05/09/2011 05:43:38
Faure - Biya - Kabila. Objectif final : s'incruster au pouvoir
Au Togo, en Rdc ou au Cameroun, soit tu aimes les règnes sans fin des présidents, soit tu les quittes...
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Les moeurs politiques gardent leur cap en Afrique francophone en dépit du fait que nous vivons dans un nouveau millénaire. Au moment où leurs peuples aspirent légitimement à des alternances pacifiques et propices au développement de leurs Etats, des dirigeants d’Afrique francophone comme Faure Gnassingbé du Togo, Paul Biya du Cameroun et Joseph Kabila (de la Rdc) s’adonnent à de tout autres calculs.

Faure Gnassingbé n’est pas pressé de voir son pays rentrer dans le gotha des Nations africaines qui ont réussi avec brio des alternances politiques pacifiques. Ces lignes sont loin d’être des procès d’intention. Les faits et gestes du plus jeune président d’Afrique de l’ouest le démontrent à suffisance. Les réformes constitutionnelles censées mettre fin à la non-limitation de mandat qui caractérise en ce moment la Constitution togolaise sont au point mort. Les fins tacticiens du Rpt (parti de M. Faure) inventant régulièrement diverses stratégies pour noyer le poisson des réformes constitutionnelles dans l’eau. C’est le cas en ce moment de « l’affaire Kpatcha Gnassingbé » ; alors même que le pays fait face à de graves urgences multisectorielles.

Ces lignes ne sont pas contre le jugement de « l’affaire Kpatcha Gnassingbé ». Elles viennent tout simplement se rajouter aux nombreux commentaires d’analystes de la politique au Togo. Analystes qui ont montré et démontré à suffisance qu’il y a trop d’anguilles sous roche dans « l’affaire Kpatcha Gnassingbé »... Un chef de l’exécutif qui n’est pas sûr de conserver le pouvoir au cours des années à venir (très précisément s’offrir un troisième quinquennat) ne se comporterait pas de cette façon envers un de ses anciens ministres de la Défense, qui, de surcroît, est l’un des principaux artisans de son coup d’Etat du 05 février 2005 ; juste après la fin de l’interminable règne de leur père Eyadèma.

Kabila et Biya : mêmes préoccupations qu’au Togo

A côté de Faure Gnassingbé, Joseph Kabila fait partie du cercle fermé des chefs d’Etat les plus jeunes d’Afrique. Aux commandes du sous-continent Rdc depuis 2001, le président jumeau s’apprête à remettre en jeu son fauteuil présidentiel.

Mais le hic, c’est que les conditions d’organisation d’un scrutin juste et libre ne sont pas réunies actuellement dans l’ex Zaïre. De telle sorte qu’avec ou sans candidat unique de l’Opposition, le leader du Pprd (formation de M. Kabila) devrait remporter la mise ! Etienne Tsishekedi et ses militants auront beau crier à tue-tête dans les rues et sur les médias internationaux, la victoire de M. Kabila est déjà dessinée. Il ne lui manque plus que les chiffres. Le sacre du jeune Kabila est d’autant plus certain dans la mesure où il n’a plus de réels « adversaires militaires » devant lui, depuis l’incarcération de M. Bemba à La Haye. La candidature annoncée de ce dernier depuis les geôles hollandaises n’étant qu’une façon de rester au devant de l’espace médiatique !

Une autre victoire présidentielle annoncée en Afrique centrale, c’est celle de M. Biya, 78 ans dont 28 passées au pouvoir. Comme Faure Gnassingbé, le président à la voix la plus rauque bénéficie de la non-limitation de mandat en vigueur en ce moment sur sa terre natale. Malgré un Rdpc (parti de P. Biya) en crise et miné par des rébellions tues, l’époux de Chantal devrait une nouvelle fois encore s’imposer envers et contre ses adversaires politiques.

Dans un Cameroun dans lequel les populations ont fini, visiblement, par se lasser de rêver à une alternance, la mission du chef de file du Rdpc devrait être facile à matérialiser. Au Togo, en Rdc ou au Cameroun, soit tu aimes les règnes sans fin des présidents, soit tu les quittes.

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