30/09/2011 05:28:48
Bernard Muna « prêt à cautionner l'insurrection si...»
Le candidat de l’Afp, dénonce les manoeuvres du candidat du Rdpc, demande la démission de Pauline Biyong et se dit prêt à cautionner l’insurrection au cas où le pouvoir en place continuerait à admettre les irrégularités et incorrections qui constituent autant d’entraves à l’expression totale des libertés des urnes.
Le Messager
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S’adressant aux médias hier au cours d’une conférence de presse au siège de son parti, le candidat de l’Afp, dénonce les manoeuvres du candidat du Rdpc, demande la démission de Pauline Biyong et se dit prêt à cautionner l’insurrection au cas où le pouvoir en place continuerait à admettre les irrégularités et incorrections qui constituent autant d’entraves à l’expression totale des libertés des urnes.
 
Les journalistes qui se sont déplacés pour écouter le candidat de l’Alliance des forces progressistes du Cameroun hier, croyaient en une rencontre tranquille, au cours de laquelle, Bernad Acho Muna devait se contenter de décrier le triomphe de l’imposture et de l’arbitraire, mais surtout la campagne à doubles vitesses, telle que vécue sur le terrain depuis samedi, 24 septembre dernier, avec l’accaparement par le Rdpc et son candidat de tous les espaces et les sites stratégiques. Que non. Bernard Muna, d’entrée de jeu, a condamné le délit d’initié à travers la prise de partie de Pauline Biyong, membre du conseil électoral d’Elecam, qui a choisi d’être juge et partie, en prenant fait et cause pour le candidat Paul Biya dont elle a gagné l’exploit d’en être le poseur des affiches.

« Nous dénonçons la machination empreinte de fraude et d’irrégularités, mise en place par Elecam. Sa complicité est d’autant plus avérée qu’un de ses membres a décidé de rouler publiquement pour le candidat Paul Biya ». Pour le candidat de l’Afp, si Pauline Biyong, par sa qualité de membre d’Elecam, a choisi de dealer et de faire un concubinage incestueux avec le candidat du parti au pouvoir, cela va sans dire que sa neutralité et son libre arbitre sont une véritable gageure. « Le ver est dans le fruit. On assiste non seulement au banditisme institutionnel qui fait que seul un candidat connaît les règles du jeux en terme des financements alloués aux autres 22 candidats pire en l’état, il est difficile pour les autres candidats en lice de savoir dans quelle sauce ils seront bouffés », avoue Bernard Muna.

Le candidat de l’Afp, dénonce l’imposture et le triomphe de l’usure qui est tel que, sept jours après le lancement de la campagne, les autres candidats n’ont toujours pas reçu les financements publics, alors que de son côté, le candidat du Rdpc se déploie allègrement avec le matériel, l’argent et l’administration publique. « Tout se passe comme si les Camerounais qui savent que l’élection est financée par le fruit de leurs impôts, n’ont pas le droit de savoir ce que leur coûte cette élection. On promet depuis longtemps de nous donner une avance de quinze millions de fcfa. Non seulement cet argent n’est pas disponible, pire, on ne sait pas ce qu’il en sera du reste et combien chaque candidat devrait toucher après », s’indigne Bernard Muna. Pour lui, il ne fait aucun doute que le Rdpc, à travers son administration, fait tout pour paupériser les autres candidats. En les asséchant financièrement, le candidat Paul Biya, laisse croire que ceux-ci sont extrêmement pauvres et démunis, par voie de conséquence, incapables de conduire à bon terme les affaires de la République. « L’appauvrissement est une symbolique assez dégoûtante en politique. Celui qui tient les cordons de la bourse fait valoir que les autres ne valent rien ; par conséquent, il en profite pour les tenir et les confiner dans un statut quo d’éternels assistés », souligne un candidat en lice.

Echange des coups de feu sur le pont du Wouri

Interrogé sur l'espoir d'une candidature unique de l'opposition, le candidat de l'Afp, pense qu'après 20 ans de tentative et de recherche de l'oiseau rare, l'opposition camerounaise a fatigué le peuple qui, par voie de conséquence, n'y croit plus. "De 1992 à ce jour, toutes les tentatives ont échoué. Les Camerounais n'ont plus foi qu'on peut trouver ce candidat, même s'ils ont foi au changement. D'où la nécessité d'avoir quelqu'un comme moi, capable en ce moment, de leur apporter ce changement. Mes ambitions pour le Cameroun sont clairement déclinées dans mon programme politique baptisé: "ensemble, reconstruisons le Cameroun", et la plate-forme que je propose aux Camerounais", avoue-t-il.

Mais Ben Muna ne s’arrête pas là. A le croire, les échanges de coups de feu entre des forces loyalistes que la Crtv considèrent comme des opposants et les forces de police et du Bir, sont le reflet et l’expression d’un ras le bol. Le candidat de l’Afp pense que la longue marche vers l’alternance est jonchée d’épines et de cailloux. « Les Camerounais avaient le choix entre la voie institutionnelle et la voie insurrectionnelle. Ils ont choisi la voie du changement par les urnes, malgré un Elecam vicié et très arbitraire. Dès l’entame du processus électoral, toutes les lois sont bafouées et les méthodes de fraudes, mises à nu. On comprend le mécontentement des Camerounais », s’indigne Bernard Muna

Réagissant aux coups de feu de Douala, Bernard Muna pense que s’il y a une propension et la convergence de tous à trouver refuge vers cette alternative, c’est simplement parce que le régime en place est mauvais, il est imprudent et manifestement non loyaliste. « A toutes les strates de la société, tout est fait comme si on voulait choquer le peuple. Et les méthodes utilisées le sont dans le sens où on oriente désespérément le peuple vers l’hécatombe », affirme Bernard Muna. Agissant comme une victime expiatoire, le candidat de l’Afp pense qu’en l’état actuel, si rien n’est fait dans le sens de l’encouragement et la valorisation du mérite, on s’achemine vers un énorme péril. C’est en ce sens qu’il affirme qu’il est prêt à prendre les devant, au cas où une marche loyale et légale serait initiée contre le régime en place.

« Si le régime s’entête en rendant le jeu démocratique flou et vicié, je serais solidaire de tous les mouvements qui voudraient mettre définitivement en route cette manière de faire », conclut le leader de l’Afp qui se sent déjà dans la peau du prochain président de la République élu au terme de la présidentielle de 2011, se positionnant comme l'homme de la situation, le chef de l'Etat d'un régime de transition pour la reconstruction et la réconciliation. Le gouvernement de la transition étant ici, celui qui va accorder une attention particulière à la fourniture en eau potable; à la construction des infrastructures routières; à la fourniture des équipements et des soins de santé; à la promotion de l'agriculture. "Je m'engage solennellement à n'effectuer qu'un seul mandat de cinq ans. A 71 ans je n'ai pas besoin de m'éterniser au pouvoir. J'accepte de changer la société pour la laisser à une jeunesse consciente, responsable et crédible » conclut Bernard Acho Muna

Souley ONOHIOLO

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