02/09/2011 04:23:24
...Que Bernard-Henry LÚvy n'est qu'un humaniste de papier.
Il a choisi son camp, niant la réalité des faits et leur cruauté. C’est le prix à payer pour pouvoir se pavaner dans les médias et afficher une gloriole aussi vaine que sa personne. Un prix, on ne plus dérisoire, puisque l’addition ce n’est pas lui qui devra l’honorer...
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Où se vérifie, une fois de plus, que Bernard-Henry Lévy n’est qu’un humaniste de papier.

Que faut-il retenir du dernier éditorial paru dans le Point le 25 aout* ,de notre philosophe-guerrier national ?
Apparemment rien que nous ne sachions déjà.

Il est de notoriété publique qu’il aime, tel Narcisse, à contempler son image de penseur infatué, se reflétant dans les eaux sombres de sa perpétuelle autosatisfaction. Fidèle à lui-même, il ne déroge pas le moins du monde à son personnage, et s'adonne à son exercice préféré et à ce qu'il sait faire de mieux: l'autocélébration...

Vanitasvanitatum et omniavanitas...

Nulle formule n’aura mieux qualifié l’œuvre grandiose et la personne de celui qui est devenu le penseur phare du nouvel impérialisme occidental. Dissimulant derrière le paravent d'un humanisme écœurant, la volonté de l’axe du bien d’imposer, coûte que coûte, son hégémonie et à travers elle le capitalisme financier, il est devenu le chantre d’une normalisation planétaire, imposée par la diplomatie des bombes. Lui, le rebelle de toutes les causes, de la sienne de préférence, est à présent le porte-étendard de ce droit d’ingérence camouflé sous une exigence morale pseudo-humaniste, justifiant la mort de civils innocents au nom de la démocratie.

You're not to be so blind with patriotism that you can't face reality. Wrong is wrong, no matter who does it or says it.



-Malcom X

Envers et contre tout, il persiste à présenter les brigands en babouches du CNT comme les défenseurs de valeurs humanistes.Ce sont démocrates d’un nouveau genre, ces alliés de la France sarkozyste, que libyens noirs et travailleurs immigrés d’Afrique subsaharienne savent être des bourreaux racistes.

Mais pour M. Bernard-Henri Lévy, ce n’est qu’un point de détail. Il a choisi son camp, niant la réalité des faits et leur cruauté. C’est le prix à payer pour pouvoir se pavaner dans les médias et afficher une gloriole aussi vaine que sa personne. Un prix, on ne plus dérisoire, puisque l’addition ce n’est pas lui qui devra l’honorer…

L'évangile selon Saint-BHL...

Du haut de son magistère de la philosophie jetable, il divise l’auditoire en deux groupes bien distincts. 
Les bons, c’est-à-dire les brebis égarées bercées par sa parole enrobée de vanité ou les va-t-en-guerre acquis à son impérialisme faussement humaniste, sont ceux soutiennent ou cautionnent son activisme. Les méchants, forcément amis des dictateurs et ignorants, fascinés par le pouvoir, sont ceux qui ne succombent pas à la pertinence de son argumentaire quasi christique.

Nous offrant une énième lecture du pauvre du "Discours sur la servitude volontaire" d’Etienne de La Boétie, il semble oublier que son auguste jugement est relatif, à l’instar de tout pouvoir tyrannique et n’est uniquement efficient que sur ceux qui acceptent de lui accorder une quelconque valeur. 

L’humilité commanderait à ce que les prises de position sur le devenir de la Libye soient plus nuancées. Pourtant, le triomphalisme adopté dans son éditorial tranche singulièrement avec la situation politique de la Libye. Il est insultant au regard la situation humanitaire, des libyens et des pauvres hères immigrés, dont le grand malheur est d’avoir la peau noire. 

Irresponsable...

Dans son panégyrique, ode à l’ingérence occidentale intéressée la plus méprisable, il passe par pertes et profits les victimes des bombardements de l’OTAN. Un philosophe qui se respecte ne peut contourner certains de ces questionnements qui interpellent tout homme de bien, à plus forte raison celui qui pense la société. 

La démocratie mérite-t-elle la mort d’un seul enfant, d’une seule femme, d’un seul homme ? La démocratie mérite-t-elle, par un renversement symbolique des principes qui la constituent, d’être imposée sans que les martyrs de son avènement aient eux-mêmes fait le choix du sacrifice de leur vie?

M. Bernard-Henri Lévy qui élude tout questionnement essentiel et qui s'arroge le droit de décider pour les autres, porte néanmoins une marque indélébile. La tache symbolique représentant ces libyens, enfants, femmes, hommes ou vieillards, morts de n’avoir pas pu choisi leur sort, morts de n’avoir été qu’un paramètre dans la lutte vouée à l’échec que l’Occident mène pour sa propre survie, morts de n’être que des détails insignifiants dans l’édification de l'image d’intellectuel de la vacuité, d'un cuistre mainstream célébré par des médias complaisants.

Adepte de la politique du pire...

Poussant son avantage temporaire, il plaide à mot couvert pour une nouvelle ingérence militaire, cette fois en direction de la Syrie! Visiblement ignorant des conséquences de la vision géopolitique, indigne du grand philosophe humaniste qu’il prétend incarner il rêve, après avoir convaincu Nicolas Sarkozy de faire sa guerre en Libye, que ce dernier lui octroie sa guerre en Syrie.

Il est dangereux pour la France, de voir sa politique internationale dictée par ce Don Quichotte de l’indignation people. On ne fraye pas sans risque avec les islamistes de tout poil s’étant agrégés aux troupes qui ont renversés Mouammar Kadhafi.

