19/09/2011 04:03:33
Etat-major: Paul Biya refuse de passer le témoin
Ceux qui attendaient qu’ à la fin de ce congrès le président-candidat quitte ses fonctions de président national du Rdpc devront encore attendre. Paul Biya est, et restera... Manoeuvrier stratégique
Le Messager
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Ceux qui attendaient qu’ à la fin de ce congrès le président-candidat quitte ses fonctions de président national du Rdpc devront encore attendre. Paul Biya est, et restera…

Le 3è congrès du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) est désormais dans les archives politiques du Cameroun. Ce qu’on retient en priorité, est la succession de Paul Biya, l’ancien président national, à lui-même. Il a été réélu par 1134 voix contre une voix pour son challenger du jour, l’ancien ministre et ancien député Rdpc du Haut-Nyong, René Zé Nguélé.

A en croire nos sources, il se serait agi d’une candidature quelque peu arrangé par le sommet du parti. « Il était question de montrer que le Rdpc est vraiment dans la nouvelle dynamique prônée par le président national. On a donc suscité la candidature surprise d’un « patriarche » du parti, en la personne du camarade René Zé Nguélé, qui en fait, fait partie désormais des fossiles de notre parti. Il fallait tout simplement montrer que la démocratie existe effectivement au sein du Rdpc, et que l’on peut s’y porter  candidat contre le président national sans qu’on en soit inquiété. C’est aussi un message à l’endroit de ceux qui, ici où ailleurs, pensent que le Rdpc n’est pas un parti égalitariste », explique sous anonymat un politologue proche du parti au pouvoir. De toutes les façons, dans les coulisses du congrès, certains militants expliquent à tort ou à raison que dans les prochaines semaines, mois ou années, « ce jeu bien exécuté » pourrait admirablement faire rebondir l’ancien ministre de la Fonction publique, ne serait-ce que par un nouveau poste au niveau du gouvernement. 

En réalité, il n’y a vraiment rien eu de nouveau au cours de ce 3è congrès du Rdpc. L’ancien parti unique a gardé ses vieilles habitudes. Avec pour commencer, le statut quo, à travers la réélection, selon les méthodes anciennes, de son même président. Paul Biya est ainsi à nouveau l’hyper président, devant qui tous les militants, quels qu’ils soient, s’inclinent. Il est au commencement et à la fin de tout. Et les congressistes du Rdpc lui ont réitéré leur totale dévotion. En retour le président réélu n’a pas manqué de dire à ses camarades sa gratitude dans son discours de clôture : « Je tiens à vous remercier de m’avoir reconduit à l’unanimité, moins une voix, à la tête de notre grand parti national. Cette confiance me touche et m’honore ; je saurai m’en montrer digne ».

Manœuvrier stratégique

De sources bien introduites, Paul Biya aurait subtilement manœuvré pour s’accrocher à la tête du Rdpc.  L’actuel locataire d’Etoudi savait bien que, à la faveur du « printemps arabe », et d’une certaine antipathie développée contre les présidents qui s’éternisent au pouvoir par « la violence et la corruption » (dixit Barack Obama), il est des chefs d’Etat africains qui sont dans le « viseur » des dirigeants occidentaux. Aussi s’est-il appuyé sur le secrétaire général du parti, René Emmanuel Sadi, pour rester en selle.

Le secrétaire général du comité central du Rdpc est en effet la première personnalité du sérail, qui ait appelé publiquement, il y a deux ans de cela, à une nouvelle candidature de Paul Biya en vue de sa réélection. René Emmanuel Sadi et le staff du comité central ont donc suscité à la base cet ensemble de motions de soutien et d’appels à candidature, pour montrer qu’il y avait un « Appel du peuple ». Scénario bien monté. Et sans répondre à cette « pression des militants », Paul Biya a poursuivi le processus en développant un stratagème qui a dérouté ses adversaires ; c’est-à-dire tous ceux qui depuis, pensaient au sein de son parti, qu’il était temps pour lui de passer le témoin.

« Il a pris de court ses adversaires»

Maître absolu du jeu politique au Cameroun, Paul Biya va créer une ligne de démarcation entre le processus électoral de la présidentielle, et le congrès du Rdpc. Suite à la prorogation de son mandat à la tête du Rdpc au mois de juillet dernier, par un bureau politique totalement acquis à sa cause, Paul Biya va  exploiter à fond cette opportunité qui fait de lui le candidat « naturel » de son parti à l’élection présidentielle. Au moment où il va présider les travaux de ces assises, il en est candidat. Tous ceux qui de l’intérieur du Rdpc, avec plus ou moins des appuis extérieurs entendaient le piéger au moment de l’élection du président national par une candidature qui l’embarrasserait et le dominerait, se retrouvent ainsi quelque peu désarmé.

Un cacique du Rdpc rencontré à l’issue du 3è congrès explique en effet que : « le président n’avait plus la pression de la candidature à l’élection présidentielle de 2011. Elle était déjà acquise. Maintenant nous avons des camarades qui depuis se sentent les capacités de pouvoir diriger le pays en prenant les rênes du parti. Ces gens ne pouvaient plus atteindre leur objectif, étant donné que le parti avait déjà son candidat. Dès lors, ils ne pouvaient que raviser par rapport à leurs ambitions. La lutte contre la corruption aura un axe de son discours, qui n’aura pas manqué de réveiller les soupçons sur son intention réelle de poursuivre le processus qui donne l’impression de s’être chercheuse. Biya, en tout cas, n’aura pu convaincre ( ?) que les militants du Rdpc avec son discours. »

Jean François CHANNON

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