08/09/2011 04:35:33
RDC : Les signes avant-coureurs d'un scrutin chaotique
Déjà un mort sur le carreau. C’est sous le signe de la violence que s’annonce le scrutin présidentiel en République démocratique du Congo (RDC) prévu pour novembre prochain. Et, tout se passe comme si le dépôt, par le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et opposant historique, Etienne Tshisekedi, de sa candidature à ladite présidentielle était redouté.
Le Pays
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Déjà un mort sur le carreau. C’est sous le signe de la violence que s’annonce le scrutin présidentiel en République démocratique du Congo (RDC) prévu pour novembre prochain. Et, tout se passe comme si le dépôt, par le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et opposant historique, Etienne Tshisekedi, de sa candidature à ladite présidentielle était redouté.

D’autant que ces violences interviennent juste après que celui-ci a déposé officiellement sa candidature. En effet, ce fut d’abord le siège de son parti qui a été vandalisé par des "délinquants violents appelés pombas", et ensuite, la télévision d’un député proche de son parti, a été à son tour saccagée en représailles à des "actes de vandalisme perpétrés par des militants de l’UDPS" dans une permanence du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au pouvoir. Voilà donc qui fait craindre le pire dans les jours à venir dans un pays où les tensions sociales doublées des clivages ethno- régionalistes ont pignon sur rue.

Si jusque-là, ce n’était que les traditionnelles rixes et escarmouches verbales qui caractérisent habituellement les périodes préélectorales, on les considérerait comme des épiphénomènes puisque, par définition, un combat politique va de pair avec les piques et les diatribes. Mais que des vies humaines en soient fauchées avant même que la campagne ne soit officiellement ouverte, il y a de quoi s’inquiéter outre mesure si l’on sait que sous nos tropiques, l’adversité politique a toujours été un motif de déséquilibre social. En tout cas, ce qui se passe actuellement en RD Congo en est une preuve.

Ce sont des signes avant-coureurs d’une présidentielle chaotique. Une telle entame laisse subodorer un lendemain incertain, surtout qu’il est devenu une coutume qu’en Afrique, les périodes post-électorales s’accompagnent généralement de violences exacerbées. Vraisemblement, le président Joseph Kabila, candidat à sa propre succession, qu’on dit favori pour le scrutin prochain, fait montre de pusillanimité. Si fait que, redoutant une mauvaise surprise, il s’emploie à torpiller toutes actions des forces politiques adverses susceptibles de lui donner du fil à retordre, en l’occurrence l’UDPS.

Du reste, en réprimant à coup de grenades lacrymogènes des jeunes militants de l’UDPS, qui manifestaient leur courroux après le saccage de leur siège, le pouvoir congolais se met dans une posture scélérate qui renforce l’hypothèse selon laquelle il est frileux. A cela s’ajoute, bien sûr, la suspecte décision d’instaurer une présidentielle à un tour. En tout cas, quoi qu’il en soit, le pouvoir doit tout faire pour que prévale à toute épreuve, l’esprit de fair-play en amont et en aval de l’échéance de novembre prochain. L’unité et la cohésion nationales en dépendent.

Boundi OUOBA

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