On ne crée pas, sans dommages collatéraux graves, des antagonismes profonds au sein d’un état aussi peu centralisé que la Libye. De même, on ne s’aventurera pas sans conséquences à moyen ou à court terme, en usant d’une politique impérialiste dans un pays tel que la Syrie, occupant une position stratégique dans l'équilibre du Moyen-Orient,  là où des frictions avec la Russie et la Chine sont une certitude.

M. Bernard-Henri Lévy et l’Occident, n’ont pas vocation à modeler le monde, à choisir pour les autres, à penser pour les autres. Quels que peuvent être les artifices utilisés pour motiver et enjoliver ce nouvel impérialisme, il n’en demeure pas moins criminel, dispendieux en vies humaines innocentes et infondé moralement et juridiquement.

Impérialisme, faux philosophe et vrai négrier...

En réponse à l’éditorial exsudant d’autosatisfaction de M. Bernard-Henri Lévy, des voix s’élèvent et s’élèveront nécessairement contre ceux qui prétendent détenir la vérité et en son nom, décider pour les autres. La démocratie, dans les pays du sud, n’a aucunement besoin de bombes occidentales pour s’imposer. Elle en a d’autant moins besoin que l’Occident, qui s’en veut le promoteur et le défenseur, est l’un de ses plus farouches adversaires.

Il en est le premier opposant, lorsque la démocratie se définit comme étant la possibilité véritable, pour les peuples du sud, de matérialiser leur autodétermination. Il en est l’adversaire résolu, lorsque mise en place elle se révèle, logiquement indissociable de la promotion d’intérêts, économiques et stratégiques,  fondamentalement opposés  aux siens.

Le Chili d’Allende est un exemple édifiant, du peu de cas que ces défenseurs opportunistes de l’exigence démocratique peuvent faire de cette dernière, quant à la raison d’état s’oppose la liberté de peuples "arriérés" ou "vassaux".

Dans ce même ordre d’idées, il est important de préciser que la famille de M. Lévy a bâti sa fortune à l’occasion du pillage de l’Afrique. Il est utile de souligner que ce pillage trouvait sa justification dans une raison d’état qui, de facto,  entraînât la négation des velléités d’émancipation des peuples africains.

Il est nécessaire d’ajouter que, les sociétés BECOB et SIVOBOIS (spécialisées dans l’exploitation de bois précieux et au sein desquelles M. Bernard-Henri Lévy a exercé des fonctions de direction), étaient réputées pour les conditions de travail, s’apparentant à de l’esclavage, qu’elles réservaient aux employés autochtones.

Critique de la déraison pure...

Ces éléments sont des preuves accablantes, démontrant la morale relative de celui qui s’est fixé pour objectif d’instaurer la démocratie dans le monde arabe. Ils sont évidemment emblématiques de l’absence de probité de l’escroc intellectuel qui impulse aujourd’hui pour partie, la politique arabe de la France.

Les français sont bien mal inspirés de voir en lui l’intrépide défenseur de valeurs qu’il n’était pas à même de promouvoir, dans le cadre de sa gestion des affaires familiales. Si  le diable peut revêtir des atours séduisants (chemises immaculées et costumes impeccables), user de belles paroles sur un ton didactique (envolées lyriques lénifiantes et rasantes au possible), il n’en reste pas moins le diable.

Bernard-Henri Lévy n’est cependant pas le seul à blâmer. Il est à l’image de notre société de dissimulation et d’hypocrisie, où mérite, probité et exemplarité se mesurent à l’aune de l’importance du compte en banque et de la nature, plus ou moins cordiale, de rapports incestueux entretenus avec les cercles médiatiques. Qualités et avantages que possède M. Bernard-Henri Lévy, pour le plus grand malheur du peuple libyen...

La neutralisation du vice par la vertu...

Un homme amoral et superficiel, possédant un tel passif, ne peut être porteur de principes tels que la liberté et la démocratie. Un homme se réclamant d’un droit d’ingérence**, qui n’est rien d’autre que le droit du plus fort, ne peut-être un défenseur de l’autodétermination des peuples.

L’affirmer et le soutenir, serait faire injure à ceux qui à travers le monde se battent, dans l’indifférence générale ou le non-dit, pour la promotion de la démocratie et le libre-arbitre de leur peuple. La dialectique de Bernard-Henri Lévy, si elle peut être séduisante pour certains et par instant, n’est que tartuferie et sempiternelle campagne d’auto-promotion.S’opposer à cette dernière est de l’ordre de l’essentiel, de l’ordre de ce qui est juste, de l’ordre de ce qui est fondamental.

L’aveuglement en cette matière, quel que soit sa source est une faute. Lorsque des vies humaines et le destin de peuples sont en jeu, l’aspect formel ne peut et ne doit primer sur le fond, qui n’est en définitive, que le respect et la défense des principes qui fondent notre société.

Bernard-Henry Lévy, dont la superficialité n’a d’égale que la vanité, n’est qu’un philosophe de papier. Ses gesticulations et prises de positions sont à la mesure de sa réflexion : inutiles, nauséabondes et pernicieuses. Le patriotisme et la fierté d’être français ne peuvent expliquer que l’on fasse notre son analyse.

"You're not to be so blind with patriotism that you can't face reality. Wrong is wrong, no matter who does it or says it." Malcolm X



Ahouansou Séyivé

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* http://www.lepoint.fr/editos-du-point/bernard-henri-levy/ou-se-verifie-une-fois-de-plus-que-les-dictateurs-sont-des-tigres-de-papier-25-08-2011-1365996_69.php

**Bernard-Henri Lévy: "L'idée d'une universalité des droits qui ne serait plus simple vœu pieux mais ardente obligation pour quiconque croit vraiment en l'unité de l'espèce humaine et en la vertu du droit d'ingérence qui en est le corollaire". Tiré de l'éditorial du Point du 25 août.

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