06/09/2011 02:18:20
Cameroun: Tous à l'assaut du fauteuil présidentiel!
Alors, pourquoi l’opposition -et assimilés- adopte-t-elle la stratégie de l’éparpillement des forces et de l’émiettement des voix dans une consultation dont on dit à suffisance que son véritable enjeu réside dans le fait qu’elle trace enfin, à défaut de la concrétiser, les chemins d’une alternance au pouvoir? Mystère et boule de gomme!
Fasozine
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C’est la même rengaine! A chaque élection présidentielle sur le continent, on compte toujours une flopée de candidatures, des plus sérieuses aux plus farfelues. Loin des schémas de regroupements pourtant prônés urbi et orbi, surtout dans le camp des partis d’opposition, cette récurrente surenchère des candidatures à la magistrature suprême ne fait, bien souvent, que les affaires des pouvoirs en place…

A peine lancée, la course à la succession de Paul Biya, au Cameroun, s’est très vite muée en un rallye dans lequel se sont engouffrées pêle-mêle plusieurs personnalités qui, semble-t-il, n’attendaient que le coup de starter du maître du palais d’Etoudi. En attendant l'arbitrage d’Elections Cameroon (Elecam), l’instance en charge de l’organisation du scrutin, ils seront 51 sur la ligne de départ! Mais surtout 50 contre un, le président sortant, Paul Biya, 78 ans, qui campe fièrement sur ses 29 ans de pouvoir. Y aurait-il donc 50 projets de société alternatifs pour contrer celui du pouvoir en place?

Allons bon, la dispersion des candidatures n’a encore jamais réussi à détrôner un président sortant, en course pour garder son fauteuil. Bien au contraire... Surtout que dans le cas d’espèce, l’élection, fixée au 9 octobre prochain –dans un mois, en gros- se joue à un seul tour. Il n’y a donc pas ici la possibilité de réaliser, dans l’entre-deux tours, une coalition forte pour éventuellement contrebalancer, au terme d’un second round, les résultats défavorables du premier tour.

Seul le candidat qui amassera le plus de voix au premier et unique tour de scrutin sera en effet déclaré vainqueur de l’élection et investi comme nouveau président du Cameroun. Alors, comment et pourquoi l’opposition -et assimilés- adopte-t-elle la stratégie de l’éparpillement des forces et de l’émiettement des voix dans une consultation dont on dit à suffisance que son véritable enjeu réside dans le fait qu’elle trace enfin, à défaut de la concrétiser, les chemins d’une alternance au pouvoir? Mystère et boule de gomme!

Mais l’exemple camerounais est loin d’être un cas isolé. En règle générale, sur le continent, lorsqu’approchent les échéances présidentielles, les promesses de réaliser une unité véritable pour tout au moins «inquiéter» sérieusement le pouvoir en place restent pratiquement, toutes, des vœux pieux. Les querelles de clocher, les batailles rangées de leadership et autres intérêts personnels prennent vite le pas sur les considérations unitaires. Le «chacun pour soi» règne en maître, bien vite entretenu par le «diviser pour régner» des tenants du pouvoir, qui ont tout intérêt, eux, à perpétuer leur règne.

Ainsi, en se mettant à 22 pour défier Yayi Boni au Bénin en avril dernier, comment l’opposition comptait-elle vraiment «gagner» le Palais de la Marina, face à un pouvoir dont la machine électorale était à tout le moins mieux organisée et plus agressive? Certes, dans le cas du Bénin, «L’Union fait la nation» faisait figure de grandissime favori sur le papier, avec un impressionnant regroupement de partis politiques avec des hommes de qualité et une esquisse intéressante de candidature unique. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Et, avec le recul, on ne saurait envoyer, à elles seules, une Liste électorale permanente informatisée (Lépi), même «bancale» et la part de «fraude» qui transparaît souvent dans nos élections, dans le box des accusés.

Vingt-trois candidats au Bénin, 24 en Guinée, ils étaient 14 dans les starting-blocks de la délicate élection présidentielle de Côte d’Ivoire qui, comme on le sait, a finalement débouché sur une longue et inextricable crise postélectorale. On est tout de même tombé en dessous de la dizaine de candidatures au Niger avec 9 prétendants, au Togo avec huit postulants et en République Centrafricaine où seulement six candidats ont été retenus pour la compétition. Il est cependant vrai que ces pays sont allés à l’élection présidentielle dans des contextes particuliers, quoique différents, qui ont sans doute joué d’influence.

En tout état de cause, il est illusoire d’espérer, sur le continent, que le renversement de la donne politique du moment pourrait venir autrement que par l’union de forces politiques qui se posent en véritable alternative. Au moins, l’expérience à montré jusque-là qu’il ne viendra pas d’une dispersion des forces. Alors pourquoi s’entêter à poursuivre dans cette voie?

Serge mathias Tomondji

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