07/09/2011 04:13:18
En un combat héroïque: kaddhafi comme hannibal...
En l’ honneur des centaines de Noirs africains  égorgés en Lybie par les rebelles du Cnt armés par l’Otan (France, Grande Bretagne, Etats- Unis)pour la seule raison d’ être Noirs...
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En l’ honneur des centaines de Noirs africains  égorgés en Lybie par les rebelles du Cnt armés par l’Otan (France, Grande Bretagne, Etats- Unis)pour la seule raison d’ être Noirs...

Nul ne saurait le nier : voir une coalition militaire des pays les plus puissants et développés de la planète, l’Otan,  représentant  un milliard et demi d’ habitants, s’ acharner à détruire  un pays  dit sous- développé de... 6 millions d’ individus seulement, la Libye restera , au-delà du côté répugnant , la plus grande défaite morale  de l’ Occident en ce début du 21ème siècle.

Ce n’est pas pour Kadhafi seul que sonne le glas, pour paraphraser Ernest Hemingway, c’est pour tout Africain.





Même si au bout des jours, les forces coalisées, les ‘’ croisés’’ –comme les a appelés Poutine, le Premier ministre russe- de l’Empire ...(du mal ?) , remporte la bataille de Tripoli, Kadhafi, parce qu’ il leur aura fait face, remportera le guerre des cœurs. Et la jeunesse africaine, et avec elle, tous les Africains trouveront en lui le symbole ravivé de cette résistance jamais éteinte de l’Afrique victime de la rapine éhontée de l’Occident judéo-chrétien depuis la nuit des temps.
 
Le coup d’Etat le plus long

Celestin Bedzigui

Ce qui se passe en Libye n’est pas d’une insurrection populaire. C’est un coup d’Etat, un processus de renversement par une force armée organisée, l’Otan,  d’un régime établi. Et ce qui habituellement s’effectue en une matinée aura duré ici plus de ... six mois, un record historique qui rend plus grossier encore le geste des ‘’ croisés’’

L’intoxication et les manipulations des médias de l’ ‘’Empire’’( du mal ?), le recours aux techniques d’ agit-prop et de subversion par le recours  à des  excités-fantoches  de souche arabe de l’Est Libyen qui se sont illustrés par la férocité de leur racisme anti-noir , égorgeant systématiquement  tout  combattant noir fait prisonnier, au point de susciter une vive protestation du président de l’ Union africaine – la population libyenne est composée de 30% de Noirs - , les ‘’célébrations’’ organisées  devant les  cameras de Cnn et autres medias tam-tam  pour des victoires  offertes sur un plateau  par les avions de l’ Otan et les forces spéciales françaises et britanniques s’ appuyant sur les satellites de communication et d’ observation américains, comme on l’ a vu hier à Abidjan pour la capture de Laurent Gbagbo, tout cela n’ aura pas pu masquer le fait que nous assistions à une action criminelle,  illégale et inacceptable, violant les usages internationaux qu’ on croyait établis en ce 21ème siècle.

Nous voici plutôt ramenés au temps des ‘’ barbares’’, la destruction sauvage par l’ Otan des infrastructures de la Libye n’ étant en rien différente des actes des Huns, Ostrogoths  et autres Wisigoths qui ont plongé l’ Europe dans les affres ténébreuses de la fin du Moyen Age. Aucune loi n’était alors respectée. Nous y sommes aujourd’hui revenus, pour preuve : les bombardements des infrastructures et le soutien stratégique et tactique aux rebelles armés hypocritement appelés ‘’ civils désarmés’’  sont –ils respectueux de l’esprit et de la lettre de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu qui a instauré une ‘’ no-fly’’ zone en Libye pour protéger les « civils » ?

La réponse est Non. Et plus fondamentalement,  la « légalité internationale » autorise-t-elle de voir une coalition militaire  agir sous la couverture de l’ Onu pour aider une rébellion armée sans base populaire dans la conquête du pouvoir, en perpétrant une  agression d’ un pays souverain et menant une guerre dont le but est l’ élimination politique et ... physique du dirigeant légitime de ce pays ? La réponse est assurément Non.

Delandae  est ... Africa

Ce que l’Occident veut abattre en Libye, ce n’est pas l’individu Kadhafi, mais le symbole qu’il incarne : celui d’une Afrique qui peut produire un modèle politique générateur de bonheur pour ses populations et libérée de toute domination étrangère.  Ce n’est pas pour Kadhafi seul que sonne le glas, pour paraphraser Ernest Hemingway, c’est pour tout Africain.

