul Koffi Koffi, bien impuissants à les contenir. Ils se sont donné en spectacle, comme cela est fréquent, dans l’aprèsmidi du samedi 28 août dernier, à l’entrée de la ville de Bingerville. Selon les témoins, il est 16h quand le Gbaka conduit par un certain «Rougeot», en provenance d’Adjamé, pointe au barrage tenu à cet endroit par les Frci. Après lui avoir retiré ses pièces pour le contrôle d’usage, les Frci lui intiment de s’acquitter d’un droit de passage qui s’élèverait à 2000 Fcfa. Face au refus du conducteur de se soumettre à leur diktat, les Frci décident de lui faire passer un sale quart d’heure. Rougeot se débat et réussit à s’échapper.

Une battue est aussitôt organisée pour le rattraper et lui faire payer son zèle. Rougeot ne devra son salut qu’à l’agilité de ses jambes. Informés, des chauffeurs de la ligne Adjamé-Bingerville qui ne cachent pas leur ras-le-bol face aux abus et racket des Frci décident de marquer leur solidarité avec Rougeot. Tous dénoncent le comportement des «militaires» dont la plupart sont pourtant d’anciens conducteurs ou apprentis de Gbaka,
mécaniciens, menuisiers, etc.

Dans les instants qui suivent, et alors que leur collègue est encore recherché, plusieurs dizaines de gbakas rallient l’entrée de la ville. Une fois sur place, les chauffeurs font stationner leurs véhicules en pleine chaussée, barrant ainsi la voie. Impossible dès lors d’accéder à la ville de Bingerville par voiture. Et la situation restera en l’état jusqu’à ce que les Frci décident d’abandonner la traque contre Rougeot. Les usagers, contraints à la marche, marqueront également leur soutien aux chauffeurs qui ont débrayé à l’improviste pour manifester contre le racket et la brutalité des Frci. Il aura fallu plus d’une heure, soit au-delà de 17 heures, pour que les Frci entendent raison et que les Gbaka acceptent de dégager la voie.

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