22/09/2011 02:12:14
Kah Walla : Au moins 13 des 23 candidats ne sont pas de l'opposition
Edith Kahbang Walla, candidate du Cameroon people party (Cpp) à la présidentielle du 9 octobre, remet en cause la crédibilité de certains candidats de l’opposition retenus pour concourir à la magistrature suprême.
Le Messager
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Edith Kahbang Walla, candidate du Cameroon people party (Cpp) à la présidentielle du 9 octobre, remet en cause la crédibilité de certains candidats de l’opposition retenus pour concourir à la magistrature suprême. Répondant à la question du journaliste qui demandait sa position sur l’éventualité d’une coalition pour une candidature unique de l’opposition, Edith Kah Walla a laissé entendre « cessez de semer la confusion dans la tête des Camerounais. Au moins 13 des 20 candidats retenus par Elecam ne sont pas de l’opposition. Un est le frère du commandant de la garde présidentielle, un autre est le beau-frère de Chantal Biya. Certains n’ont aucune base. D’autres sont inactifs et n’attendent que les élections pour faire parler d’eux.». C’était lundi dernier 19 septembre. Elle donnait une conférence publique à Bamenda.

A l’en croire, seulement six candidats sont véritablement de l’opposition. Elle cite entre autres John Fru Ndi , Jean Jacques Ekindi, Adamou Ndam Njoya, Garga Haman Adji. Toutefois elle est d’avis que « ceux-ci sont des politiciens de la vieille génération et doivent céder la place à la jeune génération » comme elle qui a à cœur l’intérêt et le bien être du peuple Camerounais. Néanmoins, elle ne ferme pas la porte au dialogue : « nous continuerons à discuter avec les autres partis politiques. Mais je ne compromettrai pas les intérêts des militants et sympathisants du Cpp qui m’ont fait confiance en m’investissant pour ces élections. Nous n’avons pas d’ennemis au Cpp et nous allons continuer à convaincre les Camerounais des autres partis ».

Elle affirme avoir des sympathisants, même au sein du parti au pouvoir. Elle tire ce sentiment de ses différentes tournées nationales, respectivement à Ebolowa et récemment Yaoundé où elle a été agréablement surprise de voir des militants et militantes flanqués de tenue du Rdpc l’accueillir, promettant de lui accorder leur vote car « nous avons besoin du changement au Cameroun ». A la question d’un participant à cette conférence de savoir si elle ne sera pas soumise à l’Occident selon ce qu’il convient d’appeler « le conformisme au néocolonialisme », Edith Kahbang Walla renvoie les Camerounais au slogan de sa campagne. « Quand nous parlons du concept (the time is now), cela signifie que si ton peuple te place au pouvoir, tu auras du zèle à travailler selon sa volonté. Mais si un président est imposé par l’Occident comme cela a toujours été par le passé, il ne peut que se comporter selon la volonté des puissances occidentales ». C’est pourquoi elle demande avec insistance au peuple camerounais de mettre fin à cet état de chose en votant pour elle le 9 octobre prochain.  Elle est convaincue que le coup est jouable dès lors que « c’est pour la première fois que Paul Biya va aux élections sans le soutien de l’étranger ». C’est à juste titre qu’elle invite les Camerounais à tirer la leçon de la révolution tunisienne dont le peuple a su dire non à leur président en descendant dans la rue et la France a succombé malgré elle aux desiderata de la population en lâchant Ben Ali.

Pour elle, la révolution camerounaise passera par les urnes le 9 octobre prochain. Elle invite à ce propos le peuple à protéger son vote depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation définitive des résultats par la Cour suprême siégeant comme Conseil constitutionnel. « Si les résultats prononcés par le Conseil constitutionnel sont contraires à ceux des urnes, les Camerounais doivent prendre leur responsabilité en main et réagir », conseille Kah Walla. Elle a saisi l’opportunité de cette conférence pour présenter son projet de société au public. Un projet qui tourne autour de la reprise en main de « notre économie », la séparation des trois pouvoirs, un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une seule fois. La mise sur pied d’un système où le chef de l’Etat organisera au moins 3 causeries par an avec son peuple. Le renforcement de la citoyenneté, du pouvoir des partis politiques, médias afin de les permettre d’investiguer et mettre sur la place publique les déviances des dirigeants. Elle entend œuvrer pour la création de 500 mille emplois vers 2014.

Elle fait la part belle de cette création d’emplois à une politique de la facilitation du climat des affaires dans le secteur privé. Aussi veut-elle promouvoir la double croissance à l’horizon 2016. Bref faire du Cameroun l’un des 10 pays africains économiquement puissants à l’horizon 2016. Et ce ne sont pas les potentialités qui manquent, tranche-elle. « La nature nous a suffisamment gâté en ressources minières et notre position à la porte d’entrée du Golfe de Guinée et en Afrique centrale », conclue Edith Kah Walla.

Donat SUFFO 

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