31/08/2011 04:02:58
Les églises du Cameroun contre les ingérences de la communauté internationale.
Toutes tendances confondues, les églises du Cameroun sont contre contre les ingérences de la communauté internationale.
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Toutes tendances confondues, les églises du Cameroun sont contre contre les ingérences de la communauté internationale.

Au cours de son récent séjour en Chine, le président de la République, Paul Biya a ouvert les hostilités en assénant dans le discours qu’il a prononcé, son opposition aux frappes des forces de l’Organisation de l’alliance atlantique (Otan) en Libye. Si la réaction de certains pays parmi les plus représentatifs de la communauté internationale (la France notamment), ne s’est pas fait attendre. Des observateurs avertis se sont étonnés de cette sortie du chef de l’Etat du Cameroun (dont la position sur chaque situation de niveau international, est par ailleurs attendue), si souvent silencieux et à la limite indifférent aux nombreuses préoccupations de sa sous région.

Comme dans une scène suffisamment bien répétée, les églises du Cameroun allaient se passer le mot. «Pour que la prochaine élection soit bien menée, nous devons tous savoir et admettre que l'avenir du Cameroun est entre nos mains. Le Cameroun sera ce que nous en aurons fait». Propos du président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc), Mgr Joseph Atanga, vendredi 22 juillet 2011 lors de la présentation officielle de la «Lettre pastorale des évêques du Cameroun à l'occasion de l'élection présidentielle de 2011». Selon l'archevêque de Bertoua, «nous ne devons pas céder à la mode extérieure en exposant notre pays aux ingérences étrangères».


Comme pour voler à son secours, Mgr Joseph Befe Ateba, président nouvellement en exercice du Conseil national de la communication (Cnc), dira à l’occasion, qu’il n'est pas question que l'orientation politique nationale soit dictée par «les étrangers» comme cela a été le cas dans «certains pays africains». Mgr Atanga affirmera que l'Eglise catholique a «des préjugés favorables» vis-à-vis des observateurs internationaux. Tout en disant sans ambages son préjugé quant à la manipulation dont ceux pourrait servir à l’opinion. Il ne s’agit «pas donner l'impression qu'ils ont déjà fait leur jeu». En outre, «la communauté internationale est invitée à respecter la souveraineté de l'Etat du Cameroun et une neutralité dans son processus électoral».

L’image du Cameroun

Sur la même lancée, jeudi, 28 juillet 2011, à l’occasion de l’ouverture de la 4e session de son conseil d’administration, le modérateur de la 54e assemblée générale de l’Epc (Eglise presbytérienne camerounaise), le Rev. Eric Célestin Lebgan, a profité d’un échange avec la presse pour donner la position de cette église sur la prochaine élection présidentielle. «L’Eglise presbytérienne camerounaise, dit-il, appelle tous les Camerounais à rechercher la paix, l’unité et le respect de leur propre constitution; à rejeter énergiquement toutes les forces internes ou externes de la division pour que le peuple camerounais garde fidèlement la trajectoire de son histoire». Quelques phrases plus loin, il met en garde contre les écueils qui pourraient soulever des étincelles. «Par conséquent, évitons le juridisme, évitons les faux débats qui pourraient nous éloigner des préoccupations réelles du peuple camerounais».

Arguant que le Cameroun est un Etat souverain, le Rev a exhorté les Camerounais être contre tous ceux qui «boycottent l’image du Cameroun». Déjà, lors du comice agro-pastoral d’Ebolowa, l’Eglise presbytérienne camerounaise (Epc), conduite par le modérateur de l’Assemblée générale, le Rev Jean Libom Li Likeng, s’était déjà dit prête à aider le chef de l’Etat à maintenir la paix au Cameroun. L’Epc avait aussi relevé sa contribution dans l’édification du Cameroun, rappelant notamment que l’hymne national est l’oeuvre des écoliers de Foulassi au sein d’une institution de l’Epc. Le Rev Libom Li Likeng avait enfin appelé le peuple des baptisés à «défendre le Cameroun contre toute velléité expansionniste».

Dans les cinq recueils déjà publiés de «Paul Biya, l’appel du peuple», cinq motions de soutien venant des institutions religieuses y sont recensées. La plupart d’entre elles sont signées de plusieurs organisations musulmanes dont «les imams du Cameroun» ou encore «L’Union islamique du Cameroun». L’une et l’autre sont contre «la démarche qui consiste à imposer un régime politique au Cameroun».

Parmi les deux organisations chrétiennes, l’on note. «L’Association pastorale pour la paix, la liberté et la démocratie au sein de la communauté pentecôtiste du Cameroun», ainsi que «l’Eglise de Jésus-Christ internationale». Cette dernière en particulier, dans sa déclaration, en plus de prier Paul Biya d’être son «candidat à la prochaine présidentielle», se tient près pour «la lutte contre la domination et les courants de la communauté internationale».

Léger Ntiga

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