22/09/2011 02:57:55
« La République des mallettes »: On a empêché Gbagbo de parler
Gbagbo devait faire des révélations. L’auteur de « La République des mallettes » l’affirme. Les forces spéciales françaises l’en ont empêché... Qui a peur de voir l’otage de Korhogo publier ses Mémoires ?
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Gbagbo devait faire des révélations. L’auteur de « La République des mallettes » l’affirme. Les forces spéciales françaises l’en ont empêché... Qui a peur de voir l’otage de Korhogo publier ses Mémoires ?


Si les forces spéciales françaises n’avaient pas travaillé à son arrestation, le président ivoirien renversé se serait confié en avril à Pierre Péan sur les moeurs financières «spéciales» des dirigeants français.

En ce début d’automne, la France continue de vivre au rythme du «grand déballage » sur la grande corruption internationale que ces dirigeants politiques orchestrent en Afrique et dans le Moyen-Orient, en se retrouvant souvent aux côtés de petits bras de la pègre et de mafieux de haute volée. Au centre de toute cette agitation, le livre de Pierre Péan, un des plus célèbres journalistes d’investigation français, dont le nom est plus qu’évocateur... «La République des mallettes». Le livre trace le portrait du sulfureux Alexandre Djouhri, intermédiaire véreux passé – comme Robert Bourgi – de la Chiraquie à la Sarkozie, avec armes... et mallettes, selon toute vraisemblance.

Le livre de Péan raconte notamment les relations financières malsaines qu’entretiennent depuis les  indépendances les chefs d’Etat français et africains. Il révèle que, juste avant son kidnapping, il devait rencontrer le président Laurent Gbagbo pour évoquer, au cours d’un entretien-vérité, les coulisses des aspects les moins ragoûtants de la relation entre Paris et ses anciennes colonies. Pierre Péan écrit : « Je puis livrer ici un souvenir personnel qui étale la vraisemblance de l’anecdote rapportée par Robert Bourgi. Quelques semaines avant la chute de Laurent Gbagbo, qui se produisit en avril 2011, j’ai obtenu l’accord de celui-ci pour venir le rencontrer à Abidjan, avec un seul ordre du jour : son rôle de « père Noël » vis-à-vis des hommes politiques français, notamment Dominique de Villepin (...) En permettant l’arrestation de Laurent Gbagbo, les forces spéciales françaises ont rendu cette interview impossible».

La phrase de Pierre Péan nous donne de comprendre que beaucoup de personnes «propres sur eux» dans le sérail politique français, au courant du projet de voyage de Péan, ont dû pousser un «ouf» de soulagement en voyant le président renversé humilié – et interdit de parole – à l’hôtel du Golf, quartier général d’Alassane Ouattara et de ses alliés étrangers. Ces milieux-là, qui ont profité du principe établi par Gbagbo selon lequel «le chef a le ventre profond» et doit se taire sur certaines choses, craignent aujourd’hui une perspective : celle des Mémoires plusieurs fois annoncées de Gbagbo. Guy Labertit, l’ami de toujours du président renversé, évoque cette éventualité dans le livre de Péan. « Laurent Gbagbo m’a assuré avoir été sollicité en 2002 par l’entourage de Jacques Chirac
pour financer sa campagne présidentielle »
.

Tout en refusant de confirmer de manière claire que Gbagbo a cédé aux avances pressantes de l’ex-métropole, Guy Labertit prévient : «Je pense que Gbagbo écrira un jour sa vérité dans un livre, lorsqu’il ne sera plus chef de l’Etat.» Dans le contexte créé par les dernières révélations, l’on peut tout simplement dire que la responsabilité morale de l’ONU, qui assure la garde rapprochée du président renversé, est grande. Il ne faudrait pas que certains milieux hexagonaux, en complicité avec un régime Ouattara, cherchent à l’éliminer. Tout simplement parce qu’il en sait trop...

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