Le modèle de la ‘’Jamahiriya libyenne’’ était caractérisé par un alliage de relations harmonieuses entre les tribus, une spécificité africaine sur laquelle nos ‘’ croisés’’ auront la désagréable surprise de se frotter,  avec une démocratie directe , une distribution directe des richesses aux populations à travers les programmes d’ accès au logement, d’ acquisition de véhicule, de gratuité de soins médicaux, de gratuité de l’ éducation,  de développement des infrastructures de communication modernes et d’ aménagement d’ espaces urbains d’ une qualité égale et quelquefois  supérieure  à ce qu’ on voit à Paris, Marseille, Londres, New York , un système où il n ‘existait aucun prisonnier politique connu,  sinon on aurait vu son nom être affiché  à la une des médias de l’ ‘’ Empire’’- du mal ? -, où l’édification de l’Union africaine était une  priorité  dans l’action et les réalisations, le tout oriente à générer le bonheur du peuple libyen. Sans qu’ en rien ma description ne tienne de l’ allégorie, tous les observateurs honnêtes conviennent qu’ il y  est parvenu.

En plus de la manœuvre politicienne du ‘’ Petit Juif Hongrois’’ locataire de l’ Elysée- j’ assume fermement ce qualificatif- de créer pour  gagner sa réélection une diversion en politique extérieure qui  masque son échec retentissant à  résoudre le mal chronique du  chômage qui taraude la France, c’est le refus de voir ce modèle se dupliquer dans d’autres pays du continent, ce qui les priverait alors de la  main mise sur les  richesses de l’Afrique, c’ est ce refus, disais-je, qui motive l’ agression de l’ ‘’  Empire’’- du mal. D’autant plus que cela aurait été vécu comme la deuxième grande défaite idéologique du capitalisme occidental.

La première grande défaite idéologique est en train d’être infligée par le modèle communiste de la  Chine dont la réussite économique incontestable contraste avec le glissement des pays de l’Ouest dans un déclin irréfrénable. Le modèle économique, social et sociétal de la  Chine affiche en effet  désormais des résultats que lui envient tous les pays occidentaux: cohésion du leadership, gouvernance économique et sociale de haute facture  avec un chômage quasi inexistant, une protection sociale universelle, la gratuité de l'éducation, un taux d’investissement, une  production industrielle et une productivité de la main d’œuvre en amélioration constante, une compétitivité  inégalable. C’est la Chine communiste qui, par l’achat quotidien de Bons de Trésor, fournit à l’Etat américain le supplément d’oxygène financier dont il a besoin pour assurer ses obligations et ses engagements. Cette réussite du modèle communiste chinois est telle que les tam-tams d’Occident s’interdisent d’en parler, se contentant de ne plus accoler  à la Chine l’étiquette communiste.

L’Afrique et les Africains doivent trouver dans cette lignée de "Braves"  une source d’ inspiration pour continuer à se battre pour l’ avènement des Etats Unis d’ une Afrique qui seuls peuvent faire le  poids devant  les prédateurs  qui cachent  leur visage derrière cette entité nouvelle qu’ils nomment la ‘’ communauté internationale’’.



- Celestin Bedzigui


Le modèle de la Jamarhiya libyenne était sur une voie identique. Comme hier, à  Rome, voyant le danger de la montée en prospérité de Carthage,  Caton l’Ancien en a fait une obsession tel qu’ il introduisait et clôturait toutes ses prises de paroles par la proclamation, ‘’ Delandae est Cartagio’’, - il faut détruire Carthage- , au fond de l’ esprit de l’ Occident  vit une  idée fixe qu’ il poursuit avec acharnement : Delandae est Africa, -il faut détruire l’ Afrique- entendez, il faut y détruire tout leadership qui tenterait de l’ émanciper  pour continuer a s’ en accaparer les richesses... Et dans cette ‘’Guerre Punique’’ manière troisième millénaire, les  hordes  des nouveaux barbares venues de l’outre méditerranée trouvent en face d’elles  pour défendre la terre et l’honneur de l’Afrique un autre Hannibal en la personne de Kadhafi, qu’auront précédé les Lumumba et autre Um Nyobè, tombés tous en martyrs...

