18/09/2011 06:22:41
Frontière ivoiro-libérienne: Une attaque fait 17 morts à Taï
Une attaque armée survenue dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 septembre 2011, dans les villages de Nigré et de Zigro, à quelque trente kilomètres de la forêt classée de Taï, a fait 17 morts. Au nombre des victimes, on dénombre un élément des Frci, des femmes et des enfants.
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Une attaque armée survenue dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 septembre 2011, dans les villages de Nigré et de Zigro, à quelque trente kilomètres de la forêt classée de Taï, a fait 17 morts. Au nombre des victimes, on dénombre un élément des Frci, des femmes et des enfants.

Selon les témoignages, les populations de  ces deux localités ont été tirées brutalement de leur sommeil par des tirs à l’arme lourde aux environs de 2h du matin. Très tôt, les éléments des Frci qui tiennent la localité sont maitrisés par les assaillants lourdement armés qui écumeront le village jusqu’aux environs de 5h du matin, tirant sur tout ce qui bougent. C’était l’enfer pour les populations qui croyaient à une reprise des hostilités militaires qui ont endeuillé le pays au cours de la récente crise postélectorale.

Pris entre deux feux, les habitants ne savaient à quel saint se vouer. Ceux qui prenaient le risque de mettre le nez dehors, en vue trouver refuge dans la forêt, étaient systématiquement abattus. Un drame qui vient en rajouter au malheur des populations de la région dont la plupart viennent de rentrer de leur exil libérien. Mais alors que les assaillants n’ont pu être identifiés formellement, les Frci en poste dans la région tentent de faire croire qu’il s’agit de mercenaires libériens et miliciens pro-Gbagbo qui auraient établis leur base dans les forêts classées de Goin Débé, Cavally et Tai. Un argument battu en brèche par des populations de la région que nous avons joint au téléphone.

Selon nos sources, il s’agit d’un règlement de comptes entre les allogènes et  allochtones, largement majoritaires dans la région, qui occupent les forêts classées. Régulièrement, différentes factions lourdement armés de ces clandestins s’affrontent entre elles pour le contrôle des parcelles, témoignent des habitants des villages attaqués. Ces allogènes et allochtones feraient la pluie et le beau temps dans la région. A l’image de ce qui se passe dans le département de Duekoué, avec le chef de guerre Amadé Ouérémi et ses hommes qui occupent la forêt classée du mont Peko.

En clair, il ne s’agirait pas de mercenaires ni de miliciens pro-Gbagbo que les Frci indexent sans preuve. On se rappelle, les dirigeants avaient déclaré il y a peu que la frontière ivoiro-libérienne avait été entièrement sécurisée. On se demande donc pourquoi, malgré la présence des Frci et de l’Onuci, les autorités militaires de la région tentent de montrer que les frontières entre le Liberia et la Côte d’Ivoire, dont la sécurisation a été l’objet du récent sommet de la Cedeao à Abuja, sont encore poreuses.

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