29/09/2011 03:37:16
Côte d'Ivoire: Le coup du vizir
« Jusques à quand, Maître Saint et véritable, t'abstiendras-tu de juger, et de tirer vengeance de notre sang sur les habitants de terre? » (Apocalypse 6:10)
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Jusques à quand, Maître Saint et véritable, t'abstiendras-tu de juger, et de tirer vengeance de notre sang sur les habitants de terre? 

- Apocalypse 6:10

Les 24 et 25 septembre dernier, Hamed Bakayoko était en visite à Accra, pour y rencontrer les dirigeants ghanéens, ainsi que les représentants des exilés ivoiriens au Ghana. Commentaire.

Ah, la grandeur d’âme du sultan Drame Man qui, aux dires de son vizir de service, « n’a pas pris le pouvoir pour se venger »! Quand un assassin en chef, par la bouche de l’un des ses complices, reconnaît avoir “pris le pouvoir”, puis déclare dans la foulée ne pas en vouloir à ses victimes, offrant sa protection aux rescapés de ses propres massacres, alors on peut être pleinement rassuré, c'est que la démocratie version SarkOtanesque est en place : à ceux qui renoncent à poser des questions, le sommeil douillet d’une précarité sécurisante, et à tous les autres, le sommeil non moins douillet d’un repos durable dans les cimetières de la “république”...

Mais trêve de plaisanterie : Les gesticulations diplomatiques de l'actuel pouvoir pseudo-ivoirien actuel font penser à la tentative pathétique de l'homme qui essaye d'éviter l'effondrement d'un barrage en bouchant les trous annonciateurs de la catastrophe avec ses doigts. Les promesses extorquées au gouvernement ghanéen valent exactement ce que valent les manœuvres d'intimidation qui les ont dictées. Tous ce que les putschistes d'Abidjan peuvent se flatter d'avoir obtenu, c'est ce que n'importe qui promettrait avec un pistolet sarkofrançafricain sur la tempe.

Quant à ces soi-disant révélations plaçant dans la bouche de SEM Laurent Gbagbo l'expression d'une quelconque reconnaissance envers ses kidnappeurs – alors que l'on sait aujourd'hui qu'il ne doit d'avoir eu la vie sauve, grâce au D.ieu auquel il croit, qu'à l'intervention d'un officier ghanéen de l’Onuci – outre leur invraisemblance, elles laissent songeur…

En effet, à supposer même que certains éléments de l'armée régulière aient éprouvé le désir de tuer Ouattara, il ne serait agi que de l'élimination d'un parrain factieux doublé d'un délinquant de haut vol, à la fortune bâtie sur d’innombrables malversations financières; aurait-elle été plus scandaleuse que celle de Mussolini ou Ceaucescu, l'exécution, même sommaire, d'un scélérat coupable d'avoir imposé à la Côte d'Ivoire le coup d'état le plus long et sans doute le plus sanglant de l'histoire – 20 000 morts en 8 ans et demi –, et l'abominable apothéose d'une guerre coloniale franco-onusienne dont les milliers de victimes innocentes crient – le mot est incontournablement biblique – vengeance ?

Alors qu'en assassinant le Président légitime, démocratiquement élu et constitutionnellement investi de Côte d'Ivoire, les terroristes du Sarkado franco-ivoirien prenaient le risque d'avoir à rendre compte devant la postérité de la mort d'une des plus grandes figures politiques de l'Afrique contemporaine, de celles dont la mémoire demeurera gravée dans l'esprit de tous, longtemps après que Sarkozy, Ouattara, Clinton, Ban Ki Moon et consorts auront rejoint le lieu d'où ils n'auraient jamais dû sortir : les poubelles de l'Histoire.

Et Si coup d'État il doit y avoir, que les petits maîtres de l'heure sachent bien qu'il viendra de beaucoup plus loin, plus profond et plus haut qu'il ne l'imaginent : Demain – “Rosh HaShana”, “tête de l'année”, et pas seulement pour les Juifs…–; demain, le Maître du monde – vous savez, celui auquel, pathétiquement les apprentis sorciers de Paris, New-York, Londres ou Washington tentent de voler son trône –; oui, demain, l'unique Maître du monde va se lever en juste juge, et chacun, pour le meilleur et pour le pire, verra son sort scellé pour les douze mois à venir. Il est encore temps, pour les professionnels du meurtre “humanitaire”, de la cupidité “altruiste”, du vice “vertueux” et du mensonge “vrai”, de stopper leur course à l'abîme en renonçant à mal faire et à médire : leur dette, sans être effacée, en sera allégée d'autant; du moins jouiront-ils encore du privilège d'en payer les échéances sur la terre des vivants (un chien vivant ne vaut-il pas mieux qu'un lion mort?)…

A moins – et c'est hélas probable, au pays de ces “grands initiés” volontairement amputés de leur âme – que le sous-marin de leur amour des ténèbres n'ait déjà dépassé le seuil critique du degré d'inclinaison sans retour : auquel cas, leur engloutissement par la nuit des grands fonds se fera définitif, silencieux et rapide, et comme par avance oublié de tous.

Eliahou Abel

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