05/09/2011 14:12:06
Les Camerounais sont-ils condamnés aux élections truquées ?
En organisant systématiquement des élections truquées, Paul Biya devient une menace grave à la paix et à la stabilité du Cameroun et de la sous région...
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Appelés aux urnes le 9 octobre prochain pour l’élection présidentielle, les Camerounais de l'intérieur et de l'extérieur subiront dans l’indifférence générale, une autre forme de mascarade électorale de plus. Cette année, la diaspora pour la première fois doit également voter.... Une diaspora sélective vue au prisme des inscriptions sélectives sur les listes électorales. Cette diaspora aura t-elle une influence sur l’élection présidentielle au Cameroun ?

Rien n'est moins sur car les inscriptions n'ont pas respecté les canaux traditionnels. Exclusion par ci, favoritisme par là. Des ambassades du Cameroun à la solde du parti au pouvoir dans les manigances etc. Au Sénégal 592 électeurs ont été inscrits à Dakar, aux Etats Unis d'Amérique, l'Ambassadeur annonce 1600 inscriptions sur les listes électorales. En Belgique, France, Russie, Allemagne, Afrique du Sud etc. c'est le silence total
Aucune liste des commissions mises sur pied par Elecam lors de leurs tournées n'est disponible. Tout est flou. Ce qui nous donnent l'impression de penser que la fraude entretenue par le RDPC, parti au pouvoir au Cameroun est en marche.

Au Canada, d’après Michael  Fogaing qui dirige l’association Diaspora pour la modernité, il est évident qu'Elecam n’a ni la volonté ni les capacités pour organiser une élection libre et équitable. Comme les autres mouvements camerounais de la diaspora, Michael Fogaing dénonce le fait que l'ambassade soit un démembrement de fait d'Elecam.

À Ottawa, la Commission électorale constituée est composée de quatre membres dont un certain Nkob René Sadi, dont le patronyme fait penser à l'autre. Cette commission est chargée des inscriptions qui ont débuté vendredi 27 août. La quasi-totalité des organisations de la diaspora prône le boycott de cette élection. Ces organisations se sont d'ailleurs unies pour la circonstance ; elles se disent déterminées à empêcher que «Paul Biya exporte la fraude dans les pays de vieille tradition démocratique».

A Bruxelles, les commissions ont été constituées en catimini et au sein desquelles ne se retrouvent que les membres du RDPC et du SDF, pourtant, supposées être neutre. En France, Grande Bretagne, Russie, Afrique du Sud, en Allemagne, c'est le même scénario

Paul Biya veut certainement mieux porter le boubou de la fraude pour se maintenir au pouvoir. Dans un ordre immuable, les élections au Cameroun continuent d’être des farces électorales.

Après 30 années sous la coupe du parti unique, les 19 années que le Cameroun a passée sous le régime de la fraude électorale ont certainement été les pires à tout point de vue : elles ont vu exploser la corruption et le pillage des ressources du pays, régresser le développement humain, plonger la majorité des Camerounais dans la misère et le désespoir, dans une absence totale de perspectives d’avenir pour des générations de jeunes. Certains semblent s’en inquiéter à juste titre, mais un peu tard, d’autres continuent à soutenir l’insoutenable, sans craindre de nier toute responsabilité dans une situation désastreuse.

En modifiant d'ailleurs la constitution du Cameroun en 2008, Paul Biya, le Néron camerounais savait bel et bien qu'il devait revenir cette année. Mais, il devra comprendre que la soif du changement est un besoin fondamental chez les peuples et, il y aura toujours, même dans le pays le plus avancé du monde, des mécontents qui peuvent prendre les armes pour renverser le régime aux affaires.

Biya devra comprendre également qu'il n’y a plus de place pour les présidents qui restent au pouvoir des décennies. Même les hommes les plus populaires comme Nelson Mandela ou le Brésilien Lula Da Silva ne seraient plus aussi admirés s’ils s’étaient accrochés au pouvoir.

En organisant systématiquement des élections truquées, Paul Biya devient une menace grave à la paix et à la stabilité du Cameroun et de la sous région.

Le code électoral en vigueur au Cameroun ne permet pas l’organisation d’un scrutin transparent. Des fraudes massives aux élections antérieures ont fini par convaincre une frange importante des électeurs que leurs voix ne peuvent pas être entendues à travers les urnes.

Biya devra relire l'histoire contemporaine pour comprendre qu'on ne peut plus se permettre de faire tirer sur les populations, réprimer les manifestations publiques, dicter la loi à la justice, tripoter la constitution à sa guise. Ce temps là est fini.

L'on espère qu'en 2011, l'on n'assistera pas à ce que nous avons vécu en Côte d'Ivoire et que l'homme lion au cas où......il défierait les camerounais, ne sera pas filmé au forceps comme un vulgaire objet de curiosité sorti d'un bunker.

Evarist Mohbeu

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