Voilà comment peuvent se comprendre les racines séculaires de cette lutte que la convoitise de ses richesses impose à l’Afrique. Cette Afrique violée, agressée, pillée, chacun de nous en partage l’âme et la chair.  Notre devoir est de nous y reconnaître sans ambiguïté, de condamner sans réserve l’action criminelle de l’Otan et la rapine des pays comme la France, pays en voie de sous-développement aujourd’hui dirigée par un  ‘’ raciste’’ qui broute sans honte dans le pré de Le Pen, comme l’ Angleterre, petite île qui a son avenir derrière elle,  et les Etats-Unis d’ Amérique qui sont sur la pente d’un déclassement économique et politique inévitable.
 
Cinquième Colonne

Kadhafi et le peuple de Libye portent en ce début du 21ème siècle la flamme léguée  deux siècles avant J.c. par Hannibal sur les côtes de Tunisie , au 19ème siècle par  Chaka Zoulou dans les plaine du Natal, l’ Almamy Samory Touree en Haute Guinée, Abdel Kader dans le djebel algérien,  l’Empereur Ménélik  en Ethiopie , au 20ème siècle par le Mahdi Goni Waday dans l’Est Bénoué,  Mandela  à Rhobben Island, Douala Manga Bell sur les berges du Wouri,  Kuva Likenye sur les contreforts du Mont Cameroun ...  L’Afrique et les Africains doivent trouver dans cette lignée de "Braves"  une source d’ inspiration pour continuer à se battre pour l’ avènement des Etats Unis d’ une Afrique qui seuls peuvent faire le  poids devant  les prédateurs  qui cachent  leur visage derrière cette entité nouvelle qu’ils nomment la ‘’ communauté internationale’’.

Au lieu de céder à la rage impuissante qui tente tout homme juste et tout Africain conscient, nous devons discerner cette lumière qui apparaît au loin et  qui annonce le bout de la nuit. C’est l’attitude de défiance signifiée ces jours derniers et à deux reprises aux '' croisés'' par les Africains et l’Union Africaine. Cette défiance dont le ton est entretenu depuis le début de cette crise par le président de l’Union africaine Jean Ping,  marque une rupture significative par rapport au passé de soumission de l’Afrique aux diktats de l'Occident.

Deux épisodes récents sont de nature à rassurer sur cette nouvelle conscience de l’Afrique comme entité politique à respecter. Pas de un, le refus exprimé au Conseil de Sécurité de l’Onu à  New York, par l’Afrique du Sud, le 23 août 2011, suite  à la demande américaine de débloquer 1,8 milliards de dollars des fonds souverains libyens en faveur du fameux Cnt. L’Afrique du Sud, conditionne ce déblocage à la position de l’Union africaine sur le conflit libyen. Et pas de deux, le refus de l’Union africaine de reconnaître le Cnt au cours de sa réunion de vendredi 26 août 2011. 

Encore faudrait-il que soit révélée au grand jour l’existence de cette ‘’ cinquième colonne ‘’ qui mine l’Afrique de l’intérieur et semble avoir vendu son âme aux ‘’ croisés’’.  Nous l’avons vu dans ses œuvres le 17 mars 2011, au moment du vote de la Résolution 1973 autorisant l’instauration d’une no-fly zone au-dessus de la Libye.  Les présidents du Gabon, Ali Bongo et du Nigeria, Jonathan, ont été de ceux qui ont donné instruction à leurs ambassadeurs de voter contre un pays -frère africain, pendant que des pays étrangers au continent en  l’occurrence la Chine, le Brésil, la Russie, l’Allemagne et l’Inde s’abstenaient.

Les mêmes têtes de pont de la cinquième colonne se sont manifestées vendredi 26 avril lorsque l’Union africaine a eu à se pencher sur la reconnaissance du ‘’Conseil national de Transition’’ comme seul représentant du peuple libyen. L’Afrique du Sud corrigeant son faux pas au Conseil de Sécurité le 17 mars 2011 a rejoint la majorité des Africains qui ont refusé cette reconnaissance. Se sont plutôt alignés sur la position des ‘’croisés’’ les désormais proconsuls connus de l’Occident en Afrique à savoir : Ali Bongo du Gabon, Jonathan GoodLuck du Nigeria, Abdoulaye Wade du Sénégal, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire...  Facile à reconnaître, n’est ce pas ?

Même si les intimidations des croisés font pencher la balance dans les jours à venir, ce refus de l’Union africaine de se plier à la volonté des Occidentaux est un éclair dans la nuit, qui laisse entrevoir l’avènement un jour d’une Afrique émancipée, fusse comme le mène aujourd’hui Kadhafi et la Libye,  au terme d’un combat héroïque.
 
Célestin Bedzigui

Chairman, Global Democratic Project, USA
www.globaldemocraticproject.org 

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