03/10/2011 03:14:01
Campagne. Où est passé le candidat Paul Biya ?
Claquemuré dans sa tour d’ivoire,  Paul Biya a montré qu’il est loin du peuple, en tout cas pas plus proche.
Le Messager
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Dix jours après le démarrage officiel de la campagne électorale, les observateurs avertis des arènes politiques, le public attentif aux mouvements des acteurs de tout bord qui interviennent dans le champ de la campagne électorale,  le commun des Camerounais, n’ont pas encore vu le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) aller physiquement et personnellement au contact du peuple auprès de qui le président de la République sortant sollicite le suffrage pour un nouveau bail de 7 ans.
 
Sur les plateaux de télévision, dans des meetings où des militants du Rdpc festoient et parlent de victoire avant la compétition du 9 octobre, pas l’ombre visible du champion du Rdpc. Même si ses lieutenants, son directeur de campagne, Philémon Yang et d’autres thuriféraires du régime sont visiblement actifs sur le terrain aux côtés de ces grandes affiches qui jonchent nos rues et carrefours, il n’en demeure pas moins vrai que le peuple a besoin de communier avec son chouchou, si tant est que Paul Biya est effectivement « le choix du peuple » tel que le proclame le slogan qui figure sur ces affiches qui ont inondé  les villes camerounaises.

Au cours de la première semaine de la campagne électorale, des indications ont signalé que le président national du Rdpc, en course pour le fauteuil présidentiel, était annoncé et attendu dans certaines villes du pays à l’instar de Douala, Kribi, Garoua, Maroua… Jusqu’au moment où nous allions sous presse, aucune information officielle n’a filtré au sujet d’un prochain déploiement du candidat Paul Biya sur le terrain. Cette attitude qui consiste à se faire représenter s’apparente à une marque de fabrique de Paul Biya coutumier du fait. Conséquence, les rares joutes oratoires telles que vécues dans certaines démocraties, sont la résultante des échanges parfois inamicaux des collaborateurs de Paul Biya face aux autres postulants à la magistrature suprême. Le peuple est ainsi sevré du débat républicain qui devrait jaillir des confrontations entre les candidats et non avec leurs mandataires.
 
Un peuple floué

Dans ces conditions, Paul Biya saurait –il battre en brèche le mépris manifeste qu’il affiche vis-à-vis de l’ensemble de la nation ? Claquemuré dans sa tour d’ivoire,  Paul Biya, autrefois appelé «Homme lion» quasiment sûr de remporter la présidentielle de dimanche prochain avec  un score digne des records bolcheviks, a montré qu’il est loin du peuple, en tout cas pas plus proche. Tout comme il a été sourd, voire insensible aux nombreux appels compulsés dans cinq volumes, qui l’ont invité à se porter candidat à cette présidentielle. Paul Biya n’a jamais répondu directement. Par déduction, ses militants et bien d’autres Camerounais, auteurs  de ces manifestes laudateurs, ont compris sur le tard et à travers le dépôt du dossier de candidature par le secrétaire général du comité central du Rdpc, que leur vœu  avait été exaucé.

De même, plusieurs sections Rdpc disséminées dans les quatre coins du triangle national, par le truchement de leurs responsables, ont invité avec un enthousiasme débordant, leur champion à venir personnellement lancer la campagne électorale dans leurs localités. Une fois de plus, le silence ronflant de Paul Biya a fait le reste.  L’homme qui aspire à tenir encore une fois de plus, peut-être de trop (?), le gouvernail du Cameroun, est décidément incorrigible. Dans une démocratie sérieuse, et non une «démocratie balkanisée» selon Albert Dzongang, le peuple n’hésiterait pas à sanctionner un tel acte de mépris. Le peuple camerounais floué au quotidien et ce depuis plusieurs décennies le comprendra-t-il enfin? Réponse au soir du 9 octobre !

Alain NJIPOU 

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