23/09/2011 02:50:41
Pourquoi Blockhauss s'est révolté contre les Frci
La nuit du mardi à mercredi a été particulièrement mouvementée pour les habitants de Blockhauss. Qui ont crié leur ras-le-bol face aux nombreuses dérives des éléments des Frci dans leur village. Les Ivoiriens commencent à ne plus craindre les kalachs...
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Les Ivoiriens commencent à ne plus craindre les kalachs

La nuit du mardi à mercredi a été particulièrement mouvementée pour les habitants de Blockhauss. Qui ont crié leur ras-le-bol face aux nombreuses dérives des éléments des Frci dans leur village.

Trois jeunes ont été blessés, l’un par balles et les deux autres à l’arme blanche, hier aux environs de 2 heures du matin par des éléments des Frci. Précisément de l’unité «Udis» qui contrôle et «assure» la sécurité, dit-on, dans la commune de Cocody. Le jeune Awôh qui a reçu deux balles de kalachnikov dans sa jambe a été d’urgence conduit au Chu de Cocody. Il n’en fallait pas plus pour soulever le courroux des populations, déjà excédées par les pratiques des Frci. «Trop c’est trop», crient les jeunes sortis d’un peu partout qui, séance tenante (on était vers 3h du matin), exigent des explications aux éléments des Frci, au nombre de quatre, coupables de cette énième bavure volontaire.

Devant l’arrogance et le manque d’humilité des éléments «Udis» qui en plus d’avoir commis cet autre forfait, font des tirs de sommation pour intimider les jeunes, la tension monte. Les riverains sortent de partout pour rallier la place de l’incident, les éléments Frci n’ont pas d’autre choix que d’abandonner leur véhicule de type 4x4 pour prendre la poudre d’escampette.

Certainement pour revenir avec du renfort. Les jeunes mettent aussitôt le feu au véhicule. Tout est parti d’une banale histoire de téléphone portable. Selon le témoignage d’un des jeunes recueilli sur place, des jeunes buvaient tranquillement dans le maquis «Stiker», derrière la gare Sotra de Blockhauss, quand un des leurs, voulant prendre congé de la bande, a réclamé son téléphone à son ami qui tardait à le lui remettre. La discussion est montée d’un cran entre eux. Les quatre éléments des Frci qui buvaient également dans ce «maquis» leur demandent de baisser la voix ou de vider les lieux.

Des échanges verbaux mais furtifs surviennent entre les deux «camps», avant que les choses se calment. L’un des jeunes gens, le propriétaire du portable sort du maquis, il est suivi dehors par les éléments des Frci, selon le témoignage de ses amis. Et se jettent sur lui pour le rouer de coups, le jeune tente de se défendre à son tour. C’est là qu’un élément sort son arme et tire sur lui à bout portant. Deux balles atteindront sa
jambe…

Les FRCI détalent

Ses camarades qui étaient encore dans le maquis, alertés par les tirs, sortent aussitôt et se rendent à l’évidence qu’un des leurs vient d’être atteint. En une fraction de seconde, les jeunes du village sont sur les lieux pour crier leur colère, face à cette autre barbarie. Les éléments Frci ayant fui les lieux, reviennent quelques temps plus tard avec un renfort d’hommes en armes qui tirent dans tous les sens. Ils poignardent au couteau et tailladent à la machette deux jeunes du village. Avant d’aller piller le maquis, théâtre de la dispute, où des impacts de balles restent encore visibles. «Il y a trois semaines, un autre jeune a été poignardé grièvement dans le dos par un élément des Frci, parce que le jeune l’avait simplement invité à manger», ont révélé les témoins qui disent en avoir marre du comportement des Frci. Les responsables des Frci vont se rendre dans la matinée à Blockhauss pour ramener la paix dans le quartier après une longue discussion avec le chef du village et les jeunes du quartier. Des éléments de l’Onuci sont venus chercher, en fin d’après-midi, a-t-on appris, la carcasse du véhicule incendié.

Ce dernier incident témoigne – qui ressemble au drame de Bianouan survenu le 2 septembre dernier - en tout cas de l’exaspération montante de la population ivoirienne contre ses «sauveurs», qui ne cessent de la brimer. Il montre aussi que, progressivement, la peur de la kalach, qui a longtemps habité les Abidjanais après les violences innommables de l’après-11 avril, disparaît progressivement. Pourvu que l’actuel régime en tienne compte...

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