16/04/2009 13:19:19
Y.Moussa : «J'ai été séquestré pendant quatre jours»
Le président de l’Association nationale du secteur informel raconte.
Le Jour
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Où étiez-vous le 08 avril, le jour prévu pour la marche de dialogue social des sauveteurs?

Le 07 avril à 12 h, alors que nous-nous préparions pour dessiner les contours de notre marche, je reçois un coup de fil du délégué régional de sûreté nationale du Centre qui me demande de passer au commissariat spécial de Yaoundé à Nlongkak.  Je m’y  rends  avec trois collègues. Sur place, la commissaire de service me fait savoir que le délégué régional lui a donnée comme mission de discuter avec moi. Je veux faire entrer mes collègues, elle refuse. J’insiste en disant, si je suis seul, ça ne peut pas marcher. Elle refuse. Après, elle  téléphone à un  de ses collègues. Elle me fait savoir que le délégué régional veut me recevoir. C’est ainsi que nous sommes conduits mes collègues et moi dans ses locaux.

Quel a été le résultat des discussions ?

D’emblée, le délégué régional m’a demandé de renoncer  à la marche. Je savais d’ailleurs qu’il allait le faire. Bien qu’étant dans une situation critique, je n’ai pas tremblé. L’officier de police m’a demandé une fois de plus de renoncer à cette grève, car le gouvernement va apporter des solutions à notre problème. Je lui ai répondu que ce n’est pas lui qui va me le dire. Dans cette affaire, ce n’est pas lui notre interlocuteur, donc il s’inscrivait en faux, en me faisant comprendre qu’il y aura des solutions.

Quelle était sa réaction après ce durcissement ?

Le commissaire n’a pas cédé à mon refus. Aux environs de 19h, mes collègues ont été priés de rentrer. On m’a transféré au commissariat du premier arrondissement. Là-bas, les officiers  m’ont fait comprendre que je n’allais plus rentrer chez moi. Ils m’ont pris mes deux téléphones. Avant ma détention, ils ont posé la question de savoir qui était derrière cette marche. Ils ont insisté en suggérant qu’il y a certainement un  homme politique,  un opposant derrière la grève. J’ai répondu non. Ils ont dit que dans tous les cas, ils ne me croyaient pas.

Une information selon laquelle vous étiez en négociation le 07 avril a circulé...

Aucun membre de notre association n’a pris part aux travaux organisés le 07 avril par le Premier ministre. Ils ont fait leurs manigances là-bas. Moi, j’étais détenu. C’est sur les ondes de la Crtv que j’ai appris qu’il y avait des discussions en vue de trouver des solutions à notre revendication. Mais, nous n’étions pas présents. J’ai été libéré vendredi. Nous avons tenu une réunion hier avec le préfet. Rien n’a encore filtré. Les jeunes continuent de souffrir. Nous attendons, après trois  semaines de négociations, si rien n’est fait, nous allons descendre dans la rue.

Irčne Gaouda

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