02/09/2011 14:02:30
Attention, président dangereux
On sait que ce n'est pas la première fois qu'un dirigeant en difficulté intérieure cherche une diversion extérieure. Et Nicolas Sarkozy a tant de choses à faire oublier aux Français : l'endettement-fuite en avant, le chômage qui croit, la croissance en coma, ses compromissions avec les puissances d'argent, et jusqu'à son style et sa personne.
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Le pouvoir à Damas aurait tort de croire qu'il est protégé de son propre peuple. Le président syrien a commis l'irréparable. La France, avec ses  partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie.
   - Nicolas Sarkozy  

Cette mâle déclaration émane de Nicolas Sarkozy qui s'exprimait mercredi 31 août devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France.

Visiblement, le président le plus impopulaire de la Ve République, le plus rejeté par l'opinion française, se sent « boosté » par sa « victoire » en Libye. « Victoire » qui, pour résumer, a consisté à faire faire par l'armée française le « sale boulot » de la diplomatie américaine, quitte à installer dans ce pays le chaos politique et économique et à mettre au pouvoir des renégats du précédent régime et des chefs tribaux liés à l'islamisme dur sinon pur. On peut même dire qu'avec la Libye, Sarkozy s'est offert son Irak à lui, avec les mêmes conséquences incalculables, mais prévisibles, sur l'équilibre non seulement de la Libye mais encore de la région - cf les tensions entre l'Algérie et le CNT, pour ne parler des tensions intra-CNT, ni de la persistance de la résistance kadhafiste. 
Et donc, le président de la dette record et de la croissance zéro, se rêve déjà en Bush Jr - non pardon, en Obama, c'est, relativement, plus « vendeur » - apportant la démocratie au peuple syrien. Qui n'est pas le seul à bénéficier de la sollicitude sarkozyste : l'honorable correspondant de l'OTAN et de la Maison Blanche à l'Elysée n'a pas exclu « une attaque préventive » contre les installations nucléaires de l'Iran si celui-ci persistait à se donner les moyens de son indépendance dans ce domaine. On peut dire que si ça continue, c'est Obama et Clinton qui vont devoir calmer le zèle du « meilleur élève » - du « fayot » ? - de la classe OTAN.

Etes vous moins gaulliste - et gaullien - que lui ?

On sait que Nicolas Sarkozy s'est donné beaucoup de mal, depuis son arrivée au pouvoir, pour faire oublier jusqu'au souvenir de de Gaulle, tant en  ce qui concerne la dignité de la fonction présidentielle que l'indépendance nationale, notamment vis-à-vis de l'imperium américain. 

On sait que ce n'est pas la première fois qu'un dirigeant en difficulté intérieure cherche une diversion extérieure. Et Nicolas Sarkozy a tant de choses à faire oublier aux Français : l'endettement-fuite en avant, le chômage qui croit, la croissance en coma, ses compromissions avec les puissances d'argent, et jusqu'à son style et sa personne. Mais aussi, puisqu'on parle de « théâtre d'opérations extérieures », les soldats qui tombent en Afghanistan dans une guerre perdue pratiquement dès le début, et encore ses excellentes relations avec les tyranneaux pro-occidentaux Ben Ali, Moubarak et... Kadhafi, au fait ! Avec ses guerres en Afghanistan, puis en Libye, Sarkozy espérait se donner - enfin - une stature de grand homme. Et se refaire une virginité humaniste et démocratique. Mais le costume de grand homme et de grand stratège géopolitique est décidément surdimensionné pour sa personne. Quand on entend cet homme donner des leçons de civilisation et proférer des menaces d'Oncle Sam, on pense irrésistiblement à ce personnage d'une chanson de Jacques Brel, « qui voudrait bien avoir l'air, mais qu'a pas l'air du tout ! »

Vivement le Printemps !

Au fait, puisqu'on a commencé cet article avec la Syrie, revenons-y. Bachar al-Assad n'a pas à se protéger de son peuple. Parce que celui-ci, dans sa majorité - et pour des raisons diverses - voit en lui le seul homme capable de conduire le pays vers une forme de démocratisation adaptée aux réalités du terrain et aux circonstance de l'heure. Parce que le peuple syrien, dans son énorme majorité - ce qui inclut une bonne part des opposants - ne veut pas que la Syrie devienne un nouvel Irak par la faute de Bush au petit pied comme l'hôte provisoire de l'Elysée. Si ce que Sarkozy et ses clones européens disaient de la Syrie était vrai, le régime se serait désintégré depuis six mois. Or, aucune défection significative n'est intervenue, et même la contestation radicale s'est essoufflée. Et ce moins par la répression que par le refus par la grande majorité des Syriens du chaos et de l'ingérence étrangère. 
Et pourtant, nous autres Français, comprenons parfaitement la nécessité de changements : le peuple français peut lui aussi voir son « printemps ». En 2012. 

http://www.infosyrie.fr

 

 

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