20/09/2011 02:25:28
Evénement. Une plainte contre Paul Biya à la Cour suprême
Le candidat du Rdpc à l’élection présidentielle est entre autre accusé de flagrant délit de distraction massive des deniers publics à l’occasion du congrès de son parti. L’affaire enrôlée s’ouvre ce jour à l’audience du contentieux pré-électoral.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Le candidat du Rdpc à l’élection présidentielle est entre autre accusé de flagrant délit de distraction massive des deniers publics à l’occasion du congrès de son parti. L’affaire enrôlée s’ouvre ce jour à l’audience du contentieux pré-électoral.
 
Dans sa plainte déposée en date du 15 septembre 2011 à la Cour suprême précisément auprès du président du Conseil constitutionnel, Daniel Boo, président du Parti des fourmis (Pdf) demande « la disqualification du candidat du Rpdc, pour cause de « gigantesque distraction de deniers publics » dont ce parti se rend coupable, au regard des détournements massifs, systématiques et anticonstitutionnels, opérés sur des multiples lignes de crédits votées en décembre 2010 à l’Assemblée nationale, consacrées à des actions précises et fermes de développement programmées au sein du pays profond, au cours du présent exercice du budget 2011 ».

Il s’agit poursuit-il, du congrès de ce parti se déroulant du 15 au 16 septembre 2011, ayant « véritablement provoqué le branle-bas général dans l’ensemble des chaumières administratives, traduit par l’émission des titres de paiement ; le paiement trébuchant des ordres de mission. Procédant par l’utilisation improvisée, insidieuse et tout aussi inconsidérée du patrimoine de l’Etat (bons de carburants, véhicules administratifs, etc. En un mot, la confusion, établie et entretenue, entre le bien public et le patrimoine partisan ».

Et d’attirer l’attention du Premier président sur le fait que cette situation « aberrante » entrave « désespérément » les objectifs de référence du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) pour un Cameroun émergent à l’horizon 2035. Pour étayer ses allégations, le plaignant cite la constitution qui, malgré l’amendement de mars 2008, ne permet pas au candidat Paul Biya de briguer de nouveau mandat, compte de la rétroactivité de la loi. Au sujet de l’accusation concernant le détournement des deniers publics à la faveur du 3e congrès du Rdpc, le plaignant joint hier par téléphone explique qu’une fois les administrateurs en possession des lignes de crédit votées à l’Assemblée nationale, ils l’utilisent de façon inconsidérée notamment pour des opérations d’ordre privé comme le congrès d’un parti politique. « C’est comme cela que le palais des Congrès était truffé les 15 et 16 septembre de véhicules « Ça » par exemple. Le carburant étant chargé par des bons de carburant des mêmes administrations. Dans chacune des préfectures du Cameroun, on va trouver des traces d’une dépense imputable à la tenue du congrès à Yaoundé et du Rdpc ».

En a-t-il trouvé ? « Il y en a ! », défend-t-il mordicus. Et d’expliquer : « Quand on parle de flagrant délit, cela peut être constaté par voie d’huissier ou par clameur publique. Le premier président était lui-même au palais des congrès où il a dû voir des voitures « Ca ». Pour lui, des gens commettent des actes en pensant que cela est normal. Mais quand on porte plainte, cela fait école. A la veille de cette échéance électorale craint-il, « ces gens risquent de continuer de gérer ces biens de l’Etat pour leurs différentes campagnes dans le Cameroun profond. D’où l’importance stratégique de ce procès ». L’affaire a été enrôlée. C’est le 20e procès inscrit à l’audience relative au contentieux pré-électoral qui s’ouvre ce jour devant le Conseil constitutionnel à Yaoundé.

Nadège Christelle BOWA

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE