18/09/2011 06:47:25
Honte vous...
Honte à vous qui êtes garants de l’ordre public et par là-même chargés d’octroyer un logement décent à ces familles n’ayant pour seuls torts que d’être trop pauvres et trop foncées.
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Ces mots sont les seuls qui nous viennent à l’esprit alors que vient de débuter le procès des assassins du boulevard Vincent Auriol.

Honte à vous qui êtes garants de l’ordre public et par là-même chargés d’octroyer un logement décent à ces familles n’ayant pour seuls torts que d’être trop pauvres et trop foncées. Honte à vous qui êtes en charge de la justice. Honte à vous qui êtes en charge de nous informer.





L'intégration par le feu...

L’intégration en France emprunte de bien curieux sentiers, revêt de bien sinistres atours. Pour ces quatorze enfants et ces trois adultes, elle a pris la forme d’un bucher allumé par de lâches individus. Il n’est pas ici question de citoyenneté, simplement d’humanité. Celle-ci a été refusée de leur vivant aux dix-sept victimes de l’incendie criminel du 25 aout 2005.

Entassés dans des locaux impropres à l’élevage de bêtes, nous citons ici un avocat représentant les familles : «Il est clair que si on avait élevé des jeunes chiots dans cet immeuble, la SPA se serait constituée partie civile et elle aurait obtenu condamnation car l'immeuble était impropre à l'élevage des chiots », où l’insalubrité la plus repoussante le disputait a une insécurité révoltante, ils n’ont eu d’autre choix que de périr asphyxiés ou brulés vifs.Morts, ils n’auront droit qu’à une justice désinvolte, qui trainant les pieds, s’apprête à les immoler de nouveau. Cette fois, les coupables seront connus de tous.

Sans appel...

Pardonnez notre franchise, que ceux-ci aillent bruler en enfer. Alors que les propriétaires de ces taudis abjects jouent sur les mots et arguent de la règlementation pour se défausser et atténuer leur incurie, les responsables politiques sont à la fois discrets et prodigues en promesses, qui comme on le sait, n’engagent que les imbéciles qui les prennent pour argent comptant. Aujourd’hui les imbéciles vous crachent au visage et vous promettent en retour une sentence sans appel.

Rien ne peut excuser votre indifférence face à la détresse de ces familles qui n’ont pour logement que ruines crasseuses et impropres à l’épanouissement de leur progéniture. Vous le savez bien, ce n’est que parce qu’ils sont des nègres que vous détournez le regard et restez sourd à leurs doléances. Si comparaison n’est pas raison, nous ne pouvons néanmoins rester sans vous poser cette question : auriez-vous réagit avec autant de légèreté si ces enfants avaient appartenu à la communauté juive ? Nous en doutons fortement.

Ce deux poids deux mesures nous ne pouvons plus l’accepter. De fait, nous ne sommes plus dupes, vos belles paroles nous ne les entendons plus, nous ne les écoutons plus. La faillite de l’intégration à la française, vous la portez à la boutonnière, triste légion du déshonneur que nous vous remettons.

Les politiques du pire...

Ces trous à rats, ou à nègres, c’est selon, sont les témoignages de la considération que vous avez pour ces gens, juste assez bons pour nettoyer vos ordures et vivre aux milieux des détritus. On ne peut prétendre lutter contre la ghettoïsation et tout à la fois la promouvoir. On ne peut prétendre lutter pour la défense d’idéaux humanistes et tout à la fois imposer une société définie par l’absence de respect pour la vie humaine. Il est du rôle des pouvoirs publics d’organiser un cadre de vie décent pour les citoyens, et cela, quelle que soit leur couleur ou leur origine. Force est de constater que vous avez failli.

Plus que la pourriture qui a mis le feu sciemment à cet immeuble décrépit, c’est sur vous mesdames et messieurs les responsables politiques que rejaillit  la mort brutale de ces enfants. Le temps viendra où vous devrez répondre devant la Nation de votre négligence coupable. Soyez-en sûr, il ne vous sera reconnu aucunes circonstances atténuantes.

Une justice irrespectueuse et incompétente, des responsables irresponsables...

Séyivé Ahouansou

Ainsi qu’à la justice, qui n’a à l’évidence plus aucune vitesse lorsqu’il s’agit d’accorder une réparation, fusse-t-elle symbolique, aux familles des victimes ou de dire le droit afin que la mémoire des disparus soit honorée. Il a fallu que les proches éplorés, blessés par tant de dédain, se révoltent pour que le procès se tienne dans des conditions dignes d’un état de droit.  Il n’était pas venu à l’esprit des membres de l’institution judiciaire que la forme était une première étape amenant à la reconnaissance de la souffrance légitime des parents et proches.

Il n’était pas venu à l’esprit des membres de l’institution judiciaire que ceci était la condition impérative d’une saine justice. Mais ne s’agissant que de nègres, pauvres de surcroit on a préféré se passer de protocole. Voilà que l’on a proposé un cadre aussi indigne que les logements ou périrent ces innocents pour dire le droit et leur accorder ce qui leur était du : la justice. Devant l’indignation née de cette injure faite à la mémoire collective et aux morts, le procès fut normalement reporté. Mais aujourd’hui si l’habillage formel est plus en adéquation avec les exigences requises pour l’administration d’une bonne justice, nous nous dirigeons plus que surement vers un déni de droit et de mémoire.

Aucun suspect n’a été désigné, l’instruction a été menée sans empressement. Cette parodie de justice accouchera à coup sûr de condamnations légères, si condamnations il y a, et d’un déni de droit caractérisé puisque les coupables ne seront vraisemblablement pas démasqués. Les propriétaires de ces logements insalubres, poubelles pour humains tolérées par les pouvoirs publics, ont d’ores et déjà entamé, par le biais de leurs avocats, une partie de cache-cache dans sa variante «C’est pas moi c’est lui». Ils devraient être lourdement condamnés pour l’exemple, mais tout porte à croire qu’ils s’en tireront avec les félicitations du jury et le clin d’œil complice de la justice qui sait se montrer magnanime selon que la tête ou l’origine du prévenu est couleur locale…

Des médias indifférents...

Mais que dire du traitement médiatique de cette triste affaire ? Les histoires de fesses d’outre-Atlantique sont bien plus rentables et alléchantes que la triste chronique de la misère noire qui prévaut sous nos cieux.  Oh! bien sûr, nous avons eu droit au traitement qui relève du minimum syndical de la désinformation.

Ainsi les nègres énervés ne pourront pas soutenir que les journaux n’ont pas traité le sujet, mais objectivement la couverture médiatique plus que famélique de cette tuerie laisse plus qu’à désirer. Encore une fois se vérifie le raisonnement qui démontre que nous vivons dans une société qui marche sur la tête, organisée par des leaders amoraux et méprisables. Une société où la souffrance d’une partie de la population est minimisée, où les revendications de cette même population sont passées sous silence. Etre citoyen c’est avoir des droits et surtout des devoirs lorsqu’on est bronzés, nous fait-on comprendre, chiche alors! 

Mais il faudrait ajouter qu’être responsable politique n’est uniquement le pouvoir d’avoir des devoirs. Nous le réaffirmons ici, nos responsables n’observent pas suffisamment leurs obligations et se rendent de ce fait responsables du délitement du corps social.

Nous n'oublierons pas...

Ces dix-sept morts, sont dix-sept morts de trop car ils étaient évidemment évitables. Un procès digne et une justice rendue avec diligence et respect auraient dû être les premiers moyens employés par les pouvoirs publics pour témoigner leur respect aux familles, cela n’a pas été le cas, loin s’en faut. En agissant ainsi, ils se sont couvert de honte et ont gagné notre mépris, ils en paieront les conséquences au moment du vote. Les échéances à venir nous donnent les opportunités de matérialiser notre courroux légitime à l’attention de ceux qui, depuis trop longtemps, se sont arrogés le pouvoir de régenter nos vies, presque exclusivement pour le pire, et qui ne se privent pas de nous jeter leur mépris au visage à chaque occasion qui leur est proposée.

Nous ne pouvons nous mettre à la place des familles qui arpentent aujourd’hui encore ce chemin de souffrance balisé par l’indifférence des politiques, des propriétaires des logements, de la justice et des médias. Elles peuvent cependant compter sur notre soutien et notre compassion. Il n’est de douleurs que l’empathie ne permet de discerner et s’approprier.

Leur douleur nous la ressentons, leur colère nous la faisons notre parce que nous n’avons pas abdiqué notre humanité.

Et qui n'a honte de rien, tant il est de longue main accoutumé et confirmé à mal faire*.

Honte à vous...

Séyivé Ahouansou

(*) Citation de Jacques  Amyot

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