01/09/2011 18:23:49
Les confidences de Paul Biya ban Ki Moon?
Lors de son récent séjour genevois, le président camerounais aurait rencontré le secrétaire général de l’ONU. C'est en tout cas ce qu'affirme le journal « Emergence»
Emergence
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L’on sait maintenant avec exactitude qu’entre la fin de sa visite d’Etat en Chine le 22 juillet et son retour au Cameroun le 16 août, le président camerounais Paul Biya se trouvait à Genève en Suisse.

D’ailleurs, il y a quelques jours dans ces mêmes colonnes, nous signalions déjà que, selon nos informations rapportées par des sources en Suisse, le président Biya rencontrait certaines personnalités françaises et hauts diplomates à Genève.  Parmi ces personnalités figurerait le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon . C’est ce que croit savoir « La Lettre du Continent », la publication très resautée de la rue Montmartre à Paris.

Selon ce journal, « les Nations Unies qui craignent un embrasement postélectoral font également pression pour un mandat négocié ». D’ailleurs, selon ce journal, le représentant spécial du secrétaire général et chef du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale s’est inquiété des éventuelles conséquences d’une réélection du président Biya. « Mêmes  appréhensions de la part du secrétaire général des Nations Unies, Ban Kimoon, qui a rencontré Paul Biya durant sa retraite genevoises ».

Ban à Genève ?

Paul Biya a-t-il vraiment rencontré Ban Ki-moon à Genève ? Le bureau des Nations Unies à Genève que nous avons contacté par téléphone nous indique que Ban Ki-moon a séjourné en Suisse « au début du mois de juillet à peu près ». Au bureau de des Nations Unies à New York, le service de l’information nous confirme que Ban Ki-moon s’est rendu à Genève entre le 18 et le 19 juillet dernier. « Officiellement, il s’y est rendu pour rencontrer le président de la  confédération suisse et pour assister à une réunion de l’Organisation Mondiale du Commerce sur l'initiative Aide au commerce ».

Cependant, l’on n’en sait pas plus sur le calendrier des activités privées du secrétaire général de l’ONU. Tout juste, l’on sait que Ban Ki-moon était de retour à New York le 26 juillet 2011 où il a rencontré le Vice- Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn. Ce qui peut laisser présumer que, dans le cadre de ses activités privées, il ait  effectivement rencontré Paul Biya. Le président camerounais a quitté la Chine pour la Suisse le 22 juillet.

Confidences

En tout cas, le journal de la rue Montmartre indique que Paul Biya a bel et bien confié à Ban Ki-moon qu’il a l’intention d’être candidat à l’élection présidentielle de 2011. Cependant, il lui aurait déclaré que ce serait son dernier mandat qu’il souhaite effectuer pour « assainir le climat politique ». Pour répondre aux pressions occidentales qui se font de plus en plus fortes pour qu’il passe la main, Paul Biya aurait rassuré Ban Ki-moon qu’il est en train de préparer sa succession. A cet effet, dans un délai de deux ans, il va abandonner la présidence du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) pour la confier à celui qui pourrait être son successeur. Après avoir quitté définitivement le pouvoir, le président Biya aurait manifesté son souhait de se retirer à Mvomeka’a, son village natal au sud du Cameroun.

Mandat négocié

Dans un contexte international très délicat, Paul Biya sait qu’il risque s’engager dans une élection risquée. Une élection à l’issue de laquelle, toute crise postélectorale pourrait déboucher sur une intervention de la communauté internationale. Il pourrait ainsi rater sa sortie. C’est d’ailleurs pourquoi, le président camerounais multiplie les offensives diplomatiques pour s’assurer d’une caution internationale à sa réélection. Il y a deux semaines, l’on apprenait par la voix du ministre français en charge de la Coopération, Henri de Raincourt, qu’une probable rencontre était envisagée entre les présidents Paul Biya et Nicolas Sarkozy. Seulement, le pouvoir français dont le président Biya ne rentre plus dans les petits calculs serait très hostile à une telle rencontre. Le but étant d’éviter qu’elle ne serve de paravent électoral au chef d’Etat camerounais au pouvoir depuis 29 ans.

D’ailleurs, à nos confrères de Jeune Afrique, Henri de  Raincourt expliquait qu’une poignée de mains entre les deux chefs d’Etat n’aurait aucun impact sur la présidentielle camerounaise. « Ce temps-là est fini » martelait le ministre français.

Un saut vers l’inconnu Le président Biya est donc en train de s’engager vers une élection sans avoir le soutien explicite de la communauté internationale. C’est d’ailleurs, souligne un observateur de la scène politique camerounaise, les tractations diplomatiques entre le prince d’Étoudi et les principales puissances mondiales qui seraient à l’origine  du flou que l’on observe à propos de la prochaine présidentielle. A quelques 6 à 7 semaines de l’échéance le parti du président Biya n’a pas encore officialisé son candidat à l‘élection.

Sur le plan interne, nos sources font état de ce que le revirement du SDF, principal parti de l’opposition qui appelle maintenant les Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales ne serait pas le fait du hasard. Deux milliards de francs CFA aurait été mis en jeu pour « ramollir » le chairman. Ce dernier bien sûr avait déjà démenti en affirmant qu’il n’a reçu ni pression, ni argent du pouvoir.


Oscar Onana

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