01/10/2011 06:36:52
Une note sur le cinquantenaire de la réunification du Cameroun
Importante bataille que le Cameroun livra contre les intrigues de la Grande-Bretagne qui ont faussé les résultats du référendum au Cameroun septentrional.
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Cinquantenaire de la réunification du Cameroun: Conférence de presse du président Ahidjo le 18 Février 1961

Par Ntche, Tissah Georges

Le Président de la République a tenu, le 18 février 1961, une importante conférence de presse devant un auditoire de personnalités et de journalistes. Dans sa déclaration liminaire, le Chef de l’Etat a parlé du référendum des 11 et 12 février au Cameroun sous-tutelle Britannique.

Du Référendum...

Cette conférence est une nouvelle et importante bataille que le Cameroun livre contre les intrigues de la Grande-Bretagne qui ont faussé les résultats du référendum au Cameroun septentrional.

Parlant du Cameroun méridional, M. Ahidjo a déclaré: “Un véritable raz de marée de “oui au Grand-Cameroun” a déferlé sur le scrutin. Malgré les propagandes habiles, menées avec un luxe de moyens surprenants par les ennemis de la réunification, la conscience populaire, l’esprit patriotique, ne se sont pas laissés influencer, et c’est 233271 voix contre 97724 voix en faveur de la sécession que nos frères se sont prononcés. Je me fais un devoir, au nom du pays, de les féliciter pour ce bel acte de foi… Je veux également exprimer mes très vives félicitations à l’Honorable John Foncha, animateur d’une valeureuse équipe, qui vient de prouver son attachement aux principes sacrés de la Réunification.

En ce qui concerne le Cameroun septentrional, le Président de la République pense – tout comme la grosse majorité de ses concitoyens – que le scrutin ne s’est pas déroulé dans les conditions requises. “Il est difficilement croyable, déclare-t-il, qu’une opinion publique, qui s’est prononcée en novembre 1959 contre l’annexion par le Nigeria, se déjuge quinze mois après et veuille faire sécession. Une seule explication est valable: la consultation ne s’est pas déroulée dans des conditions d’impartialité et de régularité qui s’imposaient pour un acte d’une telle portée nationale et internationale.” M. Ahidjo a ensuite dénoncé toutes les manœuvres déployées par l’autorité administrante et le Nigeria pour faire échouer la réunification dans la partie Nord du Territoire, assurant le pays de sa détermination à mettre tout en œnvre pour annuler ce scrutin à l’ONU.

... A la Réunification effective

Elle ne se fera pas attendre pendant longtemps. Dans les prochains jours, des contacts seront multipliés entre Yaoundé et Buéa et rien ne sera négligé pour concrétiser les désirs unanimes du peuple pour la réunification. “Nous franchirons étape par étape, sans retard, mais sans précipitation nuisible, le chemin qui nous mènera à la réunification de fait. C’est ensemble que nous harmoniserons les structures administratives, économiques et politiques qui ont connu des évolutions parfois différentes du fait de nos ex-tuteurs respectifs. C’est ensemble que nous ferons de notre Cameroun, enfin revenu aux frontières de nos ancêtres, un pays moderne où il fera bon vivre dans un climat de liberté, de fraternité et de prospérité.”

Rencontre Ahidjo-Foncha: le communiqué conjoint

[Yaounde, 04 mars 1961. – M. Ahmadou Ahidjo, Président de la République du Cameroun, et M. John Ngu Foncha, Premier Ministre du Cameroun méridional, ont eu, du 2 au 4 mars à Yaoundé, une série d’entretiens portant sur les conséquences du plébiscite dans le Cameroun méridional sous administration britannique.
Ils adressent aux populations du Cameroun méridional un cordial salut et un chaleureux message de remerciements et de félicitations pour le courage civique dont elles ont fait preuve à l’occasion de cette consultation et pour leur indéfectible loyalisme à la cause de l’unité nationale.

Partie gagnée pour MM. Foncha et Ahidjo que l’on voit ici côte à côte, à Yaoundé, lors de la fête patriotique du 10 mai 1959

A cette occasion, ils ont solennellement réaffirmé ce qui avait été décidé lors de leurs précédents entretiens, à savoir que la réunification se fera sur une base fédérale.

Evoquant les résultats du plébiscite dans le Cameroun septentrional, le Président de la République du Cameroun et le Premier Ministre du Cameroun méridional, ont flétri les conditions dans lesquelles la consultation s’est déroulée dans cette région, et ont décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir l’annulation dudit plébiscite, afin de permettre aux populations d’exprimer librement leurs aspirations dans une atmosphère débarrassée de toute contrainte et de toute pression.

Sur la question de la levée de la tutelle, les deux interlocuteurs ont décidé de répondre au désir de l’autorité administrante, qui a proposé d’envoyer à Yaoundé, le 8 mars, une délégation du Gouvernement de Sa Majesté Britannique, pour les rencontrer à l’effet de commencer l’étude des problèmes pratiques que posera le transfert de la souveraineté.

Les entretiens, qui ont débuté dans un climat de fraternelle compréhension, se poursuivront dans les jours à venir.

M. le Président Ahidjo était assisté de M. le Premier Ministre Assalé et de M. le Ministre des Affaires étrangères.
M. le Premier Ministre Foncha était assisté pour sa part de M. Muna, Ministre du Commerce et de l’Industrie, et de M. Jua, Ministre chargé de l’Education nationale.]

Le 11 février, a déclaré par ailleurs M. Foncha, sera une date mémorable inscrite en lettres d’or dans l’histoire de la nation camerounaise. M. Foncha la préparait depuis 1955, année de la naissance du K.N.D.P. (Kamerun National Democratic Party), lequel a mené une dure bataille pour d’abord prendre le pouvoir, et ensuite s’armer contre l’influence du Nigéria.

M. Foncha a remercié la République du Cameroun de son soutien et s’est félicité des protestations des deux Gouvernements auprès des Nations-Unies au sujet des irrégularités du scrutin au Cameroun septentrional. “Ceux qui sont encore dans la brousse, a-t-il ajouté, doivent sortir des maquis et profiter du fruit du travail commun, lequel, avec l’aide de Dieu, fera que notre pays devienne riche, prospère et enfin réunifié.”

Ntche, Tissah Georges
Enseignant et Chargé de Recherches
Washington, DC / U.S.A.

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