18/09/2011 07:24:26
Les avocats de Gbagbo chassÚs de Korhogo
Le «propriétaire» de Korhogo, Fofié Kouakou, leur a opposé une fin de non recevoir. Fofié serait il un os dans la gorge de Soro et Ouattara ?
Le nouveau courrier
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Les avocats du président Gbagbo viennent une fois de plus, jeudi dernier, de se voir refusé l’accès à leur illustre client détenu à Korhogo. Alors qu’ils étaient en possession de toutes les autorisations judiciaires, le «Commandant résident » des Frci, Fofié Kouakou, leur a opposé une fin de non recevoir.

Le commandant Fofié Kouakou est-il un os dans la gorge de Soro et Ouattara ? Ou du moins un «électron libre» qui n’obéit qu’à lui-même ? Sinon, comment comprendre qu’il ait refusé catégoriquement, jeudi dernier, de laisser les avocats de Gbagbo rencontrer leur client en détention à Korhogo depuis le 12 avril dernier. Malgré, les multiples autorisations judiciaires en leur possession qu’ils ont brandies au «propriétaire » de Korhogo, le Cdt Fofié Kouakou. Pendant une semaine Me Emmanuel Altit, avocat du président Gbagbo, inscrit à la Cour pénale internationale, a séjourné en Côte d’Ivoire, où il a obtenu tous les autorisations nécessaires, auprès du Juge d’instruction chargé de l’affaire et du Procureur de Korhogo, afin de rencontrer son client. C’est donc en possession desdites autorisations qu’il s’est rendu en compagnie de son confrère ivoirien, Me Jean-Serges Gbougnon, dans la cité du Poro pour échanger avec leur client, le président Gbagbo.

Le cdt Fofié toujours dans la peau du chef rebelle

Le récemment promu Commandant de la Compagnie territoriale de Korhogo (Ctk) par Ouattara, Fofié Kouakou, a empêché les avocats d’accéder à leur client, les priant de retourner d’où ils sont venus, sans autre forme de procès. Il se dresse comme le seul maître des lieux qui a le droit de vie ou de mort sur ses sujets, de même que le droit de visite dans «sa» cité. Alors que le chef de l’Etat en déplacement à Paris avait juré, la main sur le coeur, que les droits du président Gbagbo étaient scrupuleusement observés et respectés. Fofié vient là d’en démontrer le contraire. Lui qui banalise, infantilise sa hiérarchie que sont les autorités judiciaires qui ont dûment signé des autorisations aux avocats du président Gbagbo.

Devant le refus catégorique de Fofié, Me Altit tente en vain de rentrer en contact avec le Garde des Sceaux, Ahoussou Jeannot qui se trouvait en ce moment précis à Paris, aux côtés de Ouattara. C’est alors qu’il juge nécessaire de contacter l’Onuci, notamment la Division des droits de l’homme. Il n’obtiendra pas aussi gain de cause, puisque les responsables de la division des droits de l’homme de l’Onuci ont déclaré ne pas pouvoir
l’aider. «Quant aux responsables du Bureau des Droits de l’Homme de l’Onuci, ils se sont déclarés impuissants», écrit Me Altit dans son communiqué.

Le double jeu du pouvoir Ouattara

Un soldat des Frci, fût-il Commandant Fofié Kouakou, a-t-il réellement les moyens de s’opposer à une décision émanant des autorités ? Pas si sûr. En réalité le scénario qu’il a été donné de voir aux avocats de Gbagbo, jeudi dernier à Korhogo, n’est autre que la manifestation d’un double jeu auquel s’adonne le pouvoir Ouattara. Qui n’a certainement pas intérêt à favoriser une visite régulière des avocats à leur client, le président Gbagbo.

Surtout que récemment, la plainte déposée au Tribunal des armées de Paris par Gbagbo contre l’armée française, pour «tentative d’assassinat», a connu une évolution significative. Avec la nomination depuis mercredi dernier d’un juge d’instruction et un probable procès dans les semaines ou mois à venir. La manifestation donc de la vérité dans l’affaire de la tentative d’assassinat du président Gbagbo, lèvera le lièvre sur la crise post-électorale.

Ouattara et son pouvoir n’ont véritablement pas intérêt à voir la vérité éclater. Ils mettent subtilement en place des balises pour empêcher le président de mieux organiser sa défense, en le privant au maximum de contacts réguliers avec ses avocats. Aussi, les Avocats du président Gbagbo ont-ils déploré ces atteintes répétées aux droits de leur client et ont appelé les nouvelles autorités ivoiriennes à mettre leurs actes en accords avec leurs déclarations et en veillant au respect des règles de droit.

Communiqué de presse

Disposant de l’autorisation écrite des autorités judiciaires ivoiriennes les autorisant à rencontrer leur client, Jean- Serges Gbougnon du barreau d’Abidjan et Emmanuel Altit du barreau de Paris se sont vu refuser, jeudi 15 septembre 2011, l’accès au Président Gbagbo.

Le commandant Fofié Kouakou, le chef de guerre qui détient dans son fief de Korhogo au Nord du pays l’ancien chef de l’État ivoirien a refusé de déférer aux ordres du Juge d’instruction chargé de l’affaire et à ceux du Procureur de Korhogo ; il a empêché les Avocats d’accomplir leur mission. Les Avocats ont essayé de joindre sans succès les officiels ivoiriens du ministère de la Justice, dont le Ministre de la Justice qui se trouvait en France, accompagnant le Président Ouattara à la remise à l’UNESCO du prix Houphouët-Boigny des droits de l’Homme.

Il convient de noter d’ailleurs que lors de ce déplacement officiel le Président Ouattara a assuré auditoires et journalistes que les droits du Président Gbagbo étaient scrupuleusement observés et respectés. Quant aux responsables du Bureau des Droits de l’Homme de l’Onuci, ils se sont déclarés impuissants.

Les Avocats du Président Gbagbo déplorent ces atteintes répétées aux droits de leur client et appellent les nouvelles autorités ivoiriennes à mettre leurs actes en accords avec leurs déclarations et au respect de la règle de droit.

Fait à Abidjan, le 16 septembre 2011

Maître Emmanuel Altit
Avocat à la cour
Avocat du président Gbagbo
Avocat inscrit à la Cour pénale internationale

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