13/09/2011 02:49:21
Aboisso: Des jeunes tailladés à la machette par les FRCI
Après une scène qui a mis tout le village en émoi, et des échauffourées qui ont duré toute une journée, les éléments des Frci ont été chassés de la localité. Un acte de bravoure qui coûtera cher à des jeunes du village particulièrement visés le lendemain, samedi 10 septembre...
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Les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), qui occupent toutes les contrées de l’ex-zone gouvernementale depuis la chute du régime Gbagbo, sont indésirables à Ebikro-N’dakro, dans le département d’Aboisso, depuis le vendredi 9 septembre dernier. Les populations de ce village de plus 2 000 âmes distant de 18 km de la sous préfecture d’Ayamé, sur l’axe menant à Bianouan, ont manifesté de manière vigoureuse leur ras-le-bol face aux agissements des éléments des Frci.

Elles se sont soulevé contre les hommes en armes, membres de la communauté étrangère du village, Maliens et Burkinabés qui ont rejoint les rangs des Frci lors de l’invasion de la région à la faveur de la crise électorale. Et qui n’avaient de cesse de les terroriser. Après une scène qui a mis tout le village en émoi, et des échauffourées qui ont duré toute une journée, les éléments des Frci ont été chassés de la localité. Un acte de bravoure qui coûtera cher à des jeunes du village particulièrement visés le lendemain, samedi 10 septembre, par les représailles des Frci qui, dans une folie meurtrière, les ont tailladés à la machette. Les jeunes maliens « Frci » d’Ebikro-N’dakro reprochent aux jeunes autochtones avec lesquels ils avaient vécu en bonne intelligence jusqu’à la chute de l’ancien régime d’avoir monté les populations contre eux. Et pis, d’avoir conduit les manifestations de protestation des populations.

La tension était vive dans le village quand des éléments de la gendarmerie, alertée, et d’autres des Frci basés à Bianouan, arrivent Ebikro-N’dakro. Les deux forces décident de calmer les esprits avant de se retirer l’une après l’autre, en dépit des blessures visibles sur le torse des jeunes du village. Aucun élément des Frci ne sera donc arrêté. A l’origine de cette situation, un trouble à l’ordre public de Daouda Diarra, un ressortissant malien qui réside depuis plus de 50 ans à Ebikro-N’dakro.

Ce dernier qui conduisait en état d’ébriété un véhicule FRCI a failli faucher une dame, après avoir déraciné un bananier. La réaction des jeunes du village qui en avaient ras-le-bol ne se fait pas attendre. Ils lui conseillent de garer le véhicule pour éviter un drame dans le village. Un acte que le concerné considère comme un affront. En réaction, Daouda Diarra et un autre élément Frci qui était en sa compagnie tirent plusieurs coups de feu en l’air de leurs kalaches.

Excédés par ces agissements récurrents des Frci, les jeunes du village maitrisent les deux hommes en armes et les conduisent au domicile du chef de village. Le chef du village soutenue par toute la population, demande aux fautifs de quitter définitivement le village. Les Frci d’ Ayamé et le corps préfectoral, informés, rallient rapidement le village d’Ebikro-N’dakro pour « éteindre le feu ». A l’issue des échanges qui en découlent, les élements des FRCI sont donc arrêtés, désarmés et conduits menottés à Ayamé. Mais cela n’aura eu que pour conséquence de raviver leur colère contre les populations qui ont, tout compte fait, eu le courage de manifester leur exaspération.

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