23/09/2011 02:58:23
Le personnel de la Crtv menace de ne pas couvrir la présidentielle
Leurs revendications arrivent sur la table du chef de l’Etat à un moment où la structure est interpellée sur le front de la couverture médiatique du scrutin du 9 octobre 2011.
Le Messager
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Revendication. Le personnel de la Crtv saisit le président de la République

Leurs revendications arrivent sur la table du chef de l’Etat à un moment où la structure est interpellée sur le front de la couverture médiatique du scrutin du 9 octobre 2011.

La missive adressée au président de la République du Cameroun sous le couvert du directeur du cabinet civil met en exergue la situation sociale qui prévaut actuellement à la Cameroon radio television (Crtv). Cette dernière n’est pas des plus reluisantes, contrairement aux apparences. Pourtant selon le collège des délégués du personnel, auteur de cette correspondance « la Crtv, « fille aînée du Renouveau », votre fille qui vous accompagne fidèlement et fièrement depuis le congrès de Bamenda en 1985 jusqu’au congrès du Rdpc de Yaoundé en 2011, souhaite vous rester fidèle ».Une fidélité qui risque d’être mise à mal par de « nombreux facteurs endogènes [qui] minent l’enthousiasme et l’ardeur des valeureux citoyens qui travaillent nuit et jour dans cette entreprise ».

Ce sont : la lourde dette intérieure qui, depuis la création de la Crtv, n’a connu aucune amorce de paiement parce que « nous avons des arriérés de salaire, d’avancement qui n’ont jamais été évalués en termes de chiffres », déplore Benoît Manyakong, porte-parole du collège des délégués du personnel ; le traitement discriminatoire des personnels (départ à la retraite, frais de mission, avancements, reclassements, primes) ; l’assurance maladie qui ne prend pas en compte l’environnement familial du travailleur, lequel est le seul à bénéficier de cet avantage offert par l’entreprise sans le reste de sa famille, contrairement à ce qui se fait dans d’autres structures camerounaises ; l’absence de revalorisation des salaires ; l’absence de textes réglementant les avantages à accorder aux responsables nommés ; l’absence du 13e mois et d’un dialogue social franc entre la direction générale et les partenaires sociaux.
 
Vers une grève en période électorale...

Dans le rayon des traitements discriminatoires, s’agissant par exemple de l’âge de départ à la retraite, le personnel reconnaît que cela ne dépend pas de la direction générale. Toutefois, il veut une harmonisation car à la Crtv, il existe deux types de personnels. Ceux qui dépendent du Code du travail vont à la retraite à 60 ans alors que les fonctionnaires y vont entre 50-55 ans. « C’est une disposition de la loi. C’est pourquoi nous voulons que l’Etat se penche sur cette question pour harmoniser ». Pour ce qui est des frais de mission, « les personnels de la 1ère à la 6e catégorie sont lésés. Leurs frais de mission est fixé à 20 000Fcfa contre 40 à 70000FCfa pour les autres. C’est injuste et il faut revoir cela », dénonce Benoît Manyakong. Au sujet du reclassement, « depuis deux ans, certains sont éligibles pour passer cadre. Mais à ce jour, rien n’est fait dans ce sens pour régulariser leur situation ». Egalement, les textes qui stipulent que les salaires doivent être revalorisés tous les cinq ans ne sont pas respectés.

En ce qui concerne l’absence de dialogue, « nous avons demandé l’audience au Dg qui jusqu’ici ne nous a pas reçus. Pourtant la loi prévoit que la direction générale rencontre les délégués du personnel une fois par mois ». A cause de toutes ces récriminations, le président de la République a été saisi. Va-t-il prêter une oreille attentive à ces revendications de la « Fille aînée du Renouveau » ? En tout cas, le personnel qui affirme avoir la loi de son côté prévient : « dès lors qu’on n’a pas de réponse, on passe à la grève ». Une menace sur la couverture médiatique des élections par ce média ?

Nadège Christelle BOWA

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