29/09/2011 03:27:59
Symbolique des élections dans les systèmes de gouvernance autoritaires
Les rois fous, cloîtrés dans des palais insolents et perdus dans mille insignes contrariés de prestige, continuent pourtant de disséminer la culture de la liberté, l’anti indépendance et la propension de l’injure...
Le Messager
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Si la consultation électorale, considérée comme occasion de requérir la volonté d’une communauté humaine quelconque, aux fins d’un choix quelconque, demeure le meilleur garant de la construction d’un idéal commun et le moteur incontournable de la coexistence pacifique, sa profanation, son usage malicieux est dans la sphère des expériences politiciennes, ce que la buchette d’allumette est au baril de poudre.

Les rois fous, cloîtrés dans des palais insolents et perdus dans mille insignes contrariés de prestige, continuent pourtant de disséminer la culture de la liberté, l’anti indépendance et la propension de l’injure...





Ce postulat central ne couronne pas seulement de nombreuses recherches et simulations académiques, il établit aussi la ligne de fracture qui dans l’étape contemporaine de l’histoire des systèmes de gouvernances, permet de ranger des hommes de sciences et de lettres tantôt dans la catalogues de pauvres salauds bêtes, opportunistes, lâches et menteurs, tantôt dans le catalogue des professionnels du savoir académique dignes, honorables, lucides et porteurs d’espoirs. Il faut surtout entrer dans l’arène politique de fait à travers le monde, pour se convaincre par ailleurs que le champ des prétendants au pouvoir de commandement suprême, est trop souvent encombré d’individus aux calculs infâmes et minables, que les peuples jurent de pendre sur la place publique, au premier son de cloche de l’avènement d’un hypothétique changement.

En remontant le temps pour jeter un regard froid sur ce que furent les démocraties communistes pompeusement proclamées populaires, il y a moins d’un demi siècle, la première surprise réside dans la facilité et la régularité avec lesquelles les dirigeants de ces prisons géantes se livraient à des exercices de consultation électorale. Toute réflexion à propos, même sommaire, conduit nécessairement à une sorte d’exégète psychanalytique.
 
A –  Le miroir tronqué du roi

Le monde a peut-être évolué, et les mœurs d’hier, considérées dans les vestiges de l’antiquité, ne sauraient être comparées à celles de notre temps. Certes, il faut se garder de comparer des temps et des méthodes qui ne sauraient se marier en aucune manière, mais il n’est pas interdit de s’autoriser le culot salutaire, qui voudrait vérifier aux quatre coins de la planète la signification et la finalité des pratiques en cours pour ce qui concerne le gouvernement des peuples. Trop de savants ont cru qu’il était indispensable de discourir pour traduire dans les faits des vœux ardents de justice, d’égalité et d’honnêteté. Ils y ont tellement cru, qu’ils ont convenu à un moment que la qualité de membre de l’Onu, était suffisante pour offrir aux peuples éparpillés à travers le monde, les mêmes bonheurs de liberté et de dignité.

Nous découvrons, stupéfaits, le contraire au fur et à mesure que l’humanité entière avec toutes ses composantes se fait exigeante et pressante sur le sens du bonheur, la morale publique, et les qualités d’un dirigeant.
Ce qui est en cause, c’est l’essence fondamentale de la tutelle politique des citoyens tant qu’ils se reconnaissent d’un territoire, et revendiquent une nation précise. L’on voudrait s’intéresser à leur état d’esprit, dès lors que la convention éthique universelle, établie comme une loi sacrée que le gouvernement devrait émaner du peuple, être celui du peuple, être choisi par le peuple, et travailler pour le peuple. Les rois fous, cloîtrés dans des palais insolents et perdus dans mille insignes contrariés de prestige, continuent pourtant de disséminer la culture de la liberté, l’anti indépendance et la propension de l’injure. Ils disent encore et encore que la vérité viendrait d’en haut, de leurs clochers et médias embrigadés, de leurs messagers zélés élevés au rang d’hommes et de femmes respectables, pourtant de simples esclaves, des voleurs, dit-on.

Un citoyen chinois a été surpris de constater que la presque totalité des dirigeants du parti et de l’Etat chinois portait des montres de grande valeur de marque Rolex. Ce sont pourtant des communistes, des saltimbanques qui jurent sur tous les toits que leur vie est dédiée à une humilité sans pareil, au service de la nation. Pendant ce temps, le nombre de suicide de jeunes Chinois désemparés augmente. On vend son sang dans les campagnes pour avoir de quoi manger.

Par ici, que n’a-t-on pas entendu, ce que les radios et les télévisions chantent à longueur de temps depuis trois décennies. Il semble qu’il soit question de rigueur et de moralisation, de rectitude, de qualités irréprochables pour les dirigeants du pays. C’est bien pour cela que l’on rêva en son temps, au Cameroun, à Cuba, au Burkina Faso. La suite est un cauchemar, une impensable cruauté de quelques salauds agrippés au sommet du pouvoir et ruinant le pays comme une sangsue vide un corps de sa matière utile.

En effet, tous ont été élus, et tous sont disposés pour organiser des élections, ces passe-temps budgétivores pour amuser la galerie, en mettant en jeu une montagne de prébendes. C’est que au fond, la réalité est celle du miroir du prince, les lunettes du roi fou, que ce soit chez ces communistes tourmentés par la splendeur de l’or face à leurs mensonges, ou que ce soit nos rois nègres confondus devant l’inéluctabilité de la contagion du printemps arabe, face aux ravages de leur avidité. Quand on a vécu dans une bulle loin de la vérité, loin du peuple en fait, loin des urgences du monde qui change, on se perd un peu dans ses croyances insensées et aléatoires. L’élection n’est pas et n’a jamais été pour ces chefs de guerre lasse, une occasion de communion avec les soucis des masses.

C’est tout juste comme si le roi se rendait aux toilettes et en ressortait tranquillement sans même se gêner de faire la propreté de ses mains. Habitué à ne rendre compte à personne et à distiller sa vérité dite d’en haut, le monde c’est finalement lui, et le peuple c’est moins que le dessous de ses chaussures.

Il suffit d’interroger un serviteur du roi, et l’on apprend que le gouvernement de la république qui suivra des résultats déjà programmés et connus, est pratiquement conçu, calibré et programmé. Tous les courtisans ne sont alors que les facettes d’une gigantesque fresque nauséabonde où l’on découvre que des jeunes, des vieux, des magistrats, des hommes de sciences et de lettres, tournent en rond comme dans un cirque affolant. C’est tout cela le grand miroir et point besoin de loupe pour en capter les rayons.

Dans la saine démocratie, la peur du roi est visible à l’approche d’une consultation électorale. Ni Sarkozy ni Obama ne seraient certain de victoire quelconque pour les mois tumultueux qui s’annoncent, tant la volonté du citoyen peut se faire ferme, dure, souple, changeante, aimante, haineuse, le tout au gré de la perception du talent, du bilan et des qualités du dirigeant. La politique en ce sens a une autre vertu que celle du mensonge et de la profanation, et c’est le temps des élections, qui offre l’occasion unique et sublime, d’en vérifier la preuve de circonstance.

Shanda Tomne

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