12/09/2011 04:17:11
Exclusif. « Il n'y avait jamais moins de cinq millions de francs »
Dans le JDD, Robert Bourgi, décrit avec beaucoup de détails les remises de fonds d'Afrique qu'il aurait effectuées personnellement auprès de Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005.
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Dans le JDD, Robert Bourgi, décrit avec beaucoup de détails les remises de fonds d'Afrique qu'il aurait effectuées personnellement auprès de Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005.



L'ombre de Foccart.
Robert Bourgi dit avoir survécu à toutes les crises grâce à sa discrétion. «Foccart m'avait appris que les vrais secrets ne s'échangeaient qu'à deux, jamais à trois (...). Foccart m'avait aussi dit de ne jamais toucher ni au pétrole, ni aux matières premières stratégiques, ni aux armes.»

La traversée de Paris.
«J'ai toujours atterri au Bourget ou à Roissy sans être embêté. Une seule fois, j'ai eu peur. Un soir de manifestation, accompagné d'un émissaire africain, j'ai traversé Paris avec quatre millions d'euros en petites coupures dans le coffre de ma voiture.»

«Il rangeait lui-même les liasses».
«C'était toujours le soir. "Il y a du lourd? " demandait Chirac quand j'entrais dans le bureau (...). Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n'y avait jamais moins de cinq millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à quinze millions.»

L'argent dans des tam-tams...
«Un exemple qui ne s'invente pas, celui des djembés. Un soir, j'étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin troismillions de dollars. Compaoré a eu l'idée, " connaissant Villepin comme un homme de l'art ", a-t-il dit, de cacher l'argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu'à l'Élysée. C'est la seule fois où j'ai pu me garer dans la cour d'honneur!»

...Ou une affiche.
Laurent Gbagbo «m'avait demandé combien donnait Omar Bongo (pour le financement de la campagne de Chirac en 2002) et j'avais dit trois millions de dollars. Laurent Gbagbo m'a dit: "On donnera pareil alors". Il est venu à Paris avec l'argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J'ai eu l'idée de les emballer dans une affiche publicitaire d'AustinCooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l'Élysée».

«J'ai pensé au Général».
«J'avais un gros sac de sport contenant l'argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l'Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu'il contenait. Ce jour-là, j'ai pensé au Général, et j'ai eu honte.»

Juppé pas épargné.
«L'argent d'Omar Bongo a servi à payer le loyer pendant des années» du club 89 (de l'actuel ministre des Affaires étrangères), accuse Robert Bourgi.

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