05/09/2011 19:58:51
Côte d'Ivoire: Abattu pour avoir refusé de faire des pompes!
Bianouan, village de plus de 12 000 âmes situé dans le département d?Aboisso pleure un de ses fils, en la personne de Fulgence N?Drama Koffi, lâchement retiré à l?affection des siens par un de nos très chers « sauveurs »
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Abattu pour avoir refusé de faire des pompes...

Bianouan, village de plus de 12 000 âmes situé dans le département d’Aboisso pleure un de ses fils, en la personne de Fulgence N’Drama Koffi, lâchement retiré à l’affection des siens par un de nos très chers «  sauveurs »

Les événements se déroulent le vendredi 2 septembre 2011 à Bianouan, aux environs de 23 heures, dans un bistrot du nom d’Aboussouan. Kassoum, un des nombreux soldats Frci qui pullulent dans le village prend un pot avec son ami «Papa», un mécanicien moto. Fulgence N’Drama Koffi est aussi dans le ‘‘maquis’’.

Arrive alors un jeune Ghanéen. Dès qu’il le voit, «Papa» lui intime l’ordre de faire des pompes. Ce à quoi s’oppose Fulgence. «Toi, tu es un civil, tu ne peux pas demander à un autre civil de pomper», lui a-til rétorqué. «Papa», qui se sent frustré, veut alors faire payer son outrecuidance à Fulgence en lui demandant lui-même de faire les pompes à la place du Ghanéen. Il lui oppose un niet catégorique. Sur-le-champ, le mécanicien auto ne réagit pas. Il avait sa petite idée derrière la tête. Un peu plus de 30 minutes plus tard, Fulgence décide de rentrer à la maison, en cette heure avancée de la nuit. Kassoum et «Papa», qui avaient mijoté leur coup, le suivent dehors et l’obligent à les suivre sur une moto en direction de la frontière ghanéenne.  Il se débat comme il peut mais est embarqué par les deux malfrats sous la menace de leur arme.

Chemin faisant, Fulgence continue de se  débattre et réussit à descendre de la moto, au niveau de la sous-préfecture. Le soldat Kassoum, sous la menace de son arme, lui demande de revenir. Il le supplie de le laisser rentrer chez lui et lui tourne le dos. Un premier coup de feu part en sa direction qui le manque de peu. Fulgence se retourne et essaie encore de dissuader son  bourreau de lui faire du mal. «Kass, on se connait bien, tu viens manger dans le restaurant de ma mère et c’est toi qui tires sur moi ? Qu’est-ce que je t’ai fait ?». Après quoi, il lui donne encore dos et continue son chemin. Kass entre dans tous ses états et tire sur l’infortuné Fulgence qui s’écroule.

La balle reçue dans le dos transperce l’abdomen mais il est encore en vie. Un témoin des faits est aussi pris pour cible, mais il réussit à se fondre dans l’obscurité et donne l’alerte. Les villageois arrivés sur les lieux le transportent d’urgence dans un centre de santé. Ayamé, Aboisso, Bonoua, Port-Bouët, Chu de Treichville n’arriveront pas à traiter le patient par manque d’équipements adéquats. C’est finalement à la clinique TSF de Marcory, en face du foyer des jeunes, que Fulgence se fait opérer dans la matinée de samedi. Il avait même repris ses esprits et échangé avec ses parents mais hélas, il sera rappelé à Dieu aux environs de 17 heures.

Fulgence N’Drama Koffi, jeune homme plein de vie, en année de BTS, quitte ainsi le monde des vivants, par la faute d’un de nos «sauveurs» Frci pour une affaire  aussi banale. A Bianouan, c’est la consternation. Le même samedi du drame, des jeunes gens ont saccagé le garage du mécanicien «Papa». Une manifestation de protestation pour réclamer le départ des Frci de Bianouan a également été dispersée par les alter égos du tueur qui, aux dernières nouvelles se serait refugié à N’Zikro. Selon nos sources, une délégation des Frci conduite par un certain ‘‘chef K’’, en provenance d’Elubo s’est rendu dans le village pour déplorer l’acte de son élément, et offert séance tenante 500 000 francs à la famille par le canal de la chefferie. Il aurait également déclaré que les Frci ne pouvaient en aucun cas quitter Bianouan, parce qu’ils y sont pour sécuriser la frontière avec le Ghana. Ainsi va la vie dans la Côte d’Ivoire de Ouattara.

Jusques à quand ?

On a voulu le changement ? On l’a eu ! Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, l’armée «wouya wouya» créée de toutes pièces par Alassane Ouattara pour étancher sa soif du pouvoir peut tuer pour des broutilles sans que cela n’émeuve les champions autoproclamés des droits de l’Homme. Et plus grave, ces soldats d’un autre acabit opèrent avec dans la poche le blanc-seing du «parrain» qui déclarait lors de sa récente visite de remerciements
à ses soutiens américains, à propos d’un des symboles de cette «drôle d’armée» : «Il est l’un des meilleurs soldats». Il mettait ainsi sous son «parapluie» l’un de ses lieutenants épinglés par les organisations des droits de l’homme pour crimes contre l’humanité.

A Abidjan, Kouadio Koffi Simplice, nouveau procureur de la nouvelle Côte d’Ivoire déclarait : «On ne poursuit pas des sauveurs». Ce sont ces «sauveurs» qui chaque jour endeuillent des familles dans l’indifférence de leurs mandataires, «et puis ça va pas quelque part», comme on le dit à Abidjan. Jusques à quand les paisibles populations ivoiriennes devront supporter ces guerriers qui infestent le pays ?

Il ne se passe en effet plus de jour sans que l’on ne déplore des exactions, des intimidations, des crimes en tout genre d’analphabètes armés au service de la Côte d’Ivoire, version Ouattara. Alors que ce sont ces mêmes qui hier hurlaient sur tous les toits : «Gbagbo massacre les populations civiles.» Quatre mois après la chute de Gbagbo, les massacres s’installent dans le quotidien sans que pour autant les auteurs connus de tous ne soient inquiétés. L’opinion est plus que jamais située sur les responsables de ces crimes dont on tentait maladroitement de faire porter le chapeau à Gbagbo à travers des campagnes de communication-intox outrancières. Et le cas pathétique d’assassinat du jeune Fulgence N’Drama Koffi à Bianouan en est une des éloquentes illustrations